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12 octobre 2018

Rencontre franco-tchécoslovaque 1924

Quand un musicologue français visite Janáček - 1924

Hommage à John Tyrrell

Quelques jours après avoir terminé la rédaction de cet article, j’appris le décès de John Tyrrell suite à une grave opération chirurgicale. Cet article devient un trop bref, mais sincère hommage au grand musicologue britannique avec qui j’avais eu d’assez nombreux échanges épistolaires après une rencontre riche en discussions au Colloque international Janáček en avril 2008.

Jusqu’à la création pragoise de Jenůfa, Janáček ne fut connu que dans sa Moravie, surtout à Brno. Dans les villages des régions où une culture musicale et artistique s’était développée, Lachie, Hana, Slovácko, par ses incursions dans les villages, le collecteur Janáček avait été identifié par des musiciens amateurs. A partir de la création pragoise de Jenůfa  en 1916, on commença, dans la capitale de la Bohême,  à le considérer bien qu’on le comprenait plutôt mal. Son caractère un peu abrupt l’éloignait quelque peu des cercles décisionnels en matière musicale et sa musique, hors des normes tchèques, ne recueillait pas l’assentiment général dans les pays tchèques. Heureusement son opéra Jenůfa plaidait pour lui. En 1918, la création viennoise de cet opéra lui apporta le début d’une nouvelle consécration qui grandit et s’installa durablement en Allemagne lorsque Erich Kleiber créa Jenůfa à Berlin en 1924. Jusqu’à sa disparition en août 1928, sa réputation ne se répandit pas en France. Aucun interprète ni aucun compositeur français n’établit un contact direct avec Janáček. Certains entendirent un opéra, une œuvre de musique de chambre, d’autres, très rares interprétèrent une ou deux fois une pièce pour piano, Jane Mortier pour le deuxième mouvement de la Sonate I.X.1905 en 1926 et 1927, d’autres s’appliquèrent à révéler quelques pièces de musique de chambre, comme le violoncelliste André Huvelin pour Pohadka en 1926 et le violoniste Pierre Lepetit pour la Sonate pour violon et piano en 1927.

Marc Pincherle © Boris Lipnitzki/Roger Viollet
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Cependant un musicologue, Marc Pincherle, qui s’était illustré dans la découverte de musiques italiennes anciennes, dont celles d’Antonio Vivaldi, entreprit le voyage de Prague. Il venait de dépasser la trentaine lorsque dans la capitale de la Tchécoslovaquie de nouvelles musiques attirèrent son attention. Dans mon livre Janáček en France, j’ai évoqué la rencontre entre Pincherle et Janáček à la page 71. Je recopie ce que j’ai écrit il y a plusieurs années : 

Un musicologue français, Marc Pincherle, se transporta en Tchécoslovaquie en 1925. Il sillonna le pays, de Prague à Bratislava en passant par Brno où il rencontra Janáček. S’il ne nous laissa pas, sur le moment, un témoignage de cette entrevue, dans la revue Le Correspondant, il s’étendit sur la visite qu’il fit à l’abbé Kolisek. Les mélodies populaires chantées par son hôte accompagné au cymbalum le touchèrent au plus haut point bien qu’elles ne lui semblèrent pas «posséder l’âpre originalité du folklore morave exploité avec tant de bonheur par Leos Janáček et ses disciples (1) ». Au détour de ce paragraphe, le lecteur pouvait apprécier l’art du collectage auquel Janáček se livrait lors de ses vacances estivales. Marc Pincherle, par ses chroniques, joua un rôle considérable dans la reconnaissance du compositeur morave dans la période qui suivit la seconde guerre mondiale.

En fait, Pincherle utilisa six pages de la revue Le Correspondant pour transmettre ses émotions ressenties à Bratislava, en pleine Slovaquie, dans deux lieux bien différents. D’abord dans un café au bord du Danube où il entendit tout au long d’une soirée un orchestre tsigane constitué de huit musiciens qui jouèrent une fantaisie sur Carmen quand ils surent qu’ils avaient en face d’eux un musicien français. Pincherle s’enthousiasma du «chant du violon en plein relief, les différents éléments de l'accompagnement tour à tour en valeur, mais sur un plan différent; et la liaison opérée, avec quelle dextérité, par le cymbalum d'accompagnement, chargé d'étoffer les accords, d'amorcer les modulations délicates et surtout d'affirmer et de maintenir un rythme inflexible sous le rubato des archets». 

Un autre jour, il se rendit chez l’abbé Kolisek pour écouter des mélodies populaires. Il ne fut pas déçu «la matière musicale porte un cachet ethnique, et même régional, indéniable. La mélodie, enfermée dans une tessiture assez restreinte, a presque toujours conservé les modalités anciennes. Quand elle use de nos modernes majeur-mineur, elle les alterne avec une vivacité et une liberté dont nous n'avons plus l'habitude; non pas à la façon de variations où le mineur vient à point nommé créer un contraste attendu, mais dans l’intérieur même d'une période, souvent avec une fréquence d'où résultent de savoureuses ambiguïtés. Dans l'accent, une vigueur et une précision dues autant à la justesse du mouvement mélodique qu'à la souplesse des rythmes». A quel moment de l’année se trouvait-il dans la partie slovaque de la Tchécoslovaquie ? Impossible de le préciser. Probablement dans les derniers mois de l’année 1925 comme le laisse supposer la date de parution de son texte dans la revue en mars 1926. Avant sa parution, il fallait le rédiger, en discuter avec le comité de rédaction, ce qui élimine quasi à coup sûr que le voyage en Europe centrale ait eu lieu en plein hiver. Par ailleurs, il est aussi possible que ce voyage ait coïncidé avec celui effectué à Prague et à Brno, l’année précédente.

Si Marc Pincherle évoque le «folklore morave exploité avec tant de bonheur par Leos Janacek», alors il a entendu ces mélodies moraves avant de se trouver à Bratislava. Soit à Brno, la ville de Janáček, soit dans une autre localité de Moravie ou à Prague.

A cette époque, je n’avais aucune autre source qui aurait pu préciser la date de la rencontre entre Pincherle et Janáček. Pincherle avait au hasard d’un article rappelé qu’au cours d’un voyage en Tchécoslovaquie, il avait entendu Le Journal d’un disparu chez Jan Loewenbach (2), à Prague.  Voici de larges  extraits de cet article. «J’insisterai davantage sur le Journal d’un disparu de Janacek, parce que  c’est une œuvre que l’immense majorité du public français ne connait pas, et qu’il n’en est probablement pas une qui, mieux que ce cycle de mélodies confiées à deux chanteurs et, de façon épisodique, à un chœur de femmes, et simplement accompagné au piano, rende compte de l’extraordinaire puissance dramatique du compositeur et de la profonde originalité de sa technique». L’édition d’un microsillon 33 tours Deutsche Grammophon Gesellschaft LPM 18 904 comprenant Le Journal d’un disparu, réalisation due à Rafael Kubelik, occasionna la prise de plume de Marc Pincherle. Après cette présentation, il ajoutait un souvenir personnel : «Je sais, pour ma part, qu’entendant pour la première fois ce Journal d’un disparu, à Prague, il y a quelque trente ans, dans le salon de musique du mélomane passionné qu’était l’avocat Loewenbach, j’en ai reçu un choc plus violent qu’à l’audition des opéras les plus pathétiques (3)». De quand datait cette audition du Journal d’un disparu ? 1934 environ. A trente ans de distance, la mémoire peut jouer des tours. Mais Marc Pincherle ne pouvait pas se tromper de dix ans et reporter sa rencontre avec Jan Lœwenbach d’une dizaine d’années en arrière. Comme  en 1934 Janáček était disparu depuis six ans, par conséquent ce n’est pas à cette occasion que Pincherle et Janáček purent se rencontrer. 

La recherche musicologique n’est jamais terminée. L’éminent musicologue britannique John Tyrrell vient de m’adresser un courrier dans lequel il verse au dossier Pincherle-Janáček deux nouvelles pièces. 

Tout d’abord une invitation (4) datée du 6 octobre 1924. «Le conseil d’administration de l’ Alliance française de Brno a l´honneur d’inviter M. le prof. L. Janáček d’assister à la conférence de M. Pincherle sur «L’ histoire de la musique» qui aura lieu le jeudi 9 du mois courant, dans la salle de la Vesna, à 20 heures.». Précision importante, bien que troublante, au dos de l’enveloppe renfermant l’invitation, Janáček a écrit à l’encre noire «Le Français fut avec moi le 20 octobre 1924. Je lui ai donné Pohádka». Erreur d’inattention, confusion entre la date - 9 - et son horaire - 20 - ? Sans doute. Autre interrogation. Janáček a-t-il assisté à la conférence ? On peut en douter. Sa connaissance de la langue française était pour le moins sommaire.

On sait que du temps de sa jeunesse, dans un rejet de la culture et de la musique germanique, il s’était épris de la culture française. A sa sortie de l’Institut de Formation des Maîtres à Brno en 1872, il se lança dans l’étude de la lange française. Entre octobre 1883 et juin 1884, il reprit ses études en effectuant quasi intégralement tous les exercices d’une méthode d’apprentissage du français de Carl Ploetz. A la suite, il entreprit la lecture des Aventures du dernier des Abencérage de Chateaubriand entre le 16 août 1884 et le 23 janvier 1885.  Il songea à en tirer un opéra, mais son projet s’arrêta à la découpe de l’histoire en trois actes (5). Il ne reprit l’étude de la langue française qu’en 1927 dans l’hypothèse d’une rencontre avec le chef d’orchestre Walther Straram qui organisait des séries de concerts à Paris, avec son propre orchestre. Le compositeur espérait que le chef français jouerait Taras Bulba. Ses espoirs restèrent sans lendemain (6).

Deuxième pièce de ce dossier. Le 12 octobre 1924, Janáček écrivit à Emil Axman (7) qui à ce moment-là travaillait pour la Société de musique moderne. Il lui soumettait : «Je vous demande une chose. Un journaliste français, Mark (8) Pincherle est ici. Il souhaiterait être présent à la répétition de vendredi [15 octobre] du Quatuor Tchèque. Pourriez-vous intervenir pour que le Quatuor Tchèque l’invite (9) ? Il séjourne à Prague à l’hôtel Adria, place Venceslav… (10)». Marc Pincherle après sa conférence morave se rendit à Prague, le 14 octobre, toujours dans le cadre de l’Alliance Française, pour donner une autre conférence, intitulée Les origines de la Musique française de violon, la Sonate et le Concerto (11). Il est probable que Pincherle transporta de Brno à Prague la conférence qu’il développa dans la capitale morave, même si le titre porté sur le carton d’invitation différait. Ces journées de mi-octobre étaient des journées chargées pour Janáček. Le 17 octobre 1924, le Quatuor Tchèque (12), dans la salle du Mozarteum à Prague, créa le premier quatuor du compositeur, La Sonate à Keutzer (13) en présence du compositeur. Si Pincherle avait demandé d’assister aux répétitions le 15 octobre, c’est qu’il ne pouvait assister à la création le surlendemain. Il avait probablement quitté Prague pour une autre destination. 

Tant à Brno qu’à Prague, on marqua le soixante-dixième anniversaire de Janáček par de multiples concerts. Le 9 octobre, jour de la conférence de Pincherle, l’Opéra de Brno présentait une nouvelle production de Jenůfa. Deux jours plus tard, la Chorale des Instituteurs Moraves proposa un florilège d’œuvres chorales dont la première à Brno du Fou errant. Le 16 octobre, toujours à Brno, une nouvelle production de Kát’a Kabanová. Le lendemain, à Prague, la Société de musique moderne programma une soirée de musique de chambre au cours de laquelle on joua la Sonate pour violon et piano, Pohádka et eut lieu la première audition du quatuor La Sonate à Kreutzer interprété par le Quatuor Tchèque. Brno reprit des pièces pour chœur et orchestre dont Amarus, Notre père, Au chalet de Soláň et L’Evangile  éternel le 19 octobre tandis que le lendemain à Prague, le Quatuor Tchèque redonnait La Sonate à Kreuter. Brno reprenait la main en révélant Mládi (première audition) aux côtés de pièces pour piano et de musique de chambre et les Nocturnes populaires. Et la ronde musicale continua, quelques jours plus tard, avec la création mondiale à Brno de La Petite Renarde rusée le 6 novembre, reprise à Prague le 23 novembre avec entretemps d’autres concerts dans la capitale tchécoslovaque. Ajoutons la création des Danses de Lachie le 2 décembre (14). Entre le 9 octobre et la fin du mois, Janáček se partagea entre les deux cités, sautant d’un train à l’autre pour rejoindre la capitale ou revenir dans sa ville de Brno. Notons qu’il assista à la répétition de son quatuor le 14 octobre à Prague alors que Marc Pincherle était présent à la répétition suivante puisque la veille il présenta sa conférence. Notons encore qu’au cours de cette courte période, jamais Janáček n’avait autant été joué à Prague. Non seulement sa reconnaissance s’affirmait, mais elle s’affermissait de plus en plus.

Quelles conclusions tirer ? Premièrement, Pincherle et Janáček se rencontrèrent à Brno le 9 octobre 1924. Soit au cours de la conférence du musicologue français, soit un peu avant ou un peu après. Ils prirent le temps d’échanger un certain nombre de paroles, par l’intermédiaire d’un interprète, sans doute. Pincherle ne repartit pas de Brno les mains vides. Il eut la possibilité d’étudier la partition de Pohádka. Quelques jours plus tard, il entendit La Sonate à Kreutzer. A son retour en France, il avait dans sa mémoire les impressions que lui avait laissées l’audition du premier quatuor à cordes de Janáček et dans ses bagages la partition de Pohádka soit deux œuvres de musique de chambre caractéristiques de l’évolution du langage du compositeur. Eut-il l’occasion d’entendre des mélodies tirées du folklore, témoins de l’autre versant musical de Janáček ? Où et quand ? Les réponses restent ouvertes et donc à chercher. Deuxièmement, Marc Pincherle revint à Prague en 1925 où il suivit en partie ou en totalité le festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine au cours duquel il entendit La Petite Renarde rusée en 1925. Désorienté par le déroulement de l’opéra, il resta sur sa faim.

Toujours est-il que cette rencontre marqua Pincherle pour le reste de sa vie. Le musicologue trentenaire n’oublia pas la musique de son aîné morave. Et Janáček, bien que son nom et sa musique aient été quasiment ignorés en France jusqu’au début des années 1960, dut en bonne partie à Marc Pincherle de ne pas avoir sombré dans le néant. Le musicologue utilisa chaque rare concert dans lequel se glissait un ouvrage de Janáček pour dire tout le bien qu’il pensait de ce compositeur. Bientôt rejoint par Martine Cadieu, Guy Erismann et Jacques Lonchampt, il eut l’honneur de citer le compositeur morave et ainsi de l’aider à le sortir peu à peu de l’oubli dans lequel il se trouvait.

Romain Rolland © Henri Martinie/Roger Viollet
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Une autre personnalité française du monde de la littérature et de celle de la musique, Romain Rolland, écrivain et musicographe se trouva à Prague dans cette même année 1924 où il eut la bonne fortune d’assister à une représentation de Kát’a Kabanová de Janáček. Précisément, cela se passait le 29 mai 1924. L’écrivain et le compositeur se rencontrèrent, discutèrent musique. L’homme de lettres lui promit qu’il  écrirait quelques pages sur lui et sa musique. Cette année 1924 aurait pu être marquée d’une pierre blanche quant aux relations entre Janáček et la France. A quelques mois d’intervalle, rencontrer deux personnalités comme Romain Rolland et Marc Pincherle représentait une belle aubaine pour le compositeur et l’introduction de sa musique dans l’Hexagone. Malheureusement Romain Rolland ne tint pas parole, pris par d’autres obligations. Marc Pincherle ne s’épancha pas tout de suite sur la  musique de Janáček, lui aussi pris par ses multiples travaux, préparations de diverses conférences et ses recherches sur la musique ancienne en Italie, sans compter ses activités à l’Ecole Normale de Musique à Paris. 

Je ne peux pas terminer cet article sans remercier de manière posthume, pour la communication de ces deux documents (voir les notes 4 et 10), l’infatigable et l’irremplaçable musicologue John Tyrrell, qui au cours de ses nombreuses études et publications a permis aux mélomanes de comprendre la modernité originale de Janáček.

Joseph Colomb - septembre 2018

Notes : 
1. Revue Le Correspondant,  du 25 mars 1926 en pages 908 à 913.

2.  Jan Loewenbach (1880-1972), juriste pragois, spécialisé dans les droits d’auteur, impliqué dans la section tchèque de la Société Internationale de la Musique Contemporaine. Janáček et lui se fréquentaient et s’estimaient. 

3.  Les Nouvelles Littéraires du 26 novembre 1964.

4.  document conservé aux archives Janáček, répertorié BmJA, A 1187.

5.  Projet numéroté XI/I dans le Catalogue de la musique de Janáček dressé par Nigel Simeone, John Tyrrell et Alena Němcová en 1997. Voir la bibliographie.

6.  Dans le livre L’attraction et la nécessité, la musicologue Marianne Frippiat a étudié finement les relations croisées entre Janáček et la France. Voir la bibliographie.

7.  Emil Axman (1887-1949), musicologue, compositeur, collecteur de musique populaire.  Cette dernière activité le rapprocha de Janáček.

8.  Janáček fait une faute de graphie à propos du prénom de Pincherle. Au lieu d’écrire Marc, il le transcrit Mark.

9.  Ce concert était organisé par La Société de musique moderne dans laquelle travaillait Emil Axman.

10.  L’original se trouve au Musée musical tchèque à Prague. Une copie a été déposée aux archives Janáček, répertoriée BmJA, A 6711.

11.  La Revue Française de Prague, n° 16, novembre-décembre 1924, page 399.

12.  Le Quatuor Tchèque comprenait Karel Hoffmann et Josef Suk, violons, Jiří Herold, alto, Ladislav Zelenka, violoncelle.

13.  Janáček assista à la création de son quatuor le 17 octobre. Le Quatuor Tchèque redonna La Sonate à Kreutzer trois jours plus tard, toujours à Prague, cette fois-ci dans la Salle Smetana. Le 13 décembre 1924, il en donna la première audition en Moravie, à Brno. L’année suivante, le 4 septembre 1925, le Quatuor Zika le joua au cours d’une soirée du festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine à Venise en présence du compositeur.


14.  Ces informations résident dans le second tome Years of Life, un volume de plus de 1 000 pages sous-titré Tsar of the forests de John Tyrrell (en langue anglaise). Voir Bibliographie.

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