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24 novembre 2017

Janáček lu par P-M Masson

Janáček, le livre de Daniel Muller lu par P-M Masson


A la fin des années 1920, les Editions Rieder entreprirent la constitution d'une bibliothèque musicale qu'ils placèrent sous l'emblème « Maîtres de la musique ».  Confiés à d'éminents musicologues et musicographes (1), cinq volumes parurent traitant de maîtres du siècle dernier tout autant que d'un passé récent (Beethoven, Wagner, Fauré, Debussy, Spontini) sous deux formes, brochés ou reliés. En 1930, sous la plume de Daniel Muller, le sixième volume fut publié. Le nom de Janáček s'étalait sur la couverture. Face à des compositeurs d’un autre siècle, figures considérables et face à deux gloires de la musique française, il était un peu singulier d’y voir figurer un musicien étranger qui n’avait pas conquis ses lettres de noblesse en France, loin de là. Plusieurs autres livres consolidèrent la collection un peu plus tard (Mozart, Cavalli et l'opéra vénitien au XVIIe siècle, Grétry, Stravinsky, Grieg et Satie, Ravel (2)).

Lorsque le livre de Daniel Muller « Janáček» (3) parut, le voile se leva un peu sur un compositeur atypique dont les ouvrages avaient encore peu pénétré en France. Ce livre ne passa pas inaperçu. A sa sortie, un certain nombre de journaux et de revues  publièrent des notes de lecture, pour la plupart positives, voire élogieuses. A défaut de connaître la musique de Janáček, on entrait en contact avec ce compositeur de manière livresque à travers les écrits du biographe.

Quatre compositeurs français firent part de leur lecture du livre de Daniel Muller. En une phrase, Pierre-Octave Ferroud avouait sa méconnaissance de la musique de Janáček. Il est vrai que le Mozart, autre livre des Editions Rieder ne bénéficia pas d’une place plus large dans son court article. Il terminait sa mince revue par un encouragement à ses lecteurs : «Ces deux monographies (Janáček et Mozart) enrichiront toute bibliothèque d’amateur qui se respecte» (4). «C’est un bon livre» déclarait Georges Migot qui ajoutait «Après la lecture, nous nous demandons une fois encore comment se peut-il faire qu’un musicien de cette valeur ait vécu (de 1854 à 1928) sans que son nom ne soit parvenu d’une façon plus affirmée chez nous et ailleurs. Il en sera toujours ainsi tant que l’on acceptera, qu’en Art, des publicités déplacées clament des noms sans vraie musique, au point d’empêcher la vraie musique de certains autres» (5). Assez singulièrement, Georges Migot attribuait au «musicien de cette valeur» une mention élogieuse alors que lui-même  n’entendit pas plus de musique de Janáček que la plupart de ses contemporains n’en avait connaissance. Sans doute, l’enthousiasme de Daniel Muller dans son écrit exerça un attrait communicatif envers le compositeur. Là encore, faute d’entendre sa musique, on en resta là. A l’occasion de la première audition française de deux Danses valaques (6) (Danses de Lachie), Gustave Bret évoqua le livre qui «ne peut manquer de provoquer, dans le public, un mouvement en faveur de cet artiste à peu près inconnu en France». Avis qui ne fut pas suivi d’effet bien que le public des Concerts Pasdeloup qui reçut ces danses 
«[ait] fait à ces deux pièces le meilleur accueil (7)». Enfin, Paul Le Flem, l’habituel et bienveillant chroniqueur de Comœdia, profita lui aussi de la première audition des Danses valaques pour mentionner à travers «l’excellent livre» de Muller «ce compositeur particulièrement sympathique» et ce qu’il avait «d’indépendant, de farouche même». Il relevait que Janáček «échappa à l’étreinte de Wagner» pour se créer «une technique audacieuse, nouvelle même (8)».

Pour reprendre les termes de Georges Migot, les publicités françaises concernant Janáček s’avéraient plutôt rares, d’où l’interrogation initiale de Migot, reprise par quelques confrères et musicographes sans aucun aboutissement. André Cœuroy (9), dont la signature concluait souvent des études dans La Revue musicale, proclamait Janáček «maître de la musique tchèque contemporaine (10)». En toute fin de l'année 1930, le Petit Parisien, par la plume de son chroniqueur musical, Louis Schneider, commenta ce livre en quelques mots. « Janacek est un grand musicien tchécoslovaque ; il a su, vers 1880, s'affranchir de la tyrannie wagnérienne et se créer un style personnel. Son esthétique très avancée, lui a suscité d'ardentes inimitiés jusqu'à sa mort, en 1928. L'homme ne brillait pas par l'aménité de son caractère, mais c'était quelqu'un, et M. Daniel Muller l'a fort bien mis en relief (11) ». Gageons que beaucoup de lecteurs du Petit Parisien restèrent dubitatifs face à cette notule plutôt vague pour juger de l'intérêt de l'acquisition d'un tel volume !

La sortie de ce livre de Daniel Muller aux Editions Rieder fut aussi relatée par Le Guide du Concert. Dans sa revue des livres, celui-ci tenait une bonne place. Après avoir souligné la qualité de la partie iconographique de ce volume, le chroniqueur releva quelques traits employés par l'auteur pour caractériser la musique de Janáček : «  Interprète de la vie et de la sensibilité populaires dans leurs formes extérieures et pittoresques, il a montré une égale maîtrise dans la peinture de la terreur et de l'angoisse. Sa technique mélodique, vocale, harmonique, orchestrale est personnelle, complètement émancipée de l'emprise wagnérienne ». Dans le concurrent du Guide du Concert, La Semaine à Paris, sous la plume de Claude-Fayard, paraissait une brève chronique signalant le livre de Daniel Muller : «  Un caractère d'homme pittoresque, touchant par sa volonté de vaincre les obstacles. Enfance misérable, débuts difficiles, accidents, incidents, tout ce qui forme l'école du génie. Il restera pour beaucoup - ceux qui ne connaissent de lui que sa Jenufa - le musicien de la terreur et de la superstition. M. Daniel Muller consacre d'ailleurs la moitié de son livre à faire l'analyse des œuvres de Janacek depuis sa Jenufa, son Journal d'un disparu, jusqu'à ses beaux chœurs qui sont à peu près inconnus en France ». Il termina en qualifiant Janáček de « plus représentatif musicien de l'école tchécoslovaque moderne (12) ». Brève et fausse perception qui correspondait à ce qu’écrivait le biographe («le musicien de la terreur et de la superstition ») que beaucoup de chroniqueurs et musicologues reprirent plus ou moins à leur compte, sans sourciller et surtout sans vérifier en consultant des partitions et en écoutant sa musique. Mais l’un et l’autre de ces examens relevait presque de l’impossible pour qui restait sur le territoire français (13) puisque les auditions de la musique de Janáček n’étaient pas nombreuses.

Dans L’Express du Midi, on soulignait l’ouvrage sur Janáček «aussi parfaitement présenté» dont l’auteur traçait «les traits essentiels soulignés par de belles planches documentaires en héliogravure (14)». Enfin parvenaient de Tchécoslovaquie, dans les pages de La Revue Française de Prague quelques commentaires positifs du livre et surtout du compositeur.  Janáček, disparu depuis trois ans, prenait une dimension inconnue de son vivant aux yeux de ses compatriotes. Il devenait la «gloire de l’école tchécoslovaque moderne» et un «novateur de génie». Le rédacteur anonyme, délaissant le contenu du livre de Muller, après avoir fustigé «les attaques incessantes dont il fut l’objet» au cours de sa vie le montait sur un piédestal à la hauteur de Beethoven. Le dernier paragraphe de la chronique démontrait une certaine familiarité  avec l’univers de Janáček et, peut-être encore plus, une prémonition de la manière dont le compositeur serait perçu beaucoup plus tard «La musique impulsive et spontanée de Janáček restera probablement un phénomène unique dans l’histoire de l’art des sons (15)». Il est remarquable que quatre compositeurs français (Ferroud, Migot, Bret, Le Flem) se soient penchés sur un livre consacré à un de leurs collègues tchèques dont ils ignoraient pourtant l’essentiel de sa musique. Malgré leurs notes bienveillantes, on passa tout de suite à autre chose. Quant à La Revue Française de Prague, son lectorat se révélait bien étroit. Il ne faut donc pas s’étonner que ses appréciations n’aient pas entrainé un mouvement significatif envers Janáček.

Les compositeurs et les musicographes, dans leur ensemble, ne  restèrent pas insensibles à la biographie de Daniel Muller. A la suite de leurs chroniques, un élan de curiosité aurait pu se déclencher parmi le lectorat. Il n’en fut rien.


le livre de Daniel Muller

Du vivant de Janáček, peu de musicologues s’exprimèrent sur le compositeur morave, en dehors d’Henry Prunières. Plusieurs années après la sortie du livre de Daniel Muller,  Paul-Marie Masson, l’un des éminents musicologues de l’entre-deux-guerres, prit la plume à propos de ce volume des Editions Rieder. De par la place qu’il tenait dans la musicologie française, de par son parcours par la suite, sa critique, livrée ici intégralement, nécessite un examen détaillé pour saisir les enjeux suscités par la musique du compositeur morave.
Le compositeur tchécoslovaque Janáček (1854 - 1928) a été récemment révélé au grand public français par M. Daniel MULLER. On peut s’étonner qu’il n’ait pas connu chez nous la vogue relative qu’y ont obtenue ses compatriotes Smetana et surtout Dvořák (16). Malgré sa renommée grandissante, il resta longtemps discuté dans son propre pays, sans doute pour l’indépendance farouche de son propre caractère et pour les audaces anarchiques (17) de son style musical. Comme Debussy et avant lui, Janáček revendique une liberté absolue dans l’écriture des accords, mais il conserve une verdeur populaire qui l’apparente plutôt à Moussorgsky. M. Muller a évoqué cette curieuse figure en un livre très attachant, qui enrichit grandement notre connaissance de la musique tchécoslovaque. Tout en donnant sur l’homme les détails biographiques indispensables, aidé en cela par une somptueuse iconographie (18), il a justement insisté sur l’œuvre si originale du musicien (sans nous en donner toutefois le catalogue chronologique que nous espérions). Il a réussi notamment, malgré les dimensions réduites du volume, à faire une étude approfondie du fameux opéra Jenůfa, que l’on devrait bien représenter (19) en France (20).

En 1934, la musicologie française n’avait pas atteint l’âge adulte. Sa place dans le monde artistique et intellectuel et dans l’Université n’était pas encore reconnue à sa juste valeur. Quelques individualités croisaient le fer pour installer les études musicologiques à leur juste place dans l’enseignement supérieur. Des recherches avaient été menées et un certain nombre de publications en avaient découlé. Les premières générations de musicologues ne s’étaient pas seulement intéressées à l’histoire de la musique des siècles passés, mais avaient étendu leur champ d’investigation à la période contemporaine dont ils examinaient les tendances. Rares, cependant, se comptaient ceux qui portaient leurs regards et leurs écoutes vers la musique savante et la musique populaire des pays d’Europe centrale.

Que nous enseigne la note de lecture de Paul-Marie Masson à propos de Janáček ? La première phrase confirme la place infime tenue par ce dernier dans la vie musicale française : «le compositeur a été récemment révélé au public français» par le livre de D. Muller. En fait, les rares exécutions de quelques-unes de ses œuvres ne rencontrèrent quasiment aucun écho dans le public (voir mes articles antérieurs, la Sinfonietta à Strasbourg en 1931, Œuvres de Janáček en France du vivant du compositeur, création française du quatuor Sonate à Kreutzer, 1908 entrée de la musique de Janáček en France, 1925 tournée de la chorale des instituteurs moraves, Janáček à la radio française (1929-1939), Janáček reçu par des compositeurs français avant 1939). Paul-Marie Masson reprit à son compte l’antienne entonnée par Georges Migot, après quelques autres, «pourquoi n’a t-il pas obtenu la vogue relative de Smetana et Dvořák ?» sans que cette protestation interrogative ne déclenche un mouvement quelconque envers le compositeur. Le musicologue notait la proximité de Janáček avec Moussorgski plutôt qu'avec Debussy, sans citer un ou plusieurs de ses ouvrages qui aurait confirmé la parenté de son langage musical avec celui du compositeur russe. A défaut de compagnonnage avec la musique de Janáček, le musicologue s’interrogeait sur cette «curieuse figure» que présentait le maître de Brno et en décernant un satisfecit à Daniel Muller pour son «livre très attachant», il tentait peut-être d’aiguiser la curiosité de ses lecteurs pour le compositeur tchèque. Enfin, il relevait «l’étude approfondie du fameux opéra Jenůfa» dont on sait ce qu’il advint : son absence dans les maisons d’opéra française pendant trois décennies avant que l’Opéra de Strasbourg le monte en 1962. Manifestement, le musicologue se montrait éloquent vis-à-vis de l’étude de Daniel Muller, mais cette ferveur ne s’appliquait qu’au biographe et elle ne servit en rien la réception de la musique de Janáček.

Malgré les louanges décernées à ce livre et un peu par ricochet au compositeur étudié, Paul-Marie Masson, à ma connaissance, ne se pencha pas une nouvelle fois sur Janáček. Il ne fut d’ailleurs pas le seul. La richesse de la vie musicale pendant l’entre-deux-guerres exigeait de se focaliser sur les compositeurs symboles de l’excellence de la musique française. L’école musicologique naissante ne fit pas exception à cette attitude. En tant que l’un des maîtres de cette école, Paul-Marie Masson, s’y impliqua. Il restait surtout, pour ces chercheurs, à exhumer des musiques des siècles passés qui prouvaient la force du mouvement musical français. Pourtant, en 1933, Paul-Marie Masson se rendit à Prague où il donna une conférence sur Vincent d’Indy à l’Alliance française et deux autres à propos de Rameau et Berlioz (21) à l’Institut français Ernest Denis. Au cours de son séjour dans la capitale tchèque, on l’entretint certainement de Janáček, même si celui-ci n’était pas encore considéré à sa juste valeur par ses pairs et le monde musical pragois d’une manière générale, malgré des succès publics. On peut penser que la tiédeur de ses confrères tchèques ne l’encouragea pas à se pencher sérieusement sur le musicien de Jenůfa, ni à Prague, ni lors de son retour à Paris ou encore que cette musique ne coïncidait vraiment pas aux priorités de ses études.


 
un livre de Paul-Marie Masson

Même si cette évocation sort du cadre de cette étude, on ne peut s’empêcher de rappeler le comportement plus qu’équivoque de Paul-Marie Masson durant l’Occupation de la France par les armées allemandes et les Nazis. Où l’amour de la musique conduisit à une sorte d’aveuglement sur la situation humaine de la majorité de ses concitoyens, bernés par les maîtres provisoires du pays. Il ne se tint pas éloigné des organes du pouvoir vichyssois en travaillant dans le Comité Cortot.  Il entretint la flamme dans un devoir patriotique de conserver la grandeur de la musique française. C’est du moins ainsi qu’après la libération du pays, il présentait sa conduite dans la période de l’Occupation, comme un certain nombre d’autres musiciens et musicologues qui, par conviction ou par simple opportunisme, trouvèrent avantage à  jouer «le rôle de passeur entre le public français et la politique de collaboration entre la France et l’Allemagne (22)».

Pour en revenir à la période de l’entre-deux-guerres, dans un autre article, j’ai évoqué la manière dont une dizaine de compositeurs français ont reçu la musique de Janáček à l’occasion des rares concerts  où ils entendirent une de ses œuvres. Aucun enthousiasme de leur part, sauf deux ou trois qui goûtèrent modérément ou plus vivement les œuvres présentées. Dans le meilleur des cas, musiciens et musicologues, se contentèrent de bonnes paroles, y compris dans le cas d’un musicologue illustre comme Paul-Marie Masson. La musique de Janáček n’entrait pas dans le cadre de leurs préoccupations, ni finalement des siennes, à cette époque-là, pas plus d’ailleurs dans les années qui suivirent. Il fallut attendre les années 1960 pour que, en plus d’un Marc Pincherle et d’un Jacques Feschotte, Guy Erismann et plus encore, Martine Cadieu et Harry Halbreich signalent leur clairvoyance vis-à-vis du compositeur de Jenůfa.

Bien que la musique de Janáček ne fut pas complètement ignorée dans l’Hexagone, bien que la parution du livre de Muller semblât lui donner un peu de relief, son esthétique trop particulière échappait aux problématiques que se posait le monde musical dans son ensemble et en particulier en France. Entre la Sérénade et Triton, deux sociétés musicales concurrentes, organisatrices de saisons de concert, nées au début des années 1930, une sourde guerre artistique se déroulait. Bien que des compositeurs présents dans la première association se glissèrent un peu plus tard dans la seconde, entre les deux on se battait pour créer la dernière œuvre de Kurt Weill,  Milhaud, Poulenc, Sauguet, Markévitch, entre autres. Cependant au Triton, on privilégiait la musique de chambre et on ne souciait pas seulement de promotionner les compositeurs en vue sur la place parisienne, mais on invita nombre de musiciens étrangers. C’est ainsi que la Sonate pour violon et piano et Le Journal d’un disparu de Janáček connurent de nouvelles auditions dans l’Hexagone après leur première audition en 1927 pour l’une et 1922 pour l’autre. Malgré l’existence d’un festival de musique tchèque qui se déroula en cinq séances, assuré du soutien de quelques compositeurs français de premier plan et au cours duquel on honora Janáček  à travers les deux ouvrages cités ci-dessus, aucun progrès notable en notoriété ne se manifesta pour lui. Là aussi, ces auditions n’aboutirent à aucune réaction positive et durable envers ce compositeur décidément bien mystérieux et bien trop exotique pour des oreilles françaises. Dans la décennie qui suivit la parution du livre de Muller, on préféra mesurer l’influence que prenaient trois compositeurs issus du Groupe des Six, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc. On se pencha bientôt sur le devenir des membres d’un nouveau groupement intitulé Jeune France. Quant aux compositeurs étrangers, ils attirèrent la sympathie d’une partie de leurs collègues français par leurs trouvailles mélodiques et rythmiques qu’ils puisaient dans leur propre culture, comme par exemple le Brésilien Villa-Lobos, les Espagnols de Falla et Mompou, Prokofiev qui perpétuait le rêve d’une musique russe alors que Diaghilev disparu, les ballets russes ne pouvaient continuer d’exercer leurs charmes. D’USA, à travers le jazz, une rythmique audacieuse questionnait le monde musical. Et l’évolution quasi imprévisible d’un Stravinsky passant de rythmes et de timbres inaccoutumés à une réappropriation du monde ancien tout en y ajoutant sa griffe très personnelle. Etc. Toutes ces nouveautés ne cessaient d’exciter l’inspiration des musiciens français. Sans parler de la révolution que Schœnberg et ses disciples amenaient au cours de leurs séjours sur notre sol ou que rencontraient à Vienne ceux des musiciens qui voulaient entendre in situ cette musique nouvelle. Pour Janáček, son temps n’était pas encore venu.  Une nouvelle génération sera nécessaire pour que le langage du compositeur morave questionne les consciences et que la beauté musicale de ses œuvres touche enfin un nombre de plus en plus important de mélomanes et de musiciens.

Joseph Colomb - octobre 2017

Notes :

1. René Dumesnil, André Schaffner, Julien Tiersot et Henry Prunières, entre autres, rédigèrent les volumes dédiés respectivement à Wagner, Stravinsky, Jean-Sébastien Bach et Cavalli et l’Opéra vénitien au XVIIe siècle.


2. Ce fut l’un des premiers livres sur la musique rédigé par le philosophe Vladimir Jankélévitch en 1939.


3. Daniel Muller, Janáček, Editions Rieder, octobre 1930.


4. Paris-Soir du 27 janvier 1931.


5. La France active, janvier 1931.


6. Ces deux Danses valaques comme on dénommait alors ces Danses de Lachie ont été jouées en première audition française par l’Orchestre Pasdeloup dirigé par Rhené Bâton, le 28 décembre 1930 au Théâtre des Champs-Elysées parisien.


7. L’Intransigeant du 3 janvier 1931.


8. Comœdia du 29 décembre 1930.


9. André Cœuroy dirigeait aussi la collection «Maîtres de la musique ancienne et moderne» aux Editions Rieder. A la fois juge et partie, son avis ne s’avérait pas neutre.


10. La Revue hebdomadaire du 25 mars 1931.


11. Le Petit Parisien - 29 décembre 1930.


12. La Semaine à Paris - 10 avril 1931.


13. Rappelons le succès rencontré par Jenůfa à partir de 1925 dans un très grand nombre de maisons d’opéra allemandes.


14. L’Express du Midi, 13 janvier 1931, article d’Andrée Martignon.


15. La Revue Française de Prague, 15 mars 1931.


16. Le lecteur consultera l’article d’Alain Chotil-Fani sur ce site et le livre qu’il a co-écrit avec Eric Baude Un musicien par-delà les frontières chez Buchet-Chastel (2007).


17. Notons le qualificatif utilisé par le musicologue qui sous-entend pour le moins une sorte d’amateurisme qu’il impute au compositeur.


18. Pas moins de 92 photographies illustrent la dernière partie (60 pages) du livre de Daniel Muller, une première en France !


19. Au moment où le musicologue rédigeait cette note, Miloš Safránek et Pavla Osuská, l’épouse du ministre de la Tchécoslovaquie en France tentaient d’infléchir Jaques Rouché, le Directeur de l’Opéra de Paris à monter Jenůfa en France. Voir l’article.


20. Notes de lecture parues dans le numéro de janvier 1934 de La Revue historique.


21. Paul-Marie Masson rédigea un livre sur chacun de ces deux compositeurs français.



22. La musique à Paris sous l’Occupation, Fayard/Cité de la musique,2013, sous la direction de Myriam Chimènes et Yannick Simon, contribution de Sara Iglesias, page 225.

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