Lieux de vie et voyages de Dvořák 1873-1877 (2)
Deuxième partie de l'étude du Dr David R. Beveridge sur les lieux de vie et voyages de Dvořák de 1873 à 1877.
2. La vie des mariés avec la belle-famille (ci-dessous)
Lieux de vie et voyages de Dvořák pendant les premières années de son mariage (1873-1877) – sa plus période la plus prolifique (2)
par David R. Beveridge
La vie des mariés avec la belle-famille
Comme indiqué dans mon article publié dans le volume précédent de cette revue, Anna Dušková, la cousine de Dvořák, nous rapporte qu'il vivait avec la famille de celle-ci dans le « quartzite Building sur la place Charles (Karlovo náměstí) depuis 1860 (hormis une brève interruption), et ce jusqu'à son mariage en 1873 », qui a eu lieu le 17 novembre de cette année, et nous n'avons aucune raison de douter d'elle sur le sujet. (14) Boleslav Kalenský, dans son essai biographique de Dvořák écrit en consultation avec le compositeur, donne également 1873 comme dernière année de sa résidence avec les Dušek. (15) Pour trouver l'adresse du logement qui vint ensuite, nous devons nous reposer sur un unique document : la nomination officielle du conseil municipal de Prague de Dvořák au poste d'organiste à l'église Saint Vojtěch, en date du 10 février 1874. (16) Ce document donne comme adresse le numéro 27 (sans doute selon le nouveau système de numérotation de l'époque, plus tard appelé číslo orientační ou « č.o. ») de la rue Na Florenci ; d'autres sources nous indiquent que cela correspondait à l'ancien numéro (číslo popisné ou « č.p. ») 1413 dans la Ville Nouvelle basse. (17) Cette adresse était aussi, et cela ne relève certainement d'une coïncidence, celle de Klotilda Čermáková, mère d'Anna, la fiancée de Dvořák. L'adresse où logeaient la mère et évidemment sa fille (18) deviendrait dès lors le lieu d'habitation temporaire des jeunes mariés. Le bâtiment existe encore aujourd'hui, avec son č.p. original 1413 mais avec le č.o. maintenant changé du 27 en 33.
Peut-être pouvons-nous supposer que Dvořák a déménagé à cette adresse tout de suite après le mariage. Quoi qu'il en soit, c'est là qu'il devait loger quand il postula au poste d'organiste, à la date connue avec précision du 31 janvier 1874. (19) Nous ne savons pas avec certitude combien de temps il demeura à cet endroit ; tout ce que nous pouvons affirmer, c'est qu'il a annoté la fin de la partition autographe de sa Quatrième Symphonie, B.41, avec la mention qu'elle a été achevée le 26 mars 1874 à sa nouvelle demeure de la rue Na Rybníčku. (20) Il est donc acquis que le compositeur a vécu avec ses beaux-parents pour une période allant de deux à quatre mois, à partir du 17 novembre 1873 à une date quelque part entre le 31 janvier et le 26 mars 1874. (21)
Pendant son séjour relativement court dans la rue Na Florenci, Dvořák écrivait très activement. C'est peut-être là qu'il composa sa Romance en fa mineur pour violon et accompagnement de piano ou d'orchestre, B.38-39 – qui pouvait représenter un charmant cadeau pour sa nouvelle fiancée. (22) Mais nous avons toutes les raisons de penser qu'il habitait à cet endroit quand, le 5 décembre 1873, il termina le Quatuor à Cordes en la mineur, B. 40 (le premier de ses deux quatuors dans cette tonalité, probablement commencé alors qu'il était encore dans le ‘Quartzite Building’ de Karlovo náměstí, et radicalement révisé sans que l'on sache à quel point, peut-être déjà en 1874). Surtout, ce doit être là que, le jour de l'an 1874, il entreprit l'écriture de sa 4e Symphonie en ré mineur, B. 41 – une partition complétée, comme nous l'avons vu, le 26 mars à l'adresse de la rue Na Rybníčku, mais probablement écrite pour la plus grande part chez ses beaux-parents. (23)
Au sujet de l'environnement urbain, l'immeuble č.p. 1413 / č.o. 27 était assez récent en 1873, son édification ayant probablement eu lieu vers 1860. Nous avons déjà noté qu'il existe encore aujourd'hui. En outre, il ne semble pas avoir subi de transformations radicales. (24)
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| L'immeuble à Na Florenci č.p. 1413 en 2010 |
Comme en 1873, la vue par-delà la rue, vers l'est, donnait directement sur les remparts de la ville ; l'emplacement peut être vu sur une carte de 1816, alors qu'il n'y avait pas encore de constructions solides à cet endroit. (26)
L'immeuble est visible sur la carte de la Vieille Ville, Nouvelle Ville basse, et Josefov, de 1891, dans la partie occidentale de la rue Na Florenci (aussi appelée ici Florenz Gasse) : un immeuble au sud de cette intersection avec Pořičská třída (Pořičer Strasse – aujourd'hui Na Poříčí). (27)
Nous pouvons présumer que les jeunes mariés vécurent directement dans l'appartement de la famille Čermák. Nous ne savons rien de la nature de cet appartement ni de son emplacement. La famille avait emménagé à cet endroit assez récemment, vers le 5 septembre 1873, sept mois après la mort, survenue le 27 février, du père d'Anna, Jan Jiří Čermák. (28) Au sujet des locataires, outre la veuve Klotilda, logèrent ici au moins quelques-uns des frères et sœurs d'Anna : Ferdinand, Marie Anna, et Klotilda Jana, respectivement âgés, à la date du mariage, de dix-huit, seize et quatorze ans. (29) La littérature sur Dvořák indique parfois que la famille Čermák était aisée et s'opposait au mariage d'Anna avec le compositeur, à une époque où le pauvre artiste commençait tout juste à être connu à Prague. En vérité nous n'avons aucun élément nous permettant de nous prononcer sur la façon dont la famille voyait ce mariage. Pour ce qui est de leur aisance matérielle, les documents officiels et les annuaires de Prague nous disent seulement que la famille de Jan Jiří Čermák déménagea à plusieurs reprises, toujours dans Prague, sans jamais être propriétaire. (30) D'autre part il est clair que la famille s'intéressait beaucoup à la culture. Josefina avait beaucoup de succès en tant qu'actrice, au Théâtre Provisoire Tchèque (qui plus tôt, en 1873, avait pris un engagement dans un Théâtre de Weimar ; voir note 29). Ses jeunes sœurs Anna (la fiancée de Dvořák) et Marie se produisirent aussi sur la scène du Théâtre Provisoire Tchèque, dans des rôles d'enfants. En outre, Anna et sa cadette Klotilda chanteront comme solistes au cours de récitals. (31)
Jusqu'à la fin de sa vie Dvořák devait cultiver des relations privilégiées avec sa belle-famille, y compris sa belle-mère et les enfants de celle-ci. D'une façon générale ces relations étaient même de meilleure qualité qu'avec ses propres parents. Sa belle-mère Klotilda Čermáková le précéda de quelques mois en déménageant vers l'immeuble de la rue Žitná, où il devait s'établir de la fin 1877 jusqu'à sa mort. (32) En tant que proche voisine pendant toutes ces années, elle partageait l'ordinaire de la vie quotidienne des Dvořák, jusqu'à son décès en 1903, quelques mois seulement avant celui du compositeur. (33) Pendant leur séjour en Amérique, Dvořák et Anna confièrent les enfants restés à Prague aux bons soins de leur grand-mère Čermáková. Et quand les enfants rejoignirent leurs parents en Amérique en 1893, la sœur aînée d'Anna, Terezie, les accompagnait. Dans l'intervalle, sa soeur Josefina incita les Dvořák à visiter Vysoká, où elle et son mari détenaient un château. Les Dvořák devaient même établir leur propre maison de campagne à Vysoká. La plus jeune sœur de Klotilda, Anna, chanta plusieurs fois en public les œuvres de Dvořák (comme le fit aussi Anna). Et dans la décennie 1890 Dvořák envoya sa fille Otilie vivre avec l'oncle de celle-ci et frère d'Anna, Ferdinand Čermák, en Bohême du Nord, pour qu'elle y apprenne l'allemand (34).
Notes
Toutes les notes sont de l'auteur.
(14) Voir vol.24 de cette revue, pp. 77, 80, 84-85. Anna Dušková, ‘Za A. Dvořákem. Kus rodinné tradice. – Glossy k Dvořákovu sborníku Hudební Revue’ (A la Recherche d'A. Dvořák : Facettes de la Tradition Familiale – Annotations au Dvořák Compendium in Hudební Revue), Hudební revue V/2 (janvier 1912), p. 70.
(15) Vol. 24 de cette revue, p. 86. Boleslav (Schnabel) Kalenský, ‘Antonín Dvořák, jeho mládí, příhody a vývoj k usamostatnění’ (Antonín Dvořák : Sa Jeunesse, ses Expériences et son Chemin vers l'Indépendance), in Antonín Dvořák. Sborník statí o jeho díle a životě (Antonín Dvořák : Un Compendium des Essais sur Sa Vie et Son Oeuvre), [éd. Boleslav Kalenský], Prague, Umělecká Beseda, 1912, pp. 3-112. Voir pp. 92-93 en relation avec p. 335 dans l'annexe de Kalenský au résumé. Pour le commentaire de l'essai biographique de Kalenský voir le vol. 23 de cette revue, p. 52, note 1 et vol. 24, pp. 83-84, note 37.
(16) Publié dans Dvořák ve vzpomínkách a dopisech (Dvořák en Souvenirs et en Lettres), 1e éd. (Prague, 1938), 9e éd. (Prague, 1951), d'Otakar Šourek, dans les deux cas aux pp. 25-26, suivi par d'autres documents relatifs au poste d’organiste de Dvořák. En décembre 2008, Hana Svatošová et Zlatuše Brátková des Archives de la Ville de Prague m’ont communiqué l’indication que les originaux des documents municipaux relatifs au poste d'organiste de Dvořák ont malheureusement été perdus depuis le temps des publications de Šourek. Ils ne sont pas compris dans ADCD (op. cit., note 10). Cependant, je pus localiser des copies manuscrites contemporaines de ces documents dans les Archives de la Ville de Prague, dossiers de Prague Zádušní (bureaux de l'Eglise) – des copies qui ne diffèrent des transcriptions de Šourek que sur quelques détails, probablement non significatifs.
(17) Sur ces systèmes de numérotation, voir le vol. 24 de cette revue, pp. 75-76.
Dans les annuaires de Prague de 1870 (Erben, p. 99) et 1870/71 (Boitl, p. 423), dans celui, anonyme, de 1878 (p. 277), et sur la carte de la Vieille Ville, Nouvelle Ville Basse et Josefov de 1891 nous voyons que le nouveau numéro 27 correspond à l'ancien numéro 1413. Voir Autentický ukazatel ulic a náměstí i čísel domovních král hl. města Prahy dle nového, starého i nejstaršího číslování. Sestavil Karel Jar. Erben (Prague: Hynek Fuchs [1870]). Ludwig Boitl: Prager Handels- und Gewerbe-Adressenbuch umfassend die k. Hauptstadt Prag und deren Vorstädte Karolinenthal, Smichow und die k. Bergstadt Wyschehrad (Prague: Ignatz Fuchs, 1870/1871 – 1871 sur la couverture, 1870 sur la page de titre, préface sans date). Allgemeines Adressen-Buch der königl. Hauptstadt Prag und der Vorstädte Karolinenthal, Smichow, Weinberg und Žižkow mit einem Häuser- und Strassen-Verzeichnisse nach der alten und neuen Nummerirung. Ein vollständiges Verzeichniss sämmtlicher handelsgerichtlich protokollirten Firmen Böhmens. Zweiter Jahrgang (Prague: Bohemia, 1878). Polohopisný plán Starého města (I.), Dolejšího Nového města (II.), Josefova (V.). Sestavil Alfred Hurtig geometr král. hlavního města Prahy (Prague: F. Kytka, 1891). Ce plan de 1891 est inclus comme insert dans Orián, Edmund, ed., Prague in Picture Postcards of the Period 1886-1930 (Prague : Belle Epoque, 1998).
Cette copie manuscrite du document du 10 février 1874 (voir note 16) donne l'adresse de Dvořák comme suit : ‘čís. p. 27 na Florenci’. Šourek dans sa transcription remplace ‘čís. p.’ par son abréviation standard ‘č.p.’, i.e. číslo popisné, sans apparemment s'être rendu compte qu'il n'existe pas de tel číslo popisné dans la rue Na Florenci et qu'il n'y en avait jamais eu. Nous devons composer avec une erreur dans l'original : le numéro est certainement indiqué non comme un číslo popisné mais plutôt selon la norme alors récente, plus tard appelée číslo orientační. (dans le vol. 24 de cette revue, p. 126, note 145, nous avons mis en évidence une erreur analogue de la part de Šourek, quand il affirme à tort que le numéro 19 donné par Kalenský pour l'adresse de Dvořák dans la rue Senovážné náměstí était un číslo popisné.)
(18) Le numéro 1413 est donné comme étant la seconde des deux adresses dans le registre officiel du mariage de Dvořák – '1413-2' – apparemment comme adresse de la fiancée. Voir ADCD (op. cit., note 10), vol. 9 (2004), pp. 68-69. Et le registre de police du père de la fiancée Jan Jiří Čermák, qui mourut en février 1873, mais dont le registre continua d'être tenu, évidemment pour la famille survivante, montre aussi cette adresse – comme '1413/II' – pour la période du 5 septembre 1873 au 29 décembre 1875. Voir les Archives Nationales de Prague, Policejní ředitelství I, konskripce, karton 73, obraz 1074, Johann Czermak (http://digi.nacr.cz/ prihlasky2/ – rechercher Johann Czermak, né en 1820) ; au sujet des registres de résidence de la police en général voir le vol. 24 de cette revue, p. 82, note 33.
(19) Le principal registre de documents (‘Hlavní spisovna’) pour cette période dans les Archives de la Ville de Prague montre qu'un document fut soumis ce jour avec un contenu décrit comme suit : ‘Antonín Dvořák za udělení místa varhanického u sv. Vojtěcha. ./.’ (titre de la collection : MHMP I. Hlavní spisovna 1784-1920, knihy. Časový rozsah: číslo jednací 9887/1874. Jednací protokol v měsíci lednu 1874.) Hana Svatošová des Archives de la Ville de Prague m'informa par un courriel du 9 janvier 2009 que cela voulait probablement dire que Dvořák postula en ce jour du 31 janvier 1874.
(20) ‘Začato dne 1 ledna 1874. // Bohu díky! dokončeno dne 26. března 1874. Antonín Dvořák // Na rybníčku Číslo 14.’ La confirmation de cette nouvelle adresse suit rapidement avec la naissance à cet endroit (adresse indiquée comme č.p. 1364) d'Otakar, premier enfant du couple. Voir note 12.
(21) La littérature existante est très incomplète, déroutante et trompeuse (ou carrément mauvaise) dans cette affaire. Kalenský (op. cit., note 15) ne sait apparemment pas du tout que Dvořák a vécu avec ses beaux-parents, et indique (pp. 92-93) qu'il quitta le « quartzite Building » sur Karlovo náměstí pour rejoindre directement l'appartement de la rue Na Rybníčku. Il tient cela du fait que, quand le couple est venu visiter la première fois l'appartement, évidemment avant le mariage, il dut attendre le prochain « trimestre de location » (činžovní kvartál) avant le déménagement :
Jednoho dne zašli si společné kol chrámu sv. Štěpána na Rybníček faire domu nárožního, 14. číslo, un tam obhlédli si uprázdněný byt [...]. Po jich odchodu šeptali soi sousedé, že od příštího činžovního kvartálu přistěhují soi sem oba jako - novomanželé.
Quand Otakar Šourek publia la première édition du premier volume de sa monumentale étude de la vie et des œuvres de Dvořák, Život un dílo Antonína Dvořáka, Část prvá, 1841-1877 (Prague, Hudební matice Umělecké Besedy, 1916), il avait apparemment découvert le document relatif au poste d'organiste (quoiqu'il ne le mentionne pas ici) ou une autre source implicite de cette information, et il a indiqué que les jeunes mariés vivaient dans la rue Na Florenci (sans donner de numéro). Il dit qu'ils sont restés là pendant un trimestre (peut-être une extrapolation à partir de l'indication de Kalenský selon laquelle ils devaient attendre un trimestre ? - Mais cela était quelque temps avant le mariage), jusqu'à ce qu'ils passent dans leur appartement de Na Rybníčku dans 'la mi-février '. Voir la p. 98 de Šourek :
Svatba konala se v pondělí dne 17. listopadu 1873 v kostele svatopetrském v Praze. Novomanželé ubytovali se pro první čtvrt roku ve příbytek rodiny nevěstiny, na Florenc, odkud v polovici února 1874 přesídlili do vlastního příbytku na Rybníček do čís. 14.
Šourek répète ce passage verbatim dans sa seconde éd. (Prague, Hudební matice Umělecké besedy, 1922), p.146. Dans la 3e éd. (Prague, Státní nakladatelství krásné literatury, hudby a umění, 1954), p.176, nous trouvons l'essentiel de la même information, mais à présent complétée par l'adresse spécifique de la belle-famille (čp. 1413/II), avec la référence à la « famille » de la fiancée devenue celle des ‘parents’ (Šourek ayant à l'évidence oublié au moment de l'écrire que le père était décédé), et avec le trimestre (toujours indiqué comme tel) à présent allant de début mai – un glissement évident, car nous aurions alors deux trimestres :
Sňatek se konal dne 17. listopadu 1873 v kostele sv. Petra. Novomanželé se pro první čtvrt roku ubytovali u nevěstiných rodičů na Florenci (čp. 1413/II), odkud v polovině května roku 1874 přesídlili do prvního vlastního příbytku [...] v [...] dom[ě] č. 14 (čp. 1364/II) v ulici Na rybníčku ve čtvrti svatoštěpánské.
Nous ne pouvons rien inférer de définitif de tout ceci à propos de la date du déménagement à la rue Na Rybníčku. Nous devons nous contenter de ce que nous connaissons par les documents : il eut lieu entre le 31 janvier et le 26 mars 1874.
(22) On peut penser que cette oeuvre a été écrite bien plus tard, juste avant sa création en décembre 1877. Mais son numéro d'opus 11 la placerait à proximité temporelle du Quatuor à cordes en fa mineur, B. 37, op. 9, achevé le 4 octobre 1873, dont le deuxième mouvement fournit la base au thème principal et à quelques évolutions gracieuses de la Romance. Il existe aussi d'autres indications que la Romance fut vraisemblablement écrite avant la fin de 1873. Voir mon livre à venir.
(23) L'orchestration du premier mouvement est terminée le 22 janvier 1874, celle du deuxième mouvement le 18 février (donc sûrement encore à la rue Na Florenci), le 3e mouvement n'est pas daté mais a sans doute été écrit avant les autres, le dernier mouvement est achevé le 26 mars 1874, sans aucun doute à la rue Na Rybníčku mais probablement avec des esquisses et peut-être des passages de la partition écrits quand le compositeur vivait encore avec sa belle-famille. Voir Šourek, Život a dílo Antonína Dvořáka, vol. 1, 3e éd. (op. cit., note 12), pp. 194-95 et l'édition critique de la symphonie par František Bartoš, Antonín Pokorný et Karel Šolc (Prague, 1962).
(24) Kateřina Bečková, Zmizelá Praha: Nové Město (Vanished Prague: The New Town), Prague, Schola Ludus - Pragensia, 1998, p. 370, avec les légendes pour les abréviations à la p. 347. Au début de la décennie 1870 l'immeuble appartenait à Kristina Walzelová (que l'on trouve aussi sous le nom Christine Walzel) et Heinrich Lüßner, comme nous pouvoir le lire dans les annuaires de Prague de 1870 (Erben, p. 99), 1870/71 (Boitl, p. 423), et 1878 (I. Th. 4. Abth., p. 277) – tous op. cit., note 17. Cette information est aussi démontrée par l'index des archives (‘ukazatel domů’) de 1871-90 pour les immeubles de la Nouvelle Ville de Prague détenues par les Archives de la Ville de Prague – qui d'autre part ne contiennent rien qui puisse retenir notre attention pour le sujet qui nous occupe à propos de cet immeuble.
(25) Voir J. Č. (Jaromír Čelakovský), ‘Praha. Popis města. Nové Město’ dans Ottův slovník naučný (Otto’s Encyclopaedia), vol. XX (Prague, 1903), p. 479, colonne 2. A l'emplacement de ces murs se trouve aujourd'hui une voie routière surélevée. Selon Oldřich Klobas dans son Václav hrabě Kounic. Šlechtic nejen rodem (Count Václav Kounic: Noble Not Only by Birth), Brno, Ave, 1993, p. 40, dans le passage consacré à la fiancée du conte Kounic Josefina Čermáková (la soeur d'Anna Dvořáková), la fenêtre de face donnait sur une gare ferroviaire bruyante, apparemment la Nádraží severozápadní dráhy (Nádraží Praha - Těšnov). En fait cette gare se trouve loin au nord de l'immeuble, tandis que la façade de l'immeuble est exposée est-nord-est ; mais, quoi qu'il en soit, cette gare ne fut pas en service pas avant le 10 mai 1875 (pour être démolie en 1985).
En outre, contrairement à ce que dit Klobas, Josefina ne vécut probablement jamais à l'adresse Na Florenci – quand sa famille prit possession des lieux elle s'était installée à Weimar, en Allemagne. (voir note 29 ci-dessous.)
(26) Plan der könig. Hauptstadt Prag Trigonometrisch & Topographisch aufgenommen von den Oberlieut. Joseph Jüttner des k. k. Baron von Schuhey 1ten Feld.-Art. Regiments aufgenommen im Jahre 1811 und geendet 1816. Fac-similé avec commentaires de František Roubík, Karel Kuchař, et Václav Hlavsa, publié comme Plán Prahy z roku 1816 (Prague, Kartografie, 1972).
(27) Op. cit., note de bas de page 17. Le nom tchèque de la rue se traduit par ‘Dans [ou peut-être à] Florenc’, qui est le nom de ce quartier, sans doute donné à cause des immigrants de la ville italienne de Florence qui furent autorisés à s’installer à cet endroit au XIVe siècle par Charles IV.
(28) Voir le registre de la résidence du père (note 18). Šourek in Život a dílo Antonína Dvořáka, vol. 1, 3e éd. (op. cit., note 12), p. 75, et Klobas (op. cit., note 27), p. 36 (probablement en reprenant ce qu’écrit Šourek) dit à tort que la famille vivait déjà ici au milieu des années 1860. Le registre de résidence du père et les listes d’almanach pour sa fille, actrice au Théâtre Provisoire (voir vol. 24 de cette revue, p. 106, note 94, p. 112, notes 113 et 115, p. 144, note 186), plutôt en accord, montrent de fréquents déplacements pendant cette période.
(29) Terezie, la plus âgée parmi les frères et sœurs d’Anna, était probablement mariée alors, et habitait à un autre endroit. Le tableau généalogique dépliable de Jan Miroslav Květ pour la famille Čermák – ‘Tab. VI.’ au début de son livre Mládí Antonína Dvořáka (La jeunesse d'Antonín Dvořák), 2e éd., Prague, Orbis, 1943 – montre qu'elle est née le 9 janvier 1845. Il ne donne pas de date de mariage, mas cite son mari ‘Frant. Koutecký’. Le registre officiel du mariage de Dvořák – voir ADCD (op. cit., note 10), vol. 9 (2004), pp. 68-69 – montre que ‘Franz.Koutecký’, mari de Terezie donc, servit de témoin au compositeur, et cita comme adresse personnelle Leitergasse 881/II. De cet arbre généalogique de Květ nous apprenons aussi que le second enfant de la famille Čermák, Ignác Josef, était mort en 1869. Le troisième – l'actrice Josefina, née le 17 janvier 1849, dont Dvořák était tombé amoureux (cf. vol. 24 de cette revue, p. 111, note 110) – venait d'emménager à Weimar ; elle entretenait déjà des liens étroits avec son futur mari, le compte Václav Kounic. Voir l'article qui lui est consacré dans Ottův slovník naučný (Encyclopédie d'Otto), vol. XIV (Prague, J. Otto, 1899), p. 1001, colonne 1 ainsi que Oldřich Klobas, Václav hrabě Kounic [...] (op. cit., note 25), p. 40. Le quatrième enfant, Anna František, était mort en bas âge en 1853; le cinquième, son homonyme, était la fiancée de Dvořák, née le 17 juin 1854. Tout ceci, ainsi que les noms et âges des trois plus jeunes frères et sœurs, et la date de la mort du père, selon le tableau de Květ.
(30) Registre de résidence pour Johann Czermak (voir note 18). Annuaires de Prague de 1859, 1870 (Erben), 1870/71 (Boitl), 1875, 1878, 1884, 1891, 1896, et 1901.
(31) Václav Štěpán a Markéta Trávníčková: Prozatímní divadlo II. 1862-1883 (Le Théâtre provisoire II, 1862-83), Prague, Academie a Národní Divadlo, 2006, p.904. Egalement Kalenský (op.cit., note 15), p. 93. Pour une information détaillée sur la vie et la carrière de chanteuse d'Anna Dvořáková, avec mention des récitals de sa soeur Klotilda, voir à nouveau le chapitre 3 de mon livre sur les Hlávka et les Dvořák (op. cit., note 13).
(32) Elle fut enregistrée à cet endroit le même jour que l'oncle de Dvořák, Václav Dušek, et la famille de celui-ci, qui vivaient aussi dans ce lieu. Voir vol. 24 de cette revue, p. 95, et le registre d'habitation de Johann Czermak (note 18 du présent article).
(33) Sa sœur et tante d'Anna était sa voisine immédiate. Cette parente de Dvořák n'est citée dans aucune des généalogies publiées. J'ai découvert son existence lors de mes recherches sur le lieu de vie de Dvořák dans l'immeuble de la rue Žitná, surtout dans les Archives de la Ville de Prague. Ce fait, ainsi que d'autres enseignements de ces recherches, n'ont pas encore été publiés.
(34) Mon ami Zdeněk Starek de Ústí nad Labema a porté à mon attention cette dernière information, l'une des multiples facettes des relations de Dvořák avec la famille Čermák, absente jusqu'à présent de la littérature sur le compositeur. Voir mon étude sur les Hlávka et les Dvořák (op. cit., note 13), ainsi que mon livre à venir sur la vie et l'oeuvre de Dvořák.
Traduction Alain Chotil-Fani, merci à Eric Baude pour son aide en langue tchèque.
Traduction Alain Chotil-Fani, merci à Eric Baude pour son aide en langue tchèque.



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