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6 avril 2015

Lieux de vie et voyages de Dvořák 1873-1877 (1)

Lieux de vie et voyages de Dvořák 1873-1877 (1)

David R. Beveridge est un docteur en musicologie américain. Il enseigne aux États-Unis dans plusieurs collèges et universités entre 1979 et 1993. Depuis, il vit en République tchèque, où il travaille comme traducteur entre la langue tchèque et l’anglais. Depuis de nombreuses années il réalise une étude approfondie sur la vie et les œuvres complètes d'Antonín Dvořák.

Dr. Beveridge nous a communiqué une passionnante étude sur les lieux de vie de Dvořák pendant les premières années après son mariage : en réalité, la période pendant laquelle il fut le plus prolifique. Cette recherche musicologie et historique très détaillée, publiée dans une revue de musicologie tchèque, renouvelle notre connaissance du compositeur, en pointant plusieurs erreurs ou approximations des biographes précédents, et en mettant à jour de nouveaux faits. Nous en présentons ci-dessous une traduction française exclusive. L’article est très long - cinquante pages - c'est pourquoi nous la publierons en plusieurs parties. En voici la première.

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Lieux de vie et voyages de Dvořák pendant les premières années de son mariage (1873-1877) – sa plus période la plus prolifique (1)

par David R. Beveridge



Les deux dernières éditions de cette revue m'ont permis de présenter, à côté de faits nouveaux ou méconnus, de nouveaux enseignements au sujet des lieux de vie et des voyages d'Antonín Dvořák et de ses parents. Cette étude couvrait la période allant de la naissance du compositeur en 1841 jusqu'à son mariage en 1873. Je me suis efforcé de combler les lacunes de nos connaissances et de corriger certaines affirmations erronées sur l'environnement et les expériences qui ont contribué à façonner l'esprit d'un grand artiste, pour finalement rendre possible le miracle de son legs.(2) Maintenant, je voudrais continuer cette histoire en examinant les demeures et les séjours de Dvořák au cours des quatre premières années de son mariage, de novembre 1873 à son déménagement à la fin de 1877 (quelque part entre le 8 septembre et le 3 décembre) vers ce qui serait sa principale adresse permanente pour le reste de sa vie, dans la rue Žitná à Prague.

Lors de l'étude précédente - les « années de célibataire » de Dvořák - nous avons déjà pu parler de « l'environnement pour sa première effusion créatrice majeure ». Mais nous arrivons maintenant à la période la plus prolifique de toute sa carrière de compositeur. Il a en effet écrit à peu près 20% de son œuvre totale conservée (en prenant comme mesure la durée d'exécution des œuvres) au fil de douze ans et demi, depuis son Op.1 (Quintette à cordes en la mineur, B.7, complété en juin 1861) jusqu'au début de novembre 1873. Et la même quantité de musique devait être produite en seulement quatre années, celles qui suivirent son mariage (3). La pondération des œuvres en fonction de la taille des forces nécessaires aux représentations placerait une partie encore plus grande de la production de Dvořák dans cette période, où il aborda plus que d'habitude les œuvres pour orchestre ou (dans la plupart des cas) voix et orchestre. Par exemple, pendant les quatre premières années de son mariage il composa deux de ses neuf symphonies (N. 4 et 5), l'une de ses plus grandes œuvres pour chœur, solistes et orchestre (le Stabat Mater) et plus particulièrement quatre de ses onze opéras – en comptant, comme il se doit, le deuxième comme un opéra à part entière. Il s'agit en effet d'une mise en musique originale, possédant le numéro de catalogue B. 42, du livret d'opéra Král a Uhlíř (Le roi et le charbonnier), et non une version révisée de la première œuvre du même titre, B.21 de 1871 (4). 

Cette deuxième écriture du Roi et le Charbonnier, réalisée vers le début de la période étudiée (1874), constitue une étape décisive dans le développement de la maturité du style de Dvořák : c’est la première oeuvre qu’il écrit du début à la fin plus ou moins dans le style 'Dvorák' que nous connaissons à partir de sa production plus tardive. Elle marque également, et ce n'est pas une coïncidence, une nouvelle étape décisive dans sa carrière : c'est sa première oeuvre scénique à être représentée (à la fin de 1874) et sa première oeuvre majeure à être jouée plusieurs fois dans un court laps de temps. Aujourd'hui cette page a totalement disparu du répertoire de l'opéra, et d'une façon générale les oeuvres de cette période sont moins connues que celles de ses dernières années. Cependant, on compte parmi elles plusieurs de ses meilleures pièces justement populaires comme la Sérénade pour cordes, les Duos moraves et le monumental Stabat Mater. (5)

Il est surtout remarquable que Dvořák se soit mis à écrire tant de musique, généralement de très haute qualité, pendant une période où son nouvel emploi d'organiste occupait son temps. Pendant trois années, du 15 février 1874 au 15 février 1877, il se rendait chaque jour à l'église de Saint Vojtěch (Saint Adalbert) (6) pour jouer de l'orgue (7). Depuis son départ de l'orchestre du théâtre en 1871, il n'avait eu aucun emploi régulier (pour ce que nous savons) et se contentait des revenus de l'enseignement privé. Il a sans doute accepté ce nouveau poste en perspective de son mariage avec Anna Čermáková et pour l'enfant qu'elle attendait (il devait naître le 4 avril 1874). Mais le salaire, misérable, ne s'élevait qu'à environ un quart de ce qu'il gagnait auparavant dans l'orchestre. (8). Plus tard, Josef Suk a rapporté qu'après son mariage, Dvořák était dans une situation financière si désespérée pendant les mois d'été – période sans leçons privées – qu'il envisagea même de voler des petits pains à l'étalage pour nourrir sa famille. (9) Une aide majeure arriva en février 1875 avec la première des cinq subventions annuelles pour artistes pauvres mais doués que Dvořák reçut du gouvernement autrichien. Le montant de chacune de ses aides avoisinait le quadruple de son salaire annuel d'organiste. (10) En dépit de cet événement la situation financière de la famille Dvořák restait précaire. La situation ne s'améliora finalement qu'après 1877, quand les œuvres de Dvořák ont commencé à être publiées en Allemagne. (11)

Malheureusement, les premières années du mariage de Dvořák n'ont pas été difficiles que sur le seul plan financier : le premier des trois enfants du couple, nés du 8 avril 1874 au 18 septembre 1876, décède le 8 septembre 1877. (12) Malgré tout, il existe des preuves abondantes (bien que plus tardives de plusieurs années) que Dvořák était très heureux dans son union avec Anna. On est enclin à penser que sa nouvelle fécondité a été favorisée par la nouvelle stabilité de sa vie conjugale, et que - malgré le malheur de la perte d’enfants en bas âge – le mariage lui convenait, et surtout le mariage avec Anna Čermáková. (13)

Les quatre premières années du mariage de Dvořák forment donc un épisode remarquable dans sa vie et un épisode encore plus remarquable dans sa carrière de compositeur. Assurément, il serait intéressant d'en savoir davantage sur cet environnement où il vécut et composa. Cependant, comme c'était le cas pour les années antérieures de sa vie, ses biographes ont consacré très peu d'attention à cette question et, comme nous le verrons, ce qui a été dit est souvent erroné. Sans aucun doute l'une des raisons à cela est la rareté de la documentation relative à cette période - par exemple, nous ne possédons qu'une poignée de lettres qu'il a alors reçues ou envoyées. Néanmoins, un examen attentif et contradictoire des éléments que nous avons pu rassembler nous permet de tirer quelques enseignements.

Notes

Toutes les notes sont de l'auteur.

(1) Cette étude exploite diverses recherches et collectes de données réalisées au fil de plusieurs années de travail, dans le but principal de présenter un livre complet sur la vie et la musique de Dvořák. Cet ouvrage devrait être publié par Bärenreiter Verlag à Kassel, avec le soutien du National Endowment for the Humanities (des Etats-Unis), de la Fondation Tchèque pour la Science, de Bärenreiter Verlag, de l'Académie des sciences de la République tchèque, et de la Dvořák Society for Czech and Slovak Music (de Grande-Bretagne). Je suis également redevable à d'innombrables amis, collègues et archivistes, et je ne peux qu'espérer me souvenir des plus importants d'entre eux en citant Tomáš Adámek, Mr. and Mrs. Jiří Bednář, Jana Brantová, Zlatuše Brátková, David Brodbeck, Jan Dehner, Jaroslava Dobrinčićová, Jarmila Gabrielová, Markéta Hallová, Michael Horton, Luděk Kasal, Jana Konvičná, Milan Kuna, Martin Markuzi, Graham Melville-Mason, Vladimír Molík, Irena Mrázková, Božena Musilová, Olga Nováková, Radmila Novozámská, Peter Poltun, Shawn Pullman, Miloslav Richter, Markéta Rodová, Klára Sládková, Hana Svatošov.

(2) ‘Places of Residence of the Young Antonín Dvořák and His Parents, 1841-1860: LittleKnown Facts, New Facts, and New Conclusions,’ cette revue, vol.23 (2003-4), pp.51-161. ‘Dvořák’s Abodes and Travels during his Bachelor Years, 1860-73: Physical and Human Environments for his First Major Outpouring of Works,’ cette revue, vol.24 (2005-6), pp.65- 159.

(3) Durée d'exécution des œuvres d'après les enregistrements, complétée par mon estimation de la durée d'œuvres ou d'extraits d'œuvres qui n'ont pas été enregistrés. La comparaison de la fécondité du compositeur est rendue difficile par la question des pages qui n'ont pas été conservées : nous savons que beaucoup d’œuvres écrites avant le mariage de Dvořák ont été perdues, surtout parce qu'il les a détruites. En revanche il semble que tout ce qu'il a composé d'importance à partir de cette date ait survécu. Cf. vol.24 de cette revue, p.66, note 4 et p.67. Mais pour avoir pu composer selon le même rendement durant la première période que pendant les quatre premières années de son mariage, Dvořák aurait dû écrire deux fois plus de musique perdue que de musique préservée, et il y a très peu de chance que ce soit le cas.

Si nous classons les années civiles de toute la carrière de Dvořák par ordre décroissant de quantité de musique composée, parmi celle qui a été préservée, les quatre premières places sont toutes occupées précisément par les années que nous abordons maintenant : d'abord l'année 1875 (336 minutes de musique), puis 1874 (312 minutes), en troisième place 1876 (252 minutes), et enfin 1877 (232 minutes).

Il est certain, ou quasi-certain, que les œuvres écrites entre le mariage de Dvořák le 17 novembre 1873 et son déménagement à la rue Žitná, fin 1877, sont des œuvres numérotées de 41 à 66 dans le catalogue Burghauser, à deux exceptions près. (Voir Jarmil Burghauser, Antonín Dvořák Thematic Catalogue, 1e éd. Prague, 1960; 2e éd. révisée et enrichie, Prague, Bärenreiter Editio Supraphon, 1996.) Les exceptions sont B.47-48 (Nocturne en si majeur dans divers arrangements), qui est la simple adaptation d'un mouvement du Quatuor à cordes de jeunesse en mi mineur / si majeur, B.19 (la date de cet arrangement reste incertaine), et les six premiers numéros de B.61 (Chants du soir), qui, d'après ce que j'ai pu déduire, ont probablement été composés plus tôt.

L'on trouve aussi au début cette période, du moins en partie, le premier des deux Quatuors à cordes en la mineur, B. 40, dans sa version originale. La Romance pour violon avec accompagnement d'orchestre ou de piano, B.38-39, peut avoir été composée pendant cette période aussi, vraisemblablement pendant les premières semaines qui suivent le mariage de Dvořák. (Voir la note 22.)

Il y a un certain nombre d’œuvres réalisées à vers la fin de cette période dont la datation est incertaine et / ou tombe au moins partiellement dans la « zone grise » temporelle (8 septembre - 3 décembre 1877) au cours de laquelle Dvořák a déménagé à la rue Žitná, mais qui étaient probablement ou certainement composées, au moins pour la plupart, avant le transfert. Ce sont B.67 (l'opéra Šelmá sedlák), B.69 (Duos moraves publiés sous le numéro d'opus 38 - pas les plus célèbres, B.60 et B.62, qui datent de 1876), B.70 (Variations symphoniques) et B.71 (Stabat Mater).

Concernant le Stabat Mater, sept de ses dix mouvements ont été composés en 1876 avec accompagnement de piano. Voir Markéta Hallová, "Zum Brünner Autograph Dvořáks Kantate Stabat Mater", dans The Work of Antonín Dvořák (1841-1904): Aspects of Composition – Problems of Editing – Reception (documents d'une conférence tenue à Prague en septembre 2004), éd. Jarmila Gabrielová et Jan Kachlík (Prague: Institut d'ethnologie de l'Académie des sciences de la République tchèque, 2007), pp.237-46. Dvořák orchestra ces sept mouvements et en composa trois autres directement avec orchestre en octobre-novembre 1877, c'est-à-dire lors de notre « zone grise » temporelle.

Le Quatuor à cordes en ré mineur, B. 75, fut achevé le 18 décembre 1877, alors que Dvořák s'était établi rue Žitná, mais nous ne savons pas quand et combien de temps il travailla sur cette oeuvre. Le numéro d'opus 34 la situerait fin 1876, mais il est difficile de se fier à ce repère.

Nous pouvons affirmer que la seule oeuvre que Dvořák écrivit pendant ses quatre premières années de mariage ailleurs que dans ses deux principaux lieux de présence de cette période (Na Florenci et Na Rybníčku) est le court Ave Maria pour voix et orgue, B. 68, que l'on estima écrit à Sychrov comme nous allons le voir.

(4) Au sujet de la traduction anglaise du titre de ce livret voir le volume 24 de cette revue, p. 88, note 45. Les autres opéras des quatre premières années du mariage de Dvořák sont Tvdré palice (Les têtes dures), B. 46 ; Vanda, B. 55 ; et Šelmá sedlák (le Paysan rusé), B. 67.

(5) Nous pourrions noter qu’alors qu’un très petit nombre d'œuvres de Dvořák écrites avant cette période ont été publiées au cours de sa vie, ou ont été jouées plus d'une fois (le cas échéant) avant sa mort, en revanche presque toutes les œuvres à partir de la seconde version du Roi et le charbonnier ont rencontré le succès – souvent après un petit laps de temps.

(6) Les documents relatifs à ce poste ont été publiés par Otakar Šourek. Voir la note 16.

(7) J. B. Foerster, Poutník (A Pilgrim), Prague 1942 (première publication en 1929), p.130:
[...] povinností jeho bylo hráti denně, a to všedního dne o šesté hodině ranní tichou mšisvatou, v neděli a ve svátek v šest, v devět a v jedenáct hodin, odpoledne pak ve tři, tedytakřka po celý den [...]. 
[...] Ses obligations étaient de jouer chaque jour, les jours ordinaires une messe basse à six heures du matin, les dimanches et les jours de fêtes à six heures, neuf heures et onze heure du matin, l'après-midi à trois heures, en fait presque toute la journée [...].
(8) Voir mon livre à venir.

(9) Discours de Josef Suk Nad hrobem Ant. Dvořáka, écrit en 1935, tel qu'imprimé dans Živá slova Josefa Suka, éd. J. M. Květ (Prague: Topičova edice, 1946), p. 44 :
Sám se mi jednou svěřil takto: „Byl jsem již ženat a po prázdninách úplně na mizině,privátních hodin jsem nedostal –– zdálo se mi někdy, abych vztáhl ruku po vystavených houskách, abychom měli něco do žaludku.”
Il m'a dit lui-même un jour : " J'étais déjà marié et après les vacances complètement fauché. Je n'avais pas réussi à donner des cours particuliers –– il m'a semblé parfois que je devrais mettre la main sur des petits pains pour que nous ayons quelque chose à nous mettre sous la dent.
(10) Voir Milan Kuna et al., eds., Antonín Dvořák: Correspondence and Documents – a Critical Edition, 10 vols., Prague, 1987-2004 (« ADCD » dans la suite de cet article), ici vol.9 (2004), pp. 159ff.

(11) Voir mon livre à venir.

(12) Le premier à naître fut Otokar [sic], le 8 avril 1874, relativement peu de temps (peut-être trop tôt) après le déménagement du couple à leur premier appartement indépendant sur la rue Na Rybníčku. Il fut aussi le dernier de ces trois enfants à périr, le 8 septembre 1877. Voir le registre de sa naissance et de son baptême, puis de sa mort de la variole, transcrit dans ADCD (Op. Cit., note 10) Vol.9 (2004), pp.70-71 et 76-78. L'adresse de sa naissance et de sa mort est notée comme 1364 / II (correspondant à l'époque à Číslo orientační 14 (numérotation selon le nouveau système) dans la rue Na Rybníčku - voir ci-dessous dans notre texte principal). Qu'il soit mort à cette adresse est également confirmé par une annotation dans le registre de sa naissance et du baptême. (Plus tard, en 1885, Anna a donné naissance à un fils Otakar [sic] qui a vécu jusqu'en 1961 et a écrit d'inestimables témoignages sur le compositeur.)

Les autres enfants dont les naissances et décès sont survenus au cours de cette période, tous à la même adresse, étaient les filles Josefa, née le 19 septembre 1875 et morte seulement deux jours plus tard de « Fragilité innée » (« vrozená slabost ») - voir ADCD Vol.9 (2004), pp.71-73 - et Růžena, née le 18 septembre 1876, décédée le 13 août 1877 (date de naissance par ADCD Vol.9 (2004), pp.75-76, jour des décès par Otakar Šourek dans Život un dílo Antonína Dvořáka, vol.1, 3e éd. (Prague, Státní nakladatelství krásné literatury, hudby un umění, 1954), p.267, par empoisonnement accidentel – 'v nestřežené chvilce napila roztoku fosforu (podle záznamu v úmrtní matrice "nahodile otrávená ")». Les auteurs de ADCD n'ont pas pu trouver le registre officiel du décès de Růžena, qu'avait sans aucun doute consulté Šourek.

(13) Le chapitre 3 de mon livre Zdenka a Josef Hlávkovi – Anna a Antonín Dvořákovi: Přátelství dvou manželských párů a jeho plody v českém a světovém umění (Zdenka and Josef Hlávka – Anna and Antonín Dvořák: A Friendship of Two Married Couples and Its Fruits in Czech and International Art), Prague, Národohospodářský ústav Josefa Hlávky, 2013, est consacré à Anna Dvořáková avant et après son mariage avec le compositeur, et à la nature de ce mariage.



Traduction Alain Chotil-Fani, merci à Eric Baude pour son aide en langue tchèque.




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