Dvořák dans les archives russes
La recherche, dans le fouillis du web, d'hypothétiques versions de la Symphonie du Nouveau Monde m'a révélé l'existence de quelques archives intéressantes de la vieille TV soviétique. Souvent de qualité précaire, parfois présentant des artistes inconnus, cette moisson témoigne d'une époque où, en dépit des pesanteurs totalitaires, les interprètes s'efforçaient de servir la musique.
Le grand chef Guennadi Rojdestvenski a gravé dans les années 1970 une remarquable version de la Symphonie du Nouveau Monde. Il est difficile de savoir si en réalité il n'existe pas plusieurs versions par ce chef : la dénomination élastique des orchestres et les imprécisions sur les dates ne permettent pas de se prononcer avec certitude. Toujours est-il qu'une vidéo de 1973 montre Rojdestvenski évoquer l'histoire de l'oeuvre à ses musiciens de l'Orchestre Symphonique de la Radio-Télévision d'URSS, avant de diriger cette 9e Symphonie.
http://www.videofan.in.ua/online/dvorzhak-antonin-chert-i-kacha-permskij-akademicheskij-teatr-operi-i-baleta-sssr-1971/170799936-53943142/
Attention, le site qui héberge la vidéo est capricieux : il faut insister et, si besoin, revenir plus tard.
Autres liens :
http://youtu.be/jJ9GbTXVX8g
http://www.videofan.in.ua/online/antonin-dvorzhak-simfonija--9-e-moll-z-novogo-sveta-gennadij-rozhdestvenskij/169977782-9401135/
L'on pourra comparer cette version à deux autres archives historiques russes, hélas sans l'image : l'interprétation de Nathan Rachlin qui s'applique à faire sonner les cuivres de l'Orchestre Symphonique de la Radio-Télévision d'URSS en 1952 (http://youtu.be/ipUGuEahMfY)
On sait combien Mstislav Rostropovich admirait Antonín Dvořák. Il a dirigé ses grandes symphonies et surtout joué d'innombrables fois le Concerto pour violoncelle op. 104 en si mineur. On le trouve en 1967 aux côtés de Guennadi Rojdestvenski et du "State academic Symphony Orchestra".
Une autre archive de cette année 1967 présente les même interprètes (le Concerto de Dvořák commence à la minute 21) : http://rutube.ru/video/19712e8f0ba09ee80a207ad2f9e17be7/
Un an plus tard, Rostropovich joue ce Concerto à Londres. C'était le 21 août 1968, jour marqué par l'invasion soviétique de la Bohême. L'histoire dit que "Rostro" joua en pleurant. A l'issue de ce concert, dirigé par Ievgueni Svetlanov, le violoncelliste décida de fuir la tyrannie pour rejoindre le monde libre. Ce témoignage est aussi disponible en ligne, hélas sans l'image. On notera le tumulte du public avant le début de l'oeuvre et l'exceptionnelle ovation qui salua le soliste - et, sans aucun doute, les Tchèques dans la tourmente.
Daniil Shafran comptait lui aussi parmi les plus grands violoncellistes. Et lui aussi honora avec constance l'oeuvre de Dvořák. Il est le soliste du Concerto en 1973, à l'occasion d'un récital du "State academic Symphony Orchestra" de Moscou dirigé par le Tchèque Zdeněk Košler.
Sept années plus tard - entre-temps, la télé soviétique s'est mise à la couleur - même soliste et même oeuvre, avec l'orchestre Symphonique de Moscou dirigé par le jeune Mariss Jansons, déjà excellent interprète du compositeur tchèque. Il l'est encore aujourd'hui.
J'ai été surpris de trouver en ligne l'un des derniers opéras de Dvořák, Čert a Káča (Le diable et Catherine), op.112 (B.201), filmé en 1971 à l'Opéra de Perm. C'est en noir et blanc et chanté en russe, mais la mise en scène et les costumes traditionnels la rendent malgré tout attachante. On est loin des délires contemporains qui ont rendu, hélas, les productions modernes affligeantes à force de sous-entendus et de nombrilisme. La bonne humeur de cette production rend pleinement justice à cette page pleine de bonhomie et de mélodies mémorables. Claudia Kudryasheva est Catherine (Káča), Valentin Bogdanov tient le rôle du diable Marbuel, l'Orchestre de l'Opéra de Perm est dirigé par Boris Afanasyev. Cette rareté est ici :http://youtu.be/jJ9GbTXVX8g
http://www.videofan.in.ua/online/antonin-dvorzhak-simfonija--9-e-moll-z-novogo-sveta-gennadij-rozhdestvenskij/169977782-9401135/
L'on pourra comparer cette version à deux autres archives historiques russes, hélas sans l'image : l'interprétation de Nathan Rachlin qui s'applique à faire sonner les cuivres de l'Orchestre Symphonique de la Radio-Télévision d'URSS en 1952 (http://youtu.be/ipUGuEahMfY)
... et celle pleine de fulgurances de Kirill Kondrashin avec la Philharmonie de Moscou en 1974 (http://youtu.be/mVrp9e0YmZU)
On sait combien Mstislav Rostropovich admirait Antonín Dvořák. Il a dirigé ses grandes symphonies et surtout joué d'innombrables fois le Concerto pour violoncelle op. 104 en si mineur. On le trouve en 1967 aux côtés de Guennadi Rojdestvenski et du "State academic Symphony Orchestra".
Une autre archive de cette année 1967 présente les même interprètes (le Concerto de Dvořák commence à la minute 21) : http://rutube.ru/video/19712e8f0ba09ee80a207ad2f9e17be7/
Un an plus tard, Rostropovich joue ce Concerto à Londres. C'était le 21 août 1968, jour marqué par l'invasion soviétique de la Bohême. L'histoire dit que "Rostro" joua en pleurant. A l'issue de ce concert, dirigé par Ievgueni Svetlanov, le violoncelliste décida de fuir la tyrannie pour rejoindre le monde libre. Ce témoignage est aussi disponible en ligne, hélas sans l'image. On notera le tumulte du public avant le début de l'oeuvre et l'exceptionnelle ovation qui salua le soliste - et, sans aucun doute, les Tchèques dans la tourmente.
Daniil Shafran comptait lui aussi parmi les plus grands violoncellistes. Et lui aussi honora avec constance l'oeuvre de Dvořák. Il est le soliste du Concerto en 1973, à l'occasion d'un récital du "State academic Symphony Orchestra" de Moscou dirigé par le Tchèque Zdeněk Košler.
Sept années plus tard - entre-temps, la télé soviétique s'est mise à la couleur - même soliste et même oeuvre, avec l'orchestre Symphonique de Moscou dirigé par le jeune Mariss Jansons, déjà excellent interprète du compositeur tchèque. Il l'est encore aujourd'hui.
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| Čert a Káča (Le diable et Catherine, The Devil and Kate) |
http://www.videofan.in.ua/online/dvorzhak-antonin-chert-i-kacha-permskij-akademicheskij-teatr-operi-i-baleta-sssr-1971/170799936-53943142/
Attention, le site qui héberge la vidéo est capricieux : il faut insister et, si besoin, revenir plus tard.
Ceux qui préfèrent la musique de chambre trouveront ci-dessous le film d'une interprétation célèbre du 2e Quintette avec piano en la majeur Op.81. C'était le 31 décembre 1982, et la grande salle du Conservatoire de Moscou accueillait Sviatoslav Richter et le Quatuor Borodine pour l'une des plus belles pages du Romantisme.
Dix années auparavant, David Oistrakh mettait sa virtuosité hors pair au service du Mazurek en mi mineur, que Dvořák composa pour Pablo de Sarasate :
On écoute avec plaisir, en dépit d'un son médiocre, ce même violoniste dans la 2e Danse slave de l'opus 72 (date d'enregistrement non spécifiée) :
Igor Politkovski était un autre représentant de l'Ecole russe du violon. Il honore avec lyrisme et une infinie tendresse la plus célèbre des Chansons tziganes : Quand ma vieille mère me chantait...
Retour en Bohême pour terminer ce tour d'horizon. Le 2 juin 1966, Sviatoslav Richter jouait le Concerto pour piano op. 33, page qu'il défendit toute sa vie. L'orchestre du Symphonique de Prague (FOK) était dirigé par son chef historique Václav Smetáček.
Dix années auparavant, David Oistrakh mettait sa virtuosité hors pair au service du Mazurek en mi mineur, que Dvořák composa pour Pablo de Sarasate :
On écoute avec plaisir, en dépit d'un son médiocre, ce même violoniste dans la 2e Danse slave de l'opus 72 (date d'enregistrement non spécifiée) :
Igor Politkovski était un autre représentant de l'Ecole russe du violon. Il honore avec lyrisme et une infinie tendresse la plus célèbre des Chansons tziganes : Quand ma vieille mère me chantait...
Retour en Bohême pour terminer ce tour d'horizon. Le 2 juin 1966, Sviatoslav Richter jouait le Concerto pour piano op. 33, page qu'il défendit toute sa vie. L'orchestre du Symphonique de Prague (FOK) était dirigé par son chef historique Václav Smetáček.

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