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3 décembre 2013

L'Ecole de cor tchèque (4)

L'Ecole de cor tchèque (4)

L’Ecole tchèque aujourd’hui

Les principaux cornistes actuels ont été formés par les frères Tylšar. Parmi les élèves de Zdeněk Tylšar, il y a notamment Jindřich Kolář (1959) qui, après avoir été soliste du Théâtre national de 1987 à 1999, incorpora le pupitre de la Philharmonie Tchèque. Citons enfin Petr Herných (1963) : après des études à Pardubice puis à Prague, ce dernier est devenu soliste de l’Orchestre Symphonique de Prague en 1987. 


Petr Herných

L’élève le plus connu de Bedřich Tylšar est Radek Baborak : né en 1976, il débute le cor à l’âge de 8 ans et remporte précocement plusieurs compétitions nationales. Il est lauréat de nombreux concours internationaux (Prague, Genève, Munich, Maneukirchen…) tout en étant cor solo dans diverses formations en République tchèque puis en Allemagne. De 2003 à 2009, il partage le poste de cor solo à la Philharmonie de Berlin avec Stephan Dohr. Radek Baborak se consacre désormais à une carrière de soliste et de musicien de chambre.
Avec toutes les nuances qu’apportent leurs personnalités respectives, les jeux de Kolař, Hernych, Baborak 
et de nombreux autres cornistes tchèques contemporains s’inscrivent pleinement dans la tradition tchèque telle qu’on la conçoit généralement. 

Notre survol de l’Ecole tchèque serait toutefois incomplet s’il n’était fait mention ici d’une tendance apparue ces toutes dernières années illustrée notamment par Ondřej Vrabec (1979). Après avoir fait des études de cor (avec Bedřich Tylšar) et de direction d’orchestre, cet interprète entre comme soliste à la Philharmonie Tchèque dès 1999. Ondřej Vrabec se distingue non seulement par la précocité de sa carrière, mais aussi par une spécificité bien particulière de son jeu : il est l’un des premiers cornistes tchèques à jouer avec peu de vibrato, voire même sans selon le répertoire. Ceci est particulièrement évident à l’écoute de ses enregistrements récents d’œuvres d’Andrew Downes. Par ailleurs, Ondřej Vrabec a assuré la création, en octobre 2012, d’un « Concerto pour cor et orchestre » écrit par ce même compositeur.

Ondřej Vrabec

Actuellement, l’autre soliste de la Philharmonie Tchèque est Jan Vorobil ; ce dernier étudie à Brno et à Prague avec Zdeňek Tylšar, puis est membre de l’Orchestre des Jeunes Gustav Mahler en 1991. Après avoir occupé divers postes à Brno et à Prague, il incorpore la Philharmonie Tchèque à la fin des années 90 puis en devient cor solo en 2004. Il n’existe pas encore d’enregistrements permettant d’entendre clairement Jan Vorobil, mais plusieurs vidéos sur internet (voir les références ci-dessous) tendent à montrer que son jeu est proche de celui de Vrabec.

La toute nouvelle génération est représentée par deux cornistes qui ont remporté les dernières compétitions 
internationales de Munich et de Prague. Přemysl Vojta, né à Brno en 1983, débute le cor à l’âge de 10 ans et travaille avec Bedřich Tylšar au Conservatoire de Prague de 1998 à 2004. Il part ensuite en Allemagne pour étudier avec Christian Dallmann à l’Université des Arts de Berlin (Universität der Künste Berlin). Membre de l’Orchestre des Jeunes de la Communauté Européenne et de l’Orchestre des Jeunes Gustav Mahler, Přemysl Vojta joue aussi dans diverses formation comme la Philharmonie Tchèque et l’Orchestre Philharmonique de Prague. De 2008 à 2009, il est académiste à l’Orchestre de la Staatskapelle de Dresde et, depuis 2009, occupe le poste de cor solo du Konzerthausorchester Berlin. Une vidéo disponible sur internet permet de le voir jouer le Concerto n° 2 de Richard Strauss lors du concours de l’A.R.D. qu’il remporte en 2010. On peut aussi l’entendre aux cotés d’Ondřej Vrabec dans une version en concert du « Concerto pour deux cors n°5 » de Rosetti. Même si, comme pour Jan Vorobil, le jeu de Přemysl Vojta ne présente que rarement les caractéristiques lyriques généralement associées à l’école tchèque, on en retrouve cependant des atavismes dans certains mouvements lents de son disque sorti récemment (French horn in Prague, Přemysl Vojta, cor, Tomoko Sawano, piano, SU 4125-2, Supraphon, 2013). 

Přemysl Vojta

Afin de clore le survol de cette riche tradition instrumentale, il faut citer Kateřina Javůrková ; après avoir étudié le cor avec Bedřich Tylšar au Conservatoire de Prague de 2006 à 2012, elle est actuellement l’élève de Radek Baborak et de Zdeňek Divoký à l’Académie des Arts Musicaux de Prague. Elle a déjà remporté 
plusieurs prix internationaux dont celui du Concours de Prague en mai 2013. Depuis 2009, elle est membre de l’excellente Philharmonie de chambre de Prague. La video de la finale du Concours de Prague 2013 permet de prendre toute la mesure de son talent qui s’exprime dans une sonorité chantante et un jeu très virtuose.

Kateřina Javůrková

Depuis de nombreuses décennies, les cornistes tchèques se sont distingués par un haut niveau technique et un style très spécifique. Cette tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours, mais de nouvelles tendances sont apparues récemment comme l’adoption d’un jeu plus neutre chez certains cornistes ; de même qu’en France il y a une trentaine d’années ou en Russie de nos jours, la question de savoir si cette particularité demeurera le fait de démarches personnelles ou si elle est le signe d’un changement plus radical reste ouverte…

Remerciements à Ondřej Vrabec, Jan Machat (flûtiste de la Philharmonie Tchèque) pour les nombreuses informations transmises, et Eva Floreková pour ses traductions. 

Je remercie aussi chaleureusement Pierrette Azaïs-Blanc, Aurore Pingard, Amandine Belot et Matthieu Arnaud pour leurs relectures avisées.

Vincent Andrieux

SOURCES

Livres

  • AHRENS, Christian, Valved Brass. The History of an Invention, Hillsdale (New York), Pendragon Press, 2008, 135 p. 
  • BAINES, Anthony, Brass Instruments. Their History and Development, Londres, Faber and Faber, 1976, 302 p.
  • BROWN, Clive, Classical and Romantic Performing Practice 1750-1900, New York, Oxford University Press, 662 p. 
  • FITZPATRICK, Horace, The Horn and Horn Playing and the Austro-Bohemian Tradition from 1680 to 1830, Londres, Oxford University Press, 1970, 256 p.
  • GREGORY, Robin, The Horn. A Guide to the Modern Instrument, Londres, Oxford University Press, 1961, 250 p.
  • HUMPHRIES, John, The Early Horn. A Practical Guide, Londres, Cambridge University Press, 2000, 138 p.
  • JANETZKY, Kurt et BRÜCHLE, Bernhard, Le Cor, Lausanne, Payot, 1977, 112 p.
  • PIZKA, Hans, Hornisten-Lexikon. Dictionnary for Hornists, Munich, Hans Pizka Edition, 1986, 544 p.
  • WHITWELL, David, « The Longy Club : 1900-1917. An Early Wind Ensemble in Boston », U.S.A., Craig Dabelstein, seconde édition, 2011, 228 p. 

Articles


  • DIVOKÝ, Zdeňek, « Czech Republic ’93 : Hornlife Now », The Horn Call, vol. XIV n. 2, 1994/2, p. 45.
  • DIVOKÝ, Zdeňek, « Second Horn Class International in the Czech Republic », The Horn Call, vol. XIV n. 2, 1994/2, p. 45-47.
  • DIVOKÝ, Zdeňek, « Czech Hornist Miroslav Štefek (1916-1969) », The Horn Call, vol. XXV n. 2, 1995/2, p. 47-49.
  • KLANSKÁ BOUCHALOVÁ, Vladimira, « Report from Czechoslovakia », The Horn Call, vol. XXI n. 1, 1990/10, p. 35.
  • LELOIR, Edmond, « Une rencontre insolite à Prague», La revue du corniste, XV, 1981/11, p. 15.
  • LELOIR, Edmond, « Emanuel Kaucky (1904-1953) », La revue du corniste, XVIII, 1986/10, p. 2-5.
  • MAC KEE William, « Teachers of Another Era », The Horn Call, vol. XXIII n. 2, 1993/4, p. 27-30.
  • MACHALA, Kazimierz, « Frantisek Solc’s Contribution to the Tradition of Hornplaying in Czechoslovakia », The Horn Call, vol. XXII n. 1, p. 26-27.
  • MATHEZ, Jean-Pierre, « Les cuivres en Tchécoslovaquie », Brass Bulletin, XXXVIII, 1982, p. 45.
  • MATHEZ, Jean-Pierre, « Zdenek Tylsar ; un grand virtuose du cor tchèque », Brass Bulletin, LXXXIII, 1993/3, p. 14-17.

Internet (sites consultés le 24/09/2013)


Souvenirs et anecdotes sur Miroslav Štefek et Zdeňek Tylšar. 

 Site en langue tchèque consacré au cor.

Site américain contenant de nombreuses informations sur Josef Suttner et Josef Franzl.

 Site recelant l’historique du Nonette Tchèque.

 Site permettant d’entendre Josef Hobik interpréter l’Adagio et Allegro de Schumann.

 Interprétation de la « Danse slave n° 9 » de Dvořák par la Philharmonie Tchèque (1955). 

Extrait permettant de voir František Langweil (0’38 sec.), soliste de l’Orchestre Symphonique de Prague (live de 2003).

Enregistrement du « Concerto pour cor et orchestre en fa mineur » de Kiel par Radek Baborak lors du Concours de l’A.R.D. de Munich de 1994.

Extrait d’un octuor de cors d’Andrew Jones par le pupitre de la Philharmonie Tchèque (enregistré en 1998) : Radek Baborak, Stanislas Suchánek, Tomas Secký, Jindřich Kolař, Zdeňek Divoký, Jan Vorobil, Jindřich Petraš, Jiří Havlík. 

Extrait d’un octuor pour cors et tuben par le pupitre de la Philharmonie Tchèque (enregistré en 2007) : Jan 
Voboril, Stanislav Suchanek, Jindřich Kolař, Petra Cermaková, Ondřej Vrabec, Zdeňek Divoký Petra Duda, Jiři Havlik.

Version du « Konzertstück » de Schumann avec Radek Baborak, Jan Vorobil, Jan Musík et Jan Vitek (concert live du 23/02/2010).

 Site d’Ondřej Vrabec sur lequel on peut écouter divers enregistrements live.

 « Concerto n° 2 » de Richard Strauss interprété par Přemysl Vojta lors du concours de l’A.R.D de Munich (2010).

« Concerto n° 5 pour deux cors » en mi bémol majeur de Rosetti interprété par Přemysl Vojta et Ondřej Vrabec (concert live de 2010).

Finale du concours de Prague 2013 permettant d’entendre notamment Kateřina Javůrková.

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