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2 août 2017

Le Quatuor Calvet et la musique tchèque

Le Quatuor Calvet et la musique tchèque

Fondé en 1919, ce n'est qu'en 1926 que j'ai retrouvé les premières traces de l’activité du Quatuor Calvet. A l’origine, le violoniste Joseph Calvet avait regroupé autour de lui  Georges Mignot second violon, Léon Pascal à l’alto et Paul Mas au violoncelle. En 1928, le violoniste Daniel Guilevitch (1) rejoignit l’ensemble qui resta constitué ainsi jusqu’en 1940. Pourquoi s’intéresser à ce Quatuor ? Dans les années qui suivirent la fin de la première guerre, la musique de Janáček effectua quelques incursions en France d’abord par l’intermédiaire d’interprètes de son pays, ensuite relayés par quelques musiciens français, bien rares cependant. Dans l’Hexagone, Janáček n’était perçu uniquement comme un des représentants de l’école tchèque. On ignorait totalement son génie particulier. C’est donc dans un esprit de curiosité envers cet ensemble ethnique de personnalités musicales de l’Europe centrale qu’on le découvrit peu à peu. Le Quatuor Calvet y contribua à sa manière. 

Dans les années 1920, on comptait d’assez nombreuses formations de quatuors à cordes ; sans pouvoir les énumérer toutes, on peut citer les Quatuors Bastide, Vandelle, Crinière, Carembat, Loiseau, Poulet, Touche, Krettly. Les membres du Quatuor Calvet évoluèrent dans ce milieu assez fourni d’ensembles d’instruments à cordes. Dans un premier temps, il fut d’abord concurrent du fameux Quatuor Capet ; à la dissolution de ce dernier en 1928, le Quatuor Calvet s’imposa dans le monde de la musique de chambre comme un représentant français éminent de cette catégorie musicale. C’est tout d’abord par l’intermédiaire du quatuor de Debussy que les quatre instrumentistes s’affirmèrent. Dès 1926 à la Société Nationale, on retint «la sensibilité et la grâce (2)» de leur jeu. Six ans plus tard, à Alger, ils arrachèrent des superlatifs à la rédactrice de L’Echo d’Alger «Le plus beau moment marqué à l’actif du quatuor Calvet fut, évidemment, l’interprétation du quatuor de Debussy. Avec quelle ardeur vibrante et quel sincère accent, furent dessinées les arabesques favorites de la fête debussyste […] les auditeurs ont manifesté en une manière d’ovation adressée à l’œuvre triomphante et aux interprètes qui l’avaient fait triompher(3)». Le seul bémol vint d’un journaliste concernant l’enregistrement «auquel on ne fera qu’un reproche général, celui de manquer parfois d’accent, d’intensité (4)». Les musiciens s’investirent dans des œuvres pour leurs quatre instruments de Haydn, Beethoven, Brahms, Ravel et Mozart. Ils abordèrent aussi très vite les ouvrages de Schumann, Fauré, d’Indy, Schubert, Roussel, Ropartz, Delannoy. Les Calvet panachaient assez volontiers les compositeurs incontournables ou reconnus comme tels dans le monde du quatuor (Haydn, Mozart, Beethoven et même Debussy et Ravel qui avaient acquis leurs lettres de noblesse) avec quelques ouvrages plus difficilement recevables, situés dans des courants musicaux différents (Roussel, Ropartz, Delannoy). Par leur pratique, on ne pouvait pas les proclamer propagateurs de la musique de leurs contemporains et pourtant ils y participèrent épisodiquement (ils mirent leur talent au service de compositions de Victor Vreuls, Arthur Bliss, Swan Hennessy, Ermend Bonnal, Henri Rabaud et Louis Fourestier pour ne citer que quelques autres de leurs contemporains). Néanmoins, ils ne s’engagèrent jamais dans l’interprétation de la musique des figures marquantes de la musique de leur temps, Schœnberg et ses élèves Berg et Webern, Stravinsky, Bartók et des principaux représentants de la jeune musique française (Groupe des Six et Jeune France) même de façon occasionnelle, semble-t-il. Cependant, un de leurs hauts faits intervint lorsque la formation se lança dans l’intégrale des 17 quatuors de Beethoven à la salle Gaveau parisienne. Elle ne procéda pas en suivant l’ordre chronologique de leur composition, mais panacha l’ensemble des quatuors du maître de Bonn au cours des six séances étalées entre le 1er et le 15 juin 1934, véritables travaux d’Hercule musicaux. La Nouvelle Revue ne n’y trompa pas lorsqu’elle «considérait le travail d’analyse, de mise au point constructive, expressive et sonore qu’a accompli le quatuor Calvet pour nous donner une interprétation digne de cette œuvre géniale, écrasante (5)».

Ne se limitant pas seulement aux œuvres pour leurs quatre instruments, les musiciens de l’ensemble s’adjoignirent périodiquement un ou plusieurs autres virtuoses avec lequel, s’il s’agissait d’un pianiste, ils jouèrent un certain nombre de quintettes pour piano et cordes. Ainsi le Quintette op 34 de Brahms tantôt avec Giuseppe Benvenuti, tantôt avec Yves Nat, celui de Reynaldo Hahn avec le premier pianiste cité, le Quintette op 44 de Schumann avec la jeune Clara Haskil, celui de Florent Schmitt et l’auteur au piano, celui de Robert Casadesus qui assura la partie de clavier et de nouveau le Quintette de Schumann avec un changement de titulaire de l’instrument percussif qui cette fois-ci se nommait Marcel Ciampi. Parmi les compositeurs contemporains, outre Hahn et Schmitt, déjà cités, Jean Cras et son Quintette pour piano eut l’honneur d’être défendu par les Calvet, très tôt après que la plume du compositeur eut déposé la dernière note sur sa partition. Un ouvrage pour lequel deux autres interprètes étaient requis, un violoniste et un pianiste, retint l’attention des quatre musiciens, le Concert d’Ernest Chausson qu’ils jouèrent assez régulièrement. César Franck, tant par son quatuor que par son quintette pour piano et cordes se signala par sa présence au programme des concerts que donnait l’ensemble à cordes accompagné ou non, selon le cas, par un pianiste. En successeur de cette école musicale, Vincent d’Indy (6), à la fin de sa période créatrice, dédia son Quatuor n° 3 et son Sextuor à cordes (les deux œuvres datent de 1929) aux Calvet qui les emmenèrent dans leurs tournées tant dans le pays qu’au-delà des frontières.

Ne restant pas confiné dans les salles parisiennes, l’ensemble à cordes honora les invitations qu’il reçut de diverses associations locales de concerts de plusieurs villes de l’Hexagone. A différentes reprises, le quatuor Calvet, visita Lille, Limoges, Bordeaux, Strasbourg et Rennes. D’autres villes Toulouse, Brest, Poitiers, Arcachon, Perpignan, Nîmes, Le Puy, Toulon, Le Havre hébergèrent également les quatre musiciens pour une soirée. A Limoges, le Quatuor Calvet a lui seul remplit quasiment la saison de l’association Entre-Soi en occupant la scène à chacune des quatre séances au cours de l’hiver et du printemps 1930. Il est vrai qu’il n’était pas un inconnu pour le public limousin puisque les dirigeants de cette association l’avaient invité dès l’automne 1927. Mêlant adroitement compositeurs reconnus et admirés par le public depuis déjà longtemps (Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann) à des contemporains et à des musiciens à découvrir (Debussy, Ravel, Fauré, Schmitt, d’Indy mais aussi Borodine, Glazounov), ils apportaient ainsi des valeurs sûres et des productions  de compositeurs vivants dont certaines devinrent avec le temps des «classiques».

Le Quatuor Calvet dans sa deuxième formation (voir note 19 ci-dessous),
de gauche à droite : Jean Champeil et Joseph Calvet, violons, Maurice Husson, alto, Manuel Recasens, violoncelle
Merci à Marie-Christine Husson, fille de l'altiste Maurice Husson.

La notoriété du Quatuor Calvet dépassa assez vite les frontières de la France et des pays voisins souhaitèrent sa visite. Le plat pays hollandais l’accueillit en 1927 et les musiciens y revinrent à plusieurs reprises, soit pour une tournée, soit pour une soirée dans une ville, à La Haye et à Rotterdam, par exemple. Il en fut de même pour l’Allemagne. Au cours d’une tournée européenne, en 1934, les musiciens posèrent leurs instruments dans plusieurs villes outre-Rhin avant de continuer en Hollande, puis en Tchécoslovaquie, en Italie et en Espagne. Ils revinrent en Allemagne l’année suivante, d’abord à Dusseldorf, poursuivirent leur trajet en s’arrêtant successivement à Hambourg, Munich, Halle, Essen et Bonn. En 1937, nouvelle tournée germanique avec, un peu plus tard dans l’année, un autre séjour à Berlin pour les Semaines d’art, puis un aller et retour à Francfort et de nouveau en fin d’année un saut à Berlin. En fin d’année 1938, ils étaient appelés à une nouvelle tournée en pays allemand. Il ne semble pas que les Calvet dans leurs choix artistiques eurent à souffrir de désagréments causés par les autorités musicales allemandes. En cette période difficile, par prudence, ils eurent soin de ne pas programmer des compositeurs qui figuraient sur la liste des artistes «dégénérés» dressée par les Nazis (musiciens juifs et modernes pour l’essentiel). D’autre part, en tant qu’interprètes de haut vol de Beethoven, ils bénéficiaient d’un à priori plutôt favorable de la part du milieu musical allemand (et politique), crédit positif qui se perpétua même après l’arrivée au pouvoir du parti nazi. On les appela à Anvers en 1932, à Rome l’année suivante et en Angleterre en 1939. Avec le recul, on peut les considérer comme de véritables ambassadeurs artistiques de la France, très sérieusement engagés dans la promotion de la musique de chambre pour les quatre instruments à cordes qu’ils jouaient. Cependant, au cours de leurs tournées hors de France, ils manquèrent rarement de rendre hommage aux créateurs nationaux, manière de désigner des œuvres de musiciens dignes de figurer à côté d’ouvrages de musique de chambre incontournables comme on en applaudissait de puis longtemps tant en France que dans les pays germaniques. 

Le premier voyage en Tchécoslovaquie eut lieu probablement en 1930, touchant Prague, Brno et Plzeň (7). Il se renouvela les deux années suivantes. Un peu plus tard, en 1934, Prague les reçut une nouvelle fois ainsi que la ville de Janáček, Brno. En 1935, on les demanda deux fois sur les bords de la Vltava. Quelles partitions amenèrent-ils dans leurs bagages ? Dès novembre 1930, «notre meilleur quatuor à cordes révéla le quatuor à cordes posthume de Fauré (8)». Il n’est pas indifférent de signaler le nom du signataire de ces lignes. Vladimir Jankélévitch, puisqu’il s’agit de lui, effectua un séjour à Prague, comme nombre d’intellectuels et artistes français qui tissèrent des liens occasionnels ou prolongés avec leurs homologues tchèques. On sait que pour le philosophe-musicographe, ils aboutirent à une connaissance profonde de la musique de Janáček. Pour l’année 1935 et une nouvelle visite du Quatuor Calvet il parut au commentateur anonyme «que d’année en année l’exécution de ces excellents artistes se fasse plus émouvante et plus parfaite». Après Fauré, ce fut Ravel par l’intermédiaire de son unique quatuor qui «s’imposa dans toute sa délicieuse et pressante tendresse» et qui déclencha «la plus chaleureuse ovation (9)». A la fin de l’année 1934, lors d’un nouveau passage à Prague le Quatuor français apporta des œuvres de Haydn, Ravel et Roussel, Mozart, Fauré et Debussy, des classiques du genre et des ouvrages français dans lesquels il excellait et qu’il donnait à découvrir ou à apprécier par une nouvelle audition au public pragois. A Brno, les quatre virtuoses de l’archet s’installèrent pour un concert à la Besední dům. Depuis 6 ans, Janáček n’était plus là pour les écouter. D’autres musiciens français empruntèrent le chemin de la Tchécoslovaquie, soutenus ou non par l’AFAA (10), parmi lesquels les sopranos Blanche Dufour en 1929 et Madeleine Grey en 1932, le violoniste Robert Soetens (11) l’année suivante, la claveciniste Wanda Landowska, les pianistes Janine Weill et Germaine Leroux ainsi que le trio Pasquier. Prague agissait comme un aimant pour nombre d’écrivains et artistes qui vinrent dans la capitale tchèque prononcer des conférences ; ainsi Jean Mistler, André Maurois, Roger Martin du Gard, les musicologues Henry Prunières et Paul-Marie Masson, le compositeur Jacques Ibert, entre autres quand ils ne s’y fixaient pas pour quelques années (Vladimir Jankélévitch comme indiqué précédemment, Hubert Beuve-Mery, le futur créateur du journal Le Monde).

Au cours de leur séjour en Tchécoslovaquie, il n’est pas impossible que ces ambassadeurs français du quatuor aient rencontré les membres d’un ou plusieurs quatuors tchèques (12) qui parfois amenaient en France leurs talents et leur production nationale pour les quatre instruments à cordes. De ces contacts, chacun retenait un ou plusieurs titres de quatuors plus ou moins nouvellement crées ici et là. Si les autochtones se montraient friands de musique française contemporaine, les quatre musiciens sondèrent certainement leurs interlocuteurs sur l’état de la musique de chambre tchèque pour leurs quatre instruments. De même, il est plausible qu’ils croisèrent d’autres musiciens et compositeurs nationaux. On peut penser qu’ils échangèrent quelques paroles à propos des courants musicaux dominants dans leur pays respectif. Chacun s’enrichissait des avancées des uns et des autres. Le répertoire du Quatuor Calvet s’agrandissait de cette façon. Ainsi Leoš Janáček, Vítězslav Novák et Bohuslav Martinů (13) rejoignirent dans leur répertoire les grands compositeurs du passé et du temps présent que défendaient les musiciens français. 

Quelles répercussions sur le sol français exerçaient-elles dans l’organisation artistiques de leurs concerts ? Lors de la visite à Limoges pour l’association locale «Entre-Soi» - il en existait dans plusieurs  autres villes portant le même intitulé, notamment à Lille - encadré par une œuvre de Haydn et Beethoven, ils présentèrent - probablement une première  (14) pour le public limousin - un quatuor (15) de Vityslar Novak (16) (c’est ainsi du moins que le rédacteur local qui signait Ch. D. orthographia le prénom du compositeur tchèque). «Novak a été traduit par [le Quatuor Calvet] avec une sympathie ardente. Le quatuor exécuté, œuvre un peu lourde peut-être, mais savante, et non dépourvue de beauté, ne nous a pas fait oublier le ravissement de certains soirs […] qu’enchantèrent Chausson, Ravel, Fauré, Florent Schmitt (17)» constatait le rédacteur anonyme. C’est peu dire que l’ouvrage tchèque parut un peu étrange aux oreilles françaises, tout au moins limousines (18). En ce qui concerne l’un ou l’autre des quatuors de Janáček, ou les deux, jusqu’à présent, je n’ai pas découvert de présence de La Sonate à Kreutzer, pas plus que celle des Lettres intimes dans les concerts donnés par le Quatuor Calvet en France. Les interprétèrent-ils au cours d’une tournée tchécoslovaque ou dans un autre pays ? Peut-être. Mais en ce qui concerne le pays du compositeur, La Revue Française de Prague consultée ne donne pas suffisamment de détail sur cette éventualité. Il est donc problématique d’affirmer une familiarité des Calvet avec l’univers musical de Janáček. De la fréquentation du pays tchèque et de ses musiciens dépendit une collaboration avec une pianiste bohêmienne, Libussé Novak, ancienne élève de Blanche Selva, qui accompagna les Calvet au moins deux fois à Paris en 1936 dans des ouvrages qui n’avaient rien à voir avec ceux de son pays natal, le Quintette de Franck et à Bordeaux en 1938 dans celui de Schumann et dans le Quatuor avec piano de Fauré.

Non seulement par ses nombreuses tournées dans l’Hexagone le Quatuor Calvet imposa des œuvres majeures et des ouvrages dus à des compositeurs vivants, mais également par sa présence sur quelques stations de radio, il amplifia son action envers le genre majeur de la musique de chambre et toucha ainsi un public encore plus large. 

Après le Quatuor Lejeune, les membres du Quatuor Calvet regardèrent du côté de Prague et accueillirent quelques ouvrages en provenance de ce pays d’Europe centrale. Très remarquées par leurs contemporains, leurs interprétations sont passées à la postérité grâce aux quelques enregistrements qu’ils réalisèrent dont certains ont été repris sur des médias modernes, le disque compact. De Schubert à Beethoven, de Debussy à Florent Schmitt en passant par Fauré, Ravel, Glazounov et encore d’autres compositeurs, à travers leurs interprétations de leurs plus fameux quatuors ou quintettes (Schmitt) chacun peut apprécier actuellement leur art, qu’ils aient joué dans la formation des années 1930 ou dans la composition d’après guerre (19).

Joseph Colomb - juillet 2017

Notes :

1. Daniel Guilevitch émigra aux USA en 1941 où il fonda un Quatuor sous son nom francisé en Guilet. Plus tard, avec le pianiste Menahem Pressler et le violoncelliste Bernard Greenhouse, il constitua le Beaux Arts Trio.

2. Le Ménestrel du 2 avril 1926.

3. L’Echo d’Alger du 6 janvier 1932 sous la plume de Lucienne Jean-Darrouy.

4. Ouest-Eclair du 8 novembre 1932, chronique de Christian Melchior-Bonnet.

5. La Nouvelle Revue dans son numéro de juillet 1934.

6. Le Quatuor Calvet joua aussi à la Société Nationale de Musique dont d’Indy surveillait la programmation.

7. Jana Voisine-Jechova, Images de la Bohême dans les lettres françaises, en page 59, contribution d’Antoine Marès.

8. La Revue Française de Prague, du 15 mars 1931.

9. La Revue Française de Prague, du 15 mars 1934.

10. Association Française d’Action Artistique fondée en 1922. Elle changea plusieurs fois d’intitulé pour aboutir à ce dernier en 1936. Le secteur musical de cette association, dépendant du Ministère des Affaires Etrangères, fut dirigé par Robert Brussel, critique au journal Le Figaro. Son but était de propager la musique moderne française à l’étranger et d’organiser quelques échanges culturels avec des musiciens d’un certain nombre de pays.

11. Robert Soetens associé à Germaine Leroux donna une audition de la Sonate pour violon et piano de Janáček dans le cadre des concerts du Triton le 15 février 1935 à l’Ecole Normale de Musique à Paris.

12. Quatuors tchèques en activité du temps du Quatuor Calvet : Quatuor Tchèque actif de 1892 à 1934 (nombreuses venues en France), Quatuor Zika (de 1919 à 1955) appelé Quatuor de Prague à partir de 1929, Quatuor Novák-Frank, Quatuor Ondříček (de 1921 à 1956) appelé parfois Quatuor de Prague par la presse française, Quatuor Ševčík-Lhotský (de 1903 à la fin des années 1930), Quatuor slovaque (Slovanské kvarteto) qui créa à Nantes La Sonate à Kreutzer de Janáček. Chacun de ces ensembles tchèques entreprit une ou plusieurs tournées françaises ne se fixant pas seulement sur Paris, mais visitant plusieurs villes provinciales invité parfois par des personnalités locales en relation avec l’Institut d’Etudes Slaves.

13. Voir la note 7.

14. Son Quintette opus 12 avait été révélé au public parisien en 1913 par le Quatuor Lejeune  et le pianiste Jan Heřman (voir l’article). Une nouvelle audition de ce Quintette eut lieu en 1920 par l’alliance du  Quatuor Tchèque avec la pianiste Blanche Selva. 

15. Pour ce qui concerne ce quatuor, est-ce son premier, composé en 1899 ou son second terminé en 1905 ? Impossible de répondre. Avant ce concert de Limoges, le Quatuor Ondříček avait joué le Quatuor n° 1 en sol mineur de Novák à Paris en 1924 et le Quatuor slovaque son Quatuor n° 2 en ré majeur au cours de sa tournée française en 1929.

16. C’est bien sûr de Vítězslav Novák dont il s’agit.

17. La Vie limousine du 25 mars 1931.

18. Quelques jours avant que les Calvet jouent  cette œuvre de Novák, le Quatuor Zika présenta, le 5 février 1931, au public limousin d’Entre-Soi le Quatuor en mi mineur (De ma vie) de Smetana et celui opus 106 de Dvořák après un ouvrage de Beethoven, belle introduction à la musique tchèque.

19. A la suite des difficultés dues à l'Occupation concernant ses compagnons (exil de Daniel Guilevitch), pour établir le Quatuor Calvet dernière manière en 1944, Joseph Calvet regroupa autour de lui le violoniste Jean Champeil, l’altiste Maurice Husson et le violoncelliste Manuel Recasens. Cette formation dura jusqu’à 1950, date de sa dissolution. Léon Pascal, quant à lui, constituera le Quatuor Pascal en 1941 avec Jacques Dumont et Maurice Crut aux violons et Robert Salles au violoncelle. Ce quatuor Pascal sera l’embryon du futur Quatuor de l’ORTF. Jean Champeil formera un ensemble avec l’altiste et le violoncelliste du dernier Quatuor Calvet et le violoniste Georges Balbon. Quant au violoncelliste Paul Mas, après la guerre, il occupa le poste de super soliste de l'Orchestre de chambre de la RTF (Radiodiffusion Télévision Française) lorsqu'il est créé en 1952 par Pierre Capdevielle.

6 commentaires:

  1. Bonjour, je suis l'arrière petite-fille de Paul Mas, violoncelliste du Quatuor Calvet. Je vous remercie pour ce bel article au sujet du Quatuor auquel je m'intéresse fortement. J'apporte toutefois une petite précision : Paul Mas n'est pas décédé ni exilé après la guerre. Il est devenu super soliste de l'orchestre de chambre de l'ORTF (Radio France) après la guerre, dirigé par Pierre Capdevielle. (En 1944, ce dernier est chef de service de musique de chambre à la Radiodiffusion française.) Cordialement.

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    1. Merci pour vos mots aimables à propos de cet article sur le Quatuor Calvet. Toutes mes excuses pour cette erreur concernant Paul Mas et merci pour votre information. Je rectifie la teneur de ma note. Si, par un heureux hasard, vous possédiez des documents sur les activités du Quatuor Calvet, je serai extrêmement intéressé d'en prendre connaissance. Avec mes remerciements.

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    2. Bonjour,
      Savez-vous si Joseph Calvet avez des enfants ?

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  2. Bonjour, je suis la fille de Maurice Husson, altiste, membre du Quatuor Clavet : deuxième formation à partir de fin 1943 avec Joseph CALVET, Jean CHAMPEIL deuxième violon, Maurice HUSSON altiste et Manuel RECASENS violoncelliste.
    La photo de votre article est la photo de cette deuxième formation qui a duré dix ans. Photo prise dans la maison de Ludwig van Beethoven. Cette photo fait partie de mon album de famille.
    Je ne sais qui est le fournisseur de cette photo qui circule sur le net mais je souhaiterais prendre contact avec l'initiateur pour qu'il rectifie ces erreurs et rendent leurs vrais noms à ces musiciens talentueux.
    Avec cette formation le quatuor Calvet a eu plusieurs prix prestigieux.
    Avec cette formation aussi, le quatuor Calvet a renoué toutes les relations entre la France, les alliés et les pays d'Europe Centrale. Après la guerre les "culturels" passent avant les politiciens et les dirigeants. Ils ont été reçus partout en Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie,.. comme des "princes" avec le tapis rouge, la garde d'honneur, des cadeaux exceptionnels et des invitations tout aussi exceptionnelles...
    Je me tiens à votre disposition si éventuellement vous étiez intéressé sur cette période du quatuor Clavet.

    En vous remerciant par avance. Bien cordialement/ Marie-Christine HUSSON

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  3. Bonjour, je suis le petit-fils de Léon Pascal, merci

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    1. Merci pour votre message. Auriez-vous des documents sur l'activité de votre grand père lorsqu'il appartenait au quatuor Calvet ? Merci d'avance. Joseph Colomb : colomb.josephcolomb64@gmail.com

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