France-Tchécoslovaquie, Blanche Selva, double ambassadrice musicale.
Il a déjà été question à plusieurs reprises dans les pages de ce site de Blanche Selva, éminente pianiste du premier tiers du XXe siècle. L’Association Blanche Selva vient de publier son cahier n° 5 qui étudie la part prise par Blanche Selva dans sa double mission, faire connaître la musique tchèque en France, répandre la musique française pour clavier en Tchécoslovaquie.
Sous le titre «Musique française, Musique tchèque, Blanche Selva, double ambassadrice» ce cahier, d’une soixantaine de pages, examine la tâche que la pianiste française accomplit sous les cieux de l’Europe centrale comme dans l’Hexagone. A travers les archives constituées patiemment par les responsables de l’association, on scrute la courte période (1919 - 1924) pendant laquelle Blanche Selva se dévoua sans compter pour faire connaître à ses concitoyens les œuvres musicales marquantes de compositeurs tchécoslovaques (ou qu’elle considérait ainsi). Hélas, le public hexagonal, pas plus que la critique musicale, ne répondit pas assez favorablement à son goût ; elle se tourna alors vers la musique catalane qui l’habitait depuis longtemps. Le cahier, rédigé par Guy Selva, le Président de l’association Blanche Selva, donne des précisions sur les concerts où elle fit entendre des pièces tchèques sur notre territoire, détaille les séjours qu’elle effectua à Prague, le tout enrichi par de nombreux extraits de courriers que la pianiste adressa à ses amis musiciens restés en France et des articles de presse. On y découvre la contribution qu’apporta Václav Štĕpán dans les contacts de Blanche Selva avec les œuvres tchèques. On y perçoit les rencontres de l’interprète française avec nombre de personnalités de l’art tchèque pendant ses séjours en Tchécoslovaquie. Au total, c’est donc une riche récolte apte à satisfaire les mélomanes intéressés par cette période et ces thématiques que propose son rédacteur à travers ce cahier. De plus, en annexe, une douzaine de documents viennent illustrer le répertoire tchèque de la pianiste française (affiches, tableaux, etc.).
Incontestablement, Blanche Selva, suivie un peu plus tard par Jane Mortier et Germaine Leroux, participa pleinement à la diffusion française de la musique tchèque, même si aucune des trois ne recueillit pleinement les fruits des graines qu’elles avaient semées. Rappelons simplement que Blanche Selva omit Janáček dans ses récitals, omission qui correspondait en tous points à l’incompréhension que la plupart des musiciens tchèques manifestait envers le compositeur de Brno au tout début des années 1920.
On peut se procurer ce cahier en se connectant à l’adresse suivante : http://www.blanche-selva.com/cahiers-blanche-selva.html. Par la même occasion, la consultation du site dans son entier est une belle occasion de comprendre la place tenue par cette pianiste dans l’histoire musicale du premier tiers du XXe siècle.
Joseph Colomb - avril 2017

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