Un peu tard, mais pas trop tard, j'apprends que Jean-François Zygel mettra au programme de ses passionnantes Clefs de l'orchestre, samedi 13 décembre dès 11h, la 8e Symphonie d'Antonin Dvořák. L'événement aura lieu à l'Auditorium de la Maison de la Radio, avenue du Président Kennedy à Paris. Les détails ici :
http://www.maisondelaradio.fr/evenement/concert-spectacle/les-clefs-de-lorchestre-de-jean-francois-zygel/symphonie-ndeg8-dantoni-0
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J.-F. Zygel semble porter une affection particulière au compositeur tchèque si l'on en juge par un fameux épisode des Clefs de l'Orchestre consacré à la Symphonie du Nouveau Monde, hélas dans une version raccourcie - question de minutages - mais où l'on trouve un brillant exposé de l'art dvořákien du traitement des thèmes : non seulement ré-exposés de mouvement en mouvement mais aussi et surtout métamorphosés au fil de l'oeuvre. Ce procédé souligne combien Dvořák avait su se départir d'une servile imitation de Brahms pour devenir à son tour un compositeur unique et foncièrement personnel.
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| Le DVD de la Symphonie du Nouveau Monde commentée par Zygel (DR) |
Il y a deux ans, c'est une soirée entière au Châtelet qui fut consacrée au maître de Bohême, sous l'égide du même Zygel. "Dvořák contre-attaque" en était le titre : un clin d’œil à l'influence du musicien Romantique sur les compositeurs de musiques de films, et particulièrement John Williams. Soirée très bon enfant, s'adressant à un public populaire et visiblement sous le charme, même si les connaisseurs pouvaient regretter une nouvelle fois les œuvres dans une forme résumée (l'Ondin réduit à son incipit et à sa coda !) et quelques erreurs chronologiques (Dvořák n'avait nullement voyagé en Amérique avant d'écrire sa 9e Symphonie : son séjour en Iowa date de l'été 1893, quand la partition était terminée).
Mais la bonne humeur et la réelle pédagogie de Jean-François Zygel sont précieuses, et on se réjouit de le voir mettre son talent au service de grands maîtres. La 8e Symphonie, écrite dans la tonalité solaire de sol majeur, est tchèque, européenne et fascinante d'un bout à l'autre, Dvořák est ici au meilleur de son art, jouant habilement avec les conventions de la forme. Il réalise un authentique tour de force qui couronne, au même titre que les deux symphonies voisines, le métier souverain d'un compositeur d’exception. Il faut croire que J.-F. Zygel l'a bien compris !
Ceux qui ne pourront pas se rendre à la Maison de la Radio samedi matin pourront, espérons-le, se consoler avec le DVD de la séance.

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