Janáček trois fois à Saintes
Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, Festival de musique de Menton, Musique à l’Empéri, Festival international de Colmar, Festival du Périgord noir, Musique en Brionnais, Musiciennes à Ouessant, Festival de Saintes, Chorégies d’Orange, Saoû chante Mozart, Rencontres musicales d’Evian, etc. Arrêtons là cette énumération pourtant bien incomplète. L’été arrivé, des villes plus ou moins importantes, des régions, des villages, des châteaux, des églises, des terrains, des caves ou encore des auditoriums éphémères ou permanents accueillent musiciens et mélomanes pour une infinité de festivals de durée plus ou moins longue, centrés ou non sur une thématique particulière. Certains appartiennent au paysage culturel français depuis de longues années, d’autres naissent, vivent quelques années et disparaissent. D’autres encore reprennent un flambeau qui s’est éteint il y a quelque temps.
En dehors des saisons de concert bien structurées, tous ces festivals occasionnent des rencontres avec des solistes entendus ici et là ou participent à la découverte de jeunes musiciens, et avec des ouvrages qui meublent avantageusement les concerts habituels et encore d’autres œuvres moins présentes. En France, on continue à privilégier Chopin, Schumann, Brahms, Debussy dès qu’il s’agit de piano, Haydn, Mozart, Beethoven sitôt qu’on invite des quatuors à cordes, par exemple. Heureusement, beaucoup de festivals ouvrent leur programme à des compositeurs moins honorés dans l’année musicale.
Après avoir été ignoré longtemps, les opéras de Janáček se sont installés durablement sur les scènes françaises. Peu à peu, les autres ouvrages poussent les portes des salles de concert. Il n’est pas rare qu’un festival inscrive une de ses pièces lors des soirées musicales. Par contre, programmer plusieurs fois ce compositeur au cours d’un festival demeure encore une exception. C’est pourtant ce qui surviendra ce mois de juillet à Saintes.
Depuis plus de quarante ans, Saintes réunit nombre de mélomanes chaque mois de juillet. Après avoir offert pendant une bonne vingtaine d’années un florilège de musique baroque, le festival de Saintes s’est ouvert à des musiques d’autres époques, y compris du XXe siècle. Et Janáček dans cette évolution ? Déjà, par exemple l’an dernier, grâce à Natacha Bartošek et son chœur d’enfants Aposiopée, un concert entier avait fêté des œuvres du compositeur de Brno, inspirées par ses collectes de musique populaire morave. Et cette année, c’est presque un feu d’artifice qu’il propose. Trois concerts dans lesquels le créateur de Jenůfa glissera une œuvre et pour l’un d’entre eux occupera la séance à lui tout seul.
Le mercredi 16 juillet, à 11 heures, on entendra Mládí couplé au Quintette avec piano de Chostakovitch par les solistes du Het Collectief. A 19 h 30, programme copieux de chœurs (La Trace du loup, La cane sauvage, Elégie sur la mort de ma fille Olga, Notre bouleau, Kantor Halfar, Le fou errant, Řikadla) avec le Concertino et une orchestration de la Sonate I.X.1905 par le chef néerlandais Reinbert de Leeuw. Le Collegium Vocale de Gent abandonnera, le temps de la soirée, son répertoire de prédilection pour se mesurer à Janáček. Philippe Herreweghe prêtera sa baguette à Reinbert de Leeuw. Accessoirement, votre serviteur donnera auparavant une courte conférence sur l’œuvre chorale de Janáček. Enfin le 18 juillet, en nocturne, le Quatuor Zaïde, après son récent enregistrement, placera Les Lettres intimes entre Haydn et Beethoven.
Vous aimez la musique de Janáček ? Vous fréquentez les festivals de musique ? Saintes vous tend les bras cet été.
Joseph Colomb - juin 2014
J'ai assisté au concert du mercredi 16 juillet dernier donné par le Collegium Vocale Gent au festival de Saintes. Plus tôt à 18h30, une conférence remarquable a été donnée par Joseph Collomb. Pour moi, découvrir les œuvres chorales de Janacek a été une grande joie.
RépondreSupprimerMerci pour votre commentaire. Je suis heureux que vous ayez pu apprécier les chœurs de Janáček encore mal connus en France et que vous ayez pu assister à la formidable interprétation du Concertino par le pianiste Thomas Dieltjens et le Het collectief.
SupprimerJoseph Colomb