David R. Beveridge est un docteur en musicologie américain. Il enseigne aux États-Unis dans plusieurs collèges et universités entre 1979 et 1993. Depuis, il vit en République tchèque, où il travaille comme traducteur entre la langue tchèque et l’anglais. Depuis de nombreuses années il réalise une étude approfondie sur la vie et les œuvres complètes d'Antonín Dvořák.
Nous commençons aujourd'hui, avec l'aimable autorisation de son auteur, la publication d'une passionnante étude du Dr. Beveridge sur la correspondance entre Dvořák et la maison d'édition anglaise Novello. Cet article a été publié en 2011 dans Musicalia, le journal du Musée tchèque de la Musique. Il révèle de nouveaux courriers relatifs à la correspondance du compositeur, qui éclairent d'un jour nouveau la genèse de plusieurs œuvres majeures, et les relations entre l'artiste et ses éditeurs. Nous en présentons ci-dessous une traduction française exclusive. Étant donnée la taille de cette étude, nous la publierons en quatre articles distincts. En voici le premier.
Dvořák, Novello, Alfred Littleton, et les festivals de musique britanniques :
Correspondance récemment découverte, nouvelles observations (1)
David R. Beveridge
[Publié dans Musicalia : Journal du Musée tchèque de la Musique III/1-2 (2011), pp 27-46. Dans le présent article, j'ai inséré deux corrections que j'ai faites trop tard pour être incluses dans l'article imprimé. Elles seront signalées dans les notes de fin.]
Dans la vie et la carrière d'Antonín Dvořák, un rôle essentiel et très intéressant a été joué par la maison d'édition musicale anglaise Novello, Ewer and Company et son représentant en chef Alfred Littleton. Les œuvres de Dvořák éditées en premier par Novello ne sont pas très nombreuses, mais sont généralement de grande ampleur et d’une importance majeure dans sa production : en dehors de la Huitième Symphonie en sol majeur, B. 163, il ne s’agit que d’œuvres pour chœur et orchestre, en majorité avec des solistes vocaux.
Les voici dans l'ordre chronologique de publication : Hymnus (publié comme Patriotic Hymn) d’après le poème Dědicové bile hory (Les Héritiers de la Montagne Blanche), B. 134, la cantate Svatební košile (publié comme The Spectre’s Bride), B. 135, l'oratorio Svatá Ludmila (Sainte Ludmila), B. 144, le Requiem, B. 165, et la Messe en ré majeur, B. 175 – œuvres dont l’exécution dépasse en moyenne l’heure. (2) Dans une certaine mesure, Novello était en concurrence avec l’éditeur principal de Dvořák, la firme Simrock à Berlin.
Comme l’indiquent plusieurs courriers cités dans l’édition critique de la correspondance de Dvořák (Antonín Dvořák. Korespondence a dokumenty, qui sera abrégé en ADKD (3) dans la suite du texte), Novello payait en règle générale beaucoup mieux. (4) Si Dvořák n’avait pas accordé à Simrock le droit de refuser toutes ses nouvelles œuvres, longtemps avant d’entrer en contact avec Novello (5), il aurait pu faire davantage publier sa musique en Angleterre, et peut-être ses finances s’en seraient mieux portées.
Mais pour Dvořák, Novello était plus qu’un éditeur. Dans les faits, Alfred Littleton a servi d'agent du compositeur en Grande-Bretagne auprès des associations de concert, en organisant ses apparitions en tant que chef de ses propres œuvres, et même de médiateur auprès des commissions, pour les nouvelles œuvres qu'il compose ou envisage de composer pour les festivals de musique dans diverses villes britanniques.(6)
Il faut souligner l’hospitalité que Littleton offrit à Dvořák lors de plusieurs visites en Angleterre, dans son manoir appelé Westwood House à Sydenham (juste au sud de Londres). Cet endroit était sans conteste le lieu de résidence européen le plus important pour le compositeur, en dehors de la Bohême : on estime qu’il y a passé en tout cinquante-huit nuits de 1884 à 1890.(7) Westwood House fut le site de nombreuses rencontres qu'il a eues avec d’importants musiciens et critiques britanniques, même quand il n'était pas logé là-bas. C’est à cet endroit qu’il composa, en mai 1885, ses Two Songs on Folk Poems (Deux chants sur des poèmes populaires), B. 142. (8) Malheureusement, le manoir a été démoli en 1952.(9)
En 1891, Littleton a également joué un rôle capital de médiateur pour les négociations entre Dvořák et Jeannette Thurber, au sujet du contrat de directeur du National Conservatory of Music of America. Et un an plus tard, peu avant le départ de Dvořák pour New York et sa prise de fonction, Littleton se fit l’intermédiaire du souhait de Thurber de voir Dvořák écrire une cantate. Cette œuvre devait inaugurer les concerts du compositeur en Amérique. Elle suggéra un Te Deum, qui fut effectivement écrit à cette occasion (B. 176), ou mieux encore une adaptation du poème The American Flag de Joseph Rodman Drake, également composé (B. 177) mais pas achevé à temps pour le premier concert.(10)
Les relations de Dvořák avec Alfred Littleton et Novello (dans ce cas sans nom de personne physique associé, sauf à une occasion, avec celui de l’employé Berthold Tours) sont assez peu documentées sous l’angle de la correspondance. Or, Littleton et la maison d’édition Novello sont à l’origine d’une abondante quantité de courrier reçu par le compositeur, avec cinquante-neuf lettres (en y ajoutant trois lettres récemment découvertes, qui seront présentées plus loin). Ce total devance de justesse celui de Jeannette Thurber. Seul Fritz Simrock a envoyé plus de lettres à Dvořák, parmi l’ensemble des correspondances que nous connaissons. Littleton et Novello devraient avoir la même importance parmi les destinataires des courriers de Dvořák, mais une quantité inhabituellement élevée de lettres que le compositeur a dû leur écrire manque aujourd’hui.
Par exemple, la correspondance que nous possédons de la part de Dvořák à l’attention de Littleton et Novello montre un vide de près de quatre ans, à partir de l'été 1886 jusqu’à l'été 1890, période pendant laquelle nous savons qu'il y a eu des contacts importants. C'est une lacune qu’une lettre nouvellement découverte, datée du 16 février 1890 et présentée ci-dessous, commence à peine à combler. Ce que nous possédons est un total de seulement trente lettres envoyées par Dvořák à Littleton et Novello. C’est moins que ce que le compositeur a envoyé isolément à plusieurs de ses plusieurs amis personnels, parents et associés d'affaires.
Mais la situation aurait pu être pire. Nous pouvons être reconnaissants à Jitka Slavíková pour avoir obtenu des photocopies de dix lettres de Dvořák à Littleton, alors qu'elle était en Angleterre dans les années 1980. (11) Certaines d'entre elles, encore détenues à ce moment-là par la firme Novello, ont ensuite été dispersées aux enchères.(12) Heureusement, les manuscrits originaux d'un assez grand nombre de lettres que Dvořák a envoyées à Littleton et Novello, et presque toutes les lettres connues qu’il a reçues de leur part, sont détenues aujourd'hui par le Musée tchèque de la musique (désigné dans la suite du texte par le sigle CMM). Ce musée possède également, grâce à un don de Milan Kuna (13), rédacteur en chef de AKVD, les photocopies des correspondances citées dans ce recueil (y compris celles des lettres « sauvées » par Jitka Slavíková).
Le rôle de médiateur joué par Littleton a largement évité à Dvořák d’avoir à écrire directement aux organisateurs de festivals de musique britanniques. Ainsi, le nombre d'éléments connus de la correspondance échangée entre le compositeur et eux est assez faible : dans les registres de correspondance présentés par ADKD, vol. 4 (correspondance envoyée) et vol. 8 (correspondance reçue), voir Beale et Milward (du festival de Birmingham), Broughton et Spark (Leeds), Scott (Cardiff), et (sans nom personnel) 'Sheffield Musical Festival' ainsi que 'Hudební festival ve Sheffieldu'.
La découverte récente de cinq ajouts importants à la correspondance entre Alfred Littleton et Dvořák, ainsi que deux lettres entièrement consacrées à la Messe en ré majeur envoyées par la firme Novello à des tiers, justifient la présente étude.
Plus précisément, ces nouvelles découvertes comprennent deux lettres de Dvořák à Littleton. La première, datée du 16 février 1890, a été mise aux enchères par l’antiquaire berlinois J. A. Stargardt en juin 2010. La deuxième, en date du 20 octobre 1890, a été achetée en 2007 par le CMM.(14)
Il faut ajouter cinq courriers que j'ai découverts en septembre 2010 dans les documents de Josef Hlávka détenus à Prague par le Památník národního písemnictví (Musée de la littérature tchèque), à savoir :
trois lettres de Littleton à Dvořák en date du 4 juin 1889, du 20 juin 1890, et du 27 août 1890, une lettre de la firme Novello à la firme Simrock en date du 15 novembre 1889, et une autre de l'entreprise Novello à Josef Hlávka datée de janvier 1893.(15) Ces sept lettres nouvellement découvertes sont présentées ci-dessous dans une transcription diplomatique, ainsi que deux lettres en rapport, détenues depuis longtemps par la CMM mais restées inédites : l'une datée du 31 mai 1889, écrite par Charles Beale du Festival de Birmingham à Dvořák, et l’autre en date du 11 novembre 1889, de la firme Novello à la firme Simrock. (16)
Les lettres, au total de neuf, touchent surtout aux circonstances entourant la publication du Requiem, de la Huitième Symphonie, et de la Messe en ré majeur. Pour chacune de ces œuvres, cette correspondance se rapporte soit au début des négociations avec Novello sur leur publication, soit à un stade plus précoce à ce que nous connaissions déjà. Nous découvrons aussi un important « chaînon manquant » sur les raisons qui ont décidé Dvořák à composer le Requiem. Et au fil de l’eau nous saisissons mieux d'autres aspects de la vie et du travail du compositeur, en particulier sur ses relations avec Simrock. En plus de présenter les neuf lettres citées, envoyées ou reçues par Littleton, la firme Novello et Charles Beale, je me référerai à certains passages d'un autre groupe de quatorze lettres que j'ai trouvées dans les documents de Hlávka, écrites par Simrock et envoyées à Dvořák. Cette correspondance a une incidence sur les questions discutées ici. J'ai l'intention de la publier à une autre occasion. (17)
Article suivant : Requiem, B 165
Notes
[NDT : l'ensemble des notes est de l'auteur.]
(1) Cette étude fait appel à des résultats de recherche et collectes d’informations que j'ai réunis au cours de plusieurs années de travaux, dans le but principal de réaliser l’étude approfondie de la vie de Dvořák et de sa musique, avec le soutien de la National Endowment for the Humanities (des Etats-Unis), de la Fondation des Sciences de la République tchèque, de la Fondation Hlávka à Prague, de Bärenreiter Verlag de Kassel, de l'Académie des sciences de la République tchèque, et de la Société Dvořák pour la musique tchèque et slovaque (de Grande-Bretagne). Je suis également redevable à de nombreuses personnes qui m'ont aidé et que je remercierai au fil des notes qui suivent. J’espère seulement n’avoir oublié personne.
(2) L’identification des œuvres suit le Catalogue thématique Antonín Dvořák de Jarmil Burghauser, 1ère éd. Prague : Státní nakladatelství Krásné Literatury, hudby une umění, 1960 ; 2è édition augmentée, Prague : Bärenreiter Editio Supraphon, 1996. Les titres sous lesquels Novello a publié deux des œuvres mentionnées ne sont pas de véritables traductions de l'original tchèque. Le mot tchèque « Hymnus » se rapproche de l’anglais « Ode » plutôt que du mot « Hymne », et le terme « patriotique » du titre anglais n’est pas inhérent à « Hymnus », bien que ce texte-là soit en effet patriotique. « Svatební košile » signifie « Les Chemises de noce » en allusion à une coutume tchèque que le texte de cette cantate évoque. « The Spectre’s Bride » (en français : « La Fiancée du Spectre »), proposé par Alfred Littleton à Dvořák comme titre anglais de l’œuvre dans une lettre du 19 janvier 1885 et publiée dans l'édition complète de la correspondance de Dvořák (ADKD - voir plus loin dans ce même paragraphe du texte principal), exprime bien l'histoire de la cantate.
(3) En dix volumes. Prague : Editio Supraphon / Editio Bärenreiter Praha, 1987-2004. Préparé par une équipe éditoriale, sous la direction de Milan Kuna. Les courriers cités dans la présente étude peuvent être facilement trouvés dans la présentation chronologique de la correspondance envoyée et reçue par Dvořák. Ils sont donc cités sans référence aux volumes et numéros de page.
(4) Pour chacune des deux œuvres, sainte Ludmila et le Requiem, Novello a versé à Dvořák 650 livres britanniques (en 1886 et 1891 respectivement). Voir ADKD : Littleton à Dvořák 15 février 1886, Dvořák à Littleton le 20 février 1886, et Littleton à Dvořák 13 avril 1891. A cette époque, ce montant était l'équivalent d'environ 11 700 marks allemands (taux de change calculé à partir des informations ADKD : Dvořák à Malybrok-Stieler le 17 janvier 1888, à Göbl le 1er août 1891, à Rus le 2 janvier 1893, à Hodík en [juin] 1893, à Simrock aux alentours du 12 juillet 1893, et aussi de Littleton à Dvořák le 13 juillet 1891). Fritz Simrock n’achètera la Symphonie du Nouveau Monde, B. 178 que pour 2 000 marks (sa lettre à Dvořák du 28 juillet 1893). Seulement après l'énorme succès de cette œuvre il fut d’accord (lettre du 24 juin 1896) pour verser au compositeur des émoluments comparable à ceux de Novello : 12 000 marks pour le lot des trois poèmes symphoniques Vodnik (L’ondin, B. 195), Polednice (La sorcière de midi, B. 196), et Zlatý Kolovrat (Le Rouet d'or, B. 197).
(5) Voir la note 37 ci-dessous.
(6) Au sujet de la correspondance avec les organisateurs de ces festivals publiée dans ADKD, voir plus loin dans notre texte principal. Pour plus d'informations sur les festivals, se référer à la thèse inédite de Jitka Slavíková : Kontakty Antonína Dvořáka s Anglií. Jejich význam pro skladatelův život a dílo i pro česko-britské kulturně společenské vztahy (Antonín Dvořák’s Contacts with England : Their Importance for His Life and Work as Well as for Czech-British Cultural and Social Relations), Prague 1989, passim et (la plupart du temps sans référence spécifique aux sources) à son livre Dvořák a Anglie aneb Země, které mnoho dlužím (Dvořák and England, or A Land to Which I Owe a Lot), Prague and Litomyšl : Paseka, 1994, passim.
(7) Comme en témoignent plusieurs de ses lettres et divers autres témoignages contemporains. Concernant son plus long séjour à Westwood House (en avril-mai 1885), voir en particulier les rapports de Josef Zubatý, qui était son compagnon de voyage occasionnel, dans Dalibor VII/20-21 (28 mai 1885) p. 195, VII/22-23 (14 juin 1885) p. 215, et VII/24 (28 juin 1885) p. 234 ainsi que dans Hudební Revue IV/8-9 (octobre 1911), pp 487-89.
(8) Voir l'entrée de ce travail dans le catalogue Burghauser (op. cit., note 2). La deuxième édition du catalogue (1996) donne la date de l'esquisse à tort comme le 1 février 1885, alors que la première édition (1960) donnait la date correcte : 1er mai 1885.
(9) Site Web « Sydenham Town », consulté le 1er septembre 2011 : http://www.sydenham.org.uk/se26_sheenewood.html
(10) Cinq passages dans la correspondance donnent un éclairage pertinent sur ces questions. Il s’agit d’échanges entre Littleton et des tiers (Dvořák excepté) utilisés dans ADKD sous forme de citations partielles ou de paraphrases, dans des annotations à la correspondance du compositeur. Voir aussi Jitka Slavíková, « K Dvořákovu odjezdu ne Ameriky » (« au sujet du départ de Dvořák pour l'Amérique »), Hudební rozhledy (horizons musicaux) XXXVIII (1985) / 3, p. 138-42. Il serait utile de présenter les textes complets de ces lettres, mais je n'ai pas encore réussi à les localiser toutes, sans même parler des contraintes de longueur de la présente étude. Ce sujet sera donc exposé à une autre occasion. Que l’on me permette seulement d’indiquer que Thurber n'a pas confié à Bernhard Bachur le choix d'un poème américain pour que Dvořák le mette en musique, comme indiqué dans la littérature de langue tchèque, mais a plutôt manifestement choisi elle-même.
(11) Slavíková : Kontakty [...] (op. cit., note 6), pp. 4-5.
(12) Voir Harvey Grace et Peter Ward Jones: "Novello", Grove Music Online, consulté le 27 novembre 2010.
(13) La correspondance connue entre Dvořák et Littleton a commencé avec quelques échanges de part et d’autre en allemand, mais a continué par la suite en anglais. Malheureusement, les lettres des deux correspondants sont souvent peu lisibles. (On doit plaindre le compositeur d'avoir eu à faire aux pattes de mouches de Littleton, tout en s’efforçant de maîtriser la langue anglaise !) Beaucoup de mots sont difficiles à déchiffrer, et dans les lettres de Littleton il faut parfois imaginer des mots qui ont été omis par mégarde. Pour interpréter certains passages de la transcription donnée dans cet article, j'ai dû les comparer avec des passages d'autres lettres des mêmes auteurs détenues par la CMM, où les mêmes mots apparaissent dans des contextes qui ne laissent aucun doute sur leur interprétation.
J'ai aussi comparé, avec l'aide d'Elizabeth Shribman que je remercie chaleureusement, toute la correspondance de Dvořák en langue anglaise avec Littleton et la firme Novello détenue par la CMM (un total de 53 articles), avec sa transcription dans ADKD. Sans surprise, j’ai trouvé un certain nombre de divergences. Peut-être la plus importante d’entre elles se trouve dans la lettre de Littleton à Dvořák du 27 janvier 1886, où la deuxième phrase du deuxième alinéa doit se lire ainsi :
A ma connaissance, c'est la seule preuve que Dvořák considérait Jean Huss (Jan Hus) comme le sujet d’une future œuvre pour le festival de Birmingham en 1888. La transcription dans ADKD omet la référence à Hus, sans mention même du moindre nom. Aussi, je crois que le "PS" placé dans ADKD à la fin de la lettre de Littleton du 26 novembre 1884 n’appartient en réalité pas à cette lettre, mais à une plus tardive, vraisemblablement dont le texte principal est manquant. Ce courrier est écrit au plus tôt le 19 janvier 1885, mais probablement après, et avant le départ pour l'Angleterre de Dvořák le 15 août de cette année. Le post-scriptum est sur une feuille volante de papier par ailleurs vide, déposée séparément dans le CMM sous la référence S76 1108, alors que la référence de la lettre du 26 novembre 1884 est S76 1102.
(14) Concernant la lettre du 16 février 1890, voir http://www.stargardt.de/de/kataloge/ (consulté le 10 février 2011), Katalog 694, No. 651, sous la rubrique « IV. Musik ». Consulté le 10 février 2011. La lettre du 20 octobre 1890 est déposée dans le CMM comme CMH / Acquisition MAD n ° 5 / 2008, n ° 8667 Inventaire. Pour avoir attiré mon attention sur ces deux lettres je remercie Eva Paulová et Markéta Kabelková.
(15) J'ai trouvé ces cinq lettres dans la collection Josef Hlávka, alors que je dirigeais des recherches soutenues par une bourse du Národohospodářský ústav Josefa Hlávky (Institut national d'économie Josef Hlávka) du Nadace Nadání Josefa, Marie a Zdeňky Hlávkových (Fondation pour la dotation de Josef, Marie, et Zdenka Hlávka). Voir Věra Dykova : Josef Hlávka (1831-1908). Soupis osobního Fondu (pracovní verze) (inventaire de ses papiers, version de travail) (Prague: Památník národního písemnictví, 2006), p. 41 (Novello à Hlávka) et p. 90 (Novello à Simrock). Les lettres de Littleton à Dvořák ne sont pas contenues dans cette « version de travail » de l'inventaire, parce que Mme Dyková ne savait pas où les placer : elle n’avait pas identifié la signature de Littleton, et le nom de Dvořák n'apparaît nulle part (la formule de politesse est simplement « Mon cher ami ») Cependant, elle avait deviné qu'elles pourraient se rapporter à Dvořák et, sachant que Dvořák faisait l'objet de mes recherches, elles me les a aimablement montrées ; l'identité de l'expéditeur et du destinataire ne fait aucun doute. La raison probable pour laquelle Hlávka les possédait est que Dvořák les lui a apportées pour avoir ses conseils en affaire.
(16) Dans mes transcriptions je n'ai fait aucune tentative pour corriger les erreurs d'orthographe, de grammaire, de syntaxe, de capitalisation, ou de ponctuation. Lorsque deux interprétations d’un passage difficile à lire sont également possibles, j'ai choisi celle qui est correcte et sensée, mais là où l'original est clairement incorrect, j'ai conservé l'erreur (sans insertion de « [sic] », parce que le nombre d'occurrences de cette mention serait trop grand). Entre crochets, j’ajoute des mots apparemment omis par accident, qui sont nécessaires à la compréhension, mais dans l'ensemble, les textes sont compréhensibles en l'état. Dans le cas de Dvořák en particulier, les erreurs ont un intérêt intrinsèque pour nous documenter sur son degré de maîtrise de la langue anglaise. Une série de petits x indique un mot illisible, ou une partie d'un mot ayant à peu près ce même nombre de lettres. L'insertion de [?] indique que je suis incertain au sujet du mot qui précède le signe.
(17) Je remercie Jan Kahuda pour son aide dans la transcription de ces lettres, écrites en ancienne écriture cursive allemande.
Comme l’indiquent plusieurs courriers cités dans l’édition critique de la correspondance de Dvořák (Antonín Dvořák. Korespondence a dokumenty, qui sera abrégé en ADKD (3) dans la suite du texte), Novello payait en règle générale beaucoup mieux. (4) Si Dvořák n’avait pas accordé à Simrock le droit de refuser toutes ses nouvelles œuvres, longtemps avant d’entrer en contact avec Novello (5), il aurait pu faire davantage publier sa musique en Angleterre, et peut-être ses finances s’en seraient mieux portées.
Mais pour Dvořák, Novello était plus qu’un éditeur. Dans les faits, Alfred Littleton a servi d'agent du compositeur en Grande-Bretagne auprès des associations de concert, en organisant ses apparitions en tant que chef de ses propres œuvres, et même de médiateur auprès des commissions, pour les nouvelles œuvres qu'il compose ou envisage de composer pour les festivals de musique dans diverses villes britanniques.(6)
Il faut souligner l’hospitalité que Littleton offrit à Dvořák lors de plusieurs visites en Angleterre, dans son manoir appelé Westwood House à Sydenham (juste au sud de Londres). Cet endroit était sans conteste le lieu de résidence européen le plus important pour le compositeur, en dehors de la Bohême : on estime qu’il y a passé en tout cinquante-huit nuits de 1884 à 1890.(7) Westwood House fut le site de nombreuses rencontres qu'il a eues avec d’importants musiciens et critiques britanniques, même quand il n'était pas logé là-bas. C’est à cet endroit qu’il composa, en mai 1885, ses Two Songs on Folk Poems (Deux chants sur des poèmes populaires), B. 142. (8) Malheureusement, le manoir a été démoli en 1952.(9)
En 1891, Littleton a également joué un rôle capital de médiateur pour les négociations entre Dvořák et Jeannette Thurber, au sujet du contrat de directeur du National Conservatory of Music of America. Et un an plus tard, peu avant le départ de Dvořák pour New York et sa prise de fonction, Littleton se fit l’intermédiaire du souhait de Thurber de voir Dvořák écrire une cantate. Cette œuvre devait inaugurer les concerts du compositeur en Amérique. Elle suggéra un Te Deum, qui fut effectivement écrit à cette occasion (B. 176), ou mieux encore une adaptation du poème The American Flag de Joseph Rodman Drake, également composé (B. 177) mais pas achevé à temps pour le premier concert.(10)
Les relations de Dvořák avec Alfred Littleton et Novello (dans ce cas sans nom de personne physique associé, sauf à une occasion, avec celui de l’employé Berthold Tours) sont assez peu documentées sous l’angle de la correspondance. Or, Littleton et la maison d’édition Novello sont à l’origine d’une abondante quantité de courrier reçu par le compositeur, avec cinquante-neuf lettres (en y ajoutant trois lettres récemment découvertes, qui seront présentées plus loin). Ce total devance de justesse celui de Jeannette Thurber. Seul Fritz Simrock a envoyé plus de lettres à Dvořák, parmi l’ensemble des correspondances que nous connaissons. Littleton et Novello devraient avoir la même importance parmi les destinataires des courriers de Dvořák, mais une quantité inhabituellement élevée de lettres que le compositeur a dû leur écrire manque aujourd’hui.
Par exemple, la correspondance que nous possédons de la part de Dvořák à l’attention de Littleton et Novello montre un vide de près de quatre ans, à partir de l'été 1886 jusqu’à l'été 1890, période pendant laquelle nous savons qu'il y a eu des contacts importants. C'est une lacune qu’une lettre nouvellement découverte, datée du 16 février 1890 et présentée ci-dessous, commence à peine à combler. Ce que nous possédons est un total de seulement trente lettres envoyées par Dvořák à Littleton et Novello. C’est moins que ce que le compositeur a envoyé isolément à plusieurs de ses plusieurs amis personnels, parents et associés d'affaires.
Mais la situation aurait pu être pire. Nous pouvons être reconnaissants à Jitka Slavíková pour avoir obtenu des photocopies de dix lettres de Dvořák à Littleton, alors qu'elle était en Angleterre dans les années 1980. (11) Certaines d'entre elles, encore détenues à ce moment-là par la firme Novello, ont ensuite été dispersées aux enchères.(12) Heureusement, les manuscrits originaux d'un assez grand nombre de lettres que Dvořák a envoyées à Littleton et Novello, et presque toutes les lettres connues qu’il a reçues de leur part, sont détenues aujourd'hui par le Musée tchèque de la musique (désigné dans la suite du texte par le sigle CMM). Ce musée possède également, grâce à un don de Milan Kuna (13), rédacteur en chef de AKVD, les photocopies des correspondances citées dans ce recueil (y compris celles des lettres « sauvées » par Jitka Slavíková).
Le rôle de médiateur joué par Littleton a largement évité à Dvořák d’avoir à écrire directement aux organisateurs de festivals de musique britanniques. Ainsi, le nombre d'éléments connus de la correspondance échangée entre le compositeur et eux est assez faible : dans les registres de correspondance présentés par ADKD, vol. 4 (correspondance envoyée) et vol. 8 (correspondance reçue), voir Beale et Milward (du festival de Birmingham), Broughton et Spark (Leeds), Scott (Cardiff), et (sans nom personnel) 'Sheffield Musical Festival' ainsi que 'Hudební festival ve Sheffieldu'.
La découverte récente de cinq ajouts importants à la correspondance entre Alfred Littleton et Dvořák, ainsi que deux lettres entièrement consacrées à la Messe en ré majeur envoyées par la firme Novello à des tiers, justifient la présente étude.
Plus précisément, ces nouvelles découvertes comprennent deux lettres de Dvořák à Littleton. La première, datée du 16 février 1890, a été mise aux enchères par l’antiquaire berlinois J. A. Stargardt en juin 2010. La deuxième, en date du 20 octobre 1890, a été achetée en 2007 par le CMM.(14)
Il faut ajouter cinq courriers que j'ai découverts en septembre 2010 dans les documents de Josef Hlávka détenus à Prague par le Památník národního písemnictví (Musée de la littérature tchèque), à savoir :
trois lettres de Littleton à Dvořák en date du 4 juin 1889, du 20 juin 1890, et du 27 août 1890, une lettre de la firme Novello à la firme Simrock en date du 15 novembre 1889, et une autre de l'entreprise Novello à Josef Hlávka datée de janvier 1893.(15) Ces sept lettres nouvellement découvertes sont présentées ci-dessous dans une transcription diplomatique, ainsi que deux lettres en rapport, détenues depuis longtemps par la CMM mais restées inédites : l'une datée du 31 mai 1889, écrite par Charles Beale du Festival de Birmingham à Dvořák, et l’autre en date du 11 novembre 1889, de la firme Novello à la firme Simrock. (16)
Les lettres, au total de neuf, touchent surtout aux circonstances entourant la publication du Requiem, de la Huitième Symphonie, et de la Messe en ré majeur. Pour chacune de ces œuvres, cette correspondance se rapporte soit au début des négociations avec Novello sur leur publication, soit à un stade plus précoce à ce que nous connaissions déjà. Nous découvrons aussi un important « chaînon manquant » sur les raisons qui ont décidé Dvořák à composer le Requiem. Et au fil de l’eau nous saisissons mieux d'autres aspects de la vie et du travail du compositeur, en particulier sur ses relations avec Simrock. En plus de présenter les neuf lettres citées, envoyées ou reçues par Littleton, la firme Novello et Charles Beale, je me référerai à certains passages d'un autre groupe de quatorze lettres que j'ai trouvées dans les documents de Hlávka, écrites par Simrock et envoyées à Dvořák. Cette correspondance a une incidence sur les questions discutées ici. J'ai l'intention de la publier à une autre occasion. (17)
Article suivant : Requiem, B 165
Notes
[NDT : l'ensemble des notes est de l'auteur.]
(1) Cette étude fait appel à des résultats de recherche et collectes d’informations que j'ai réunis au cours de plusieurs années de travaux, dans le but principal de réaliser l’étude approfondie de la vie de Dvořák et de sa musique, avec le soutien de la National Endowment for the Humanities (des Etats-Unis), de la Fondation des Sciences de la République tchèque, de la Fondation Hlávka à Prague, de Bärenreiter Verlag de Kassel, de l'Académie des sciences de la République tchèque, et de la Société Dvořák pour la musique tchèque et slovaque (de Grande-Bretagne). Je suis également redevable à de nombreuses personnes qui m'ont aidé et que je remercierai au fil des notes qui suivent. J’espère seulement n’avoir oublié personne.
(2) L’identification des œuvres suit le Catalogue thématique Antonín Dvořák de Jarmil Burghauser, 1ère éd. Prague : Státní nakladatelství Krásné Literatury, hudby une umění, 1960 ; 2è édition augmentée, Prague : Bärenreiter Editio Supraphon, 1996. Les titres sous lesquels Novello a publié deux des œuvres mentionnées ne sont pas de véritables traductions de l'original tchèque. Le mot tchèque « Hymnus » se rapproche de l’anglais « Ode » plutôt que du mot « Hymne », et le terme « patriotique » du titre anglais n’est pas inhérent à « Hymnus », bien que ce texte-là soit en effet patriotique. « Svatební košile » signifie « Les Chemises de noce » en allusion à une coutume tchèque que le texte de cette cantate évoque. « The Spectre’s Bride » (en français : « La Fiancée du Spectre »), proposé par Alfred Littleton à Dvořák comme titre anglais de l’œuvre dans une lettre du 19 janvier 1885 et publiée dans l'édition complète de la correspondance de Dvořák (ADKD - voir plus loin dans ce même paragraphe du texte principal), exprime bien l'histoire de la cantate.
(3) En dix volumes. Prague : Editio Supraphon / Editio Bärenreiter Praha, 1987-2004. Préparé par une équipe éditoriale, sous la direction de Milan Kuna. Les courriers cités dans la présente étude peuvent être facilement trouvés dans la présentation chronologique de la correspondance envoyée et reçue par Dvořák. Ils sont donc cités sans référence aux volumes et numéros de page.
(4) Pour chacune des deux œuvres, sainte Ludmila et le Requiem, Novello a versé à Dvořák 650 livres britanniques (en 1886 et 1891 respectivement). Voir ADKD : Littleton à Dvořák 15 février 1886, Dvořák à Littleton le 20 février 1886, et Littleton à Dvořák 13 avril 1891. A cette époque, ce montant était l'équivalent d'environ 11 700 marks allemands (taux de change calculé à partir des informations ADKD : Dvořák à Malybrok-Stieler le 17 janvier 1888, à Göbl le 1er août 1891, à Rus le 2 janvier 1893, à Hodík en [juin] 1893, à Simrock aux alentours du 12 juillet 1893, et aussi de Littleton à Dvořák le 13 juillet 1891). Fritz Simrock n’achètera la Symphonie du Nouveau Monde, B. 178 que pour 2 000 marks (sa lettre à Dvořák du 28 juillet 1893). Seulement après l'énorme succès de cette œuvre il fut d’accord (lettre du 24 juin 1896) pour verser au compositeur des émoluments comparable à ceux de Novello : 12 000 marks pour le lot des trois poèmes symphoniques Vodnik (L’ondin, B. 195), Polednice (La sorcière de midi, B. 196), et Zlatý Kolovrat (Le Rouet d'or, B. 197).
(5) Voir la note 37 ci-dessous.
(6) Au sujet de la correspondance avec les organisateurs de ces festivals publiée dans ADKD, voir plus loin dans notre texte principal. Pour plus d'informations sur les festivals, se référer à la thèse inédite de Jitka Slavíková : Kontakty Antonína Dvořáka s Anglií. Jejich význam pro skladatelův život a dílo i pro česko-britské kulturně společenské vztahy (Antonín Dvořák’s Contacts with England : Their Importance for His Life and Work as Well as for Czech-British Cultural and Social Relations), Prague 1989, passim et (la plupart du temps sans référence spécifique aux sources) à son livre Dvořák a Anglie aneb Země, které mnoho dlužím (Dvořák and England, or A Land to Which I Owe a Lot), Prague and Litomyšl : Paseka, 1994, passim.
(7) Comme en témoignent plusieurs de ses lettres et divers autres témoignages contemporains. Concernant son plus long séjour à Westwood House (en avril-mai 1885), voir en particulier les rapports de Josef Zubatý, qui était son compagnon de voyage occasionnel, dans Dalibor VII/20-21 (28 mai 1885) p. 195, VII/22-23 (14 juin 1885) p. 215, et VII/24 (28 juin 1885) p. 234 ainsi que dans Hudební Revue IV/8-9 (octobre 1911), pp 487-89.
(8) Voir l'entrée de ce travail dans le catalogue Burghauser (op. cit., note 2). La deuxième édition du catalogue (1996) donne la date de l'esquisse à tort comme le 1 février 1885, alors que la première édition (1960) donnait la date correcte : 1er mai 1885.
(9) Site Web « Sydenham Town », consulté le 1er septembre 2011 : http://www.sydenham.org.uk/se26_sheenewood.html
(10) Cinq passages dans la correspondance donnent un éclairage pertinent sur ces questions. Il s’agit d’échanges entre Littleton et des tiers (Dvořák excepté) utilisés dans ADKD sous forme de citations partielles ou de paraphrases, dans des annotations à la correspondance du compositeur. Voir aussi Jitka Slavíková, « K Dvořákovu odjezdu ne Ameriky » (« au sujet du départ de Dvořák pour l'Amérique »), Hudební rozhledy (horizons musicaux) XXXVIII (1985) / 3, p. 138-42. Il serait utile de présenter les textes complets de ces lettres, mais je n'ai pas encore réussi à les localiser toutes, sans même parler des contraintes de longueur de la présente étude. Ce sujet sera donc exposé à une autre occasion. Que l’on me permette seulement d’indiquer que Thurber n'a pas confié à Bernhard Bachur le choix d'un poème américain pour que Dvořák le mette en musique, comme indiqué dans la littérature de langue tchèque, mais a plutôt manifestement choisi elle-même.
(11) Slavíková : Kontakty [...] (op. cit., note 6), pp. 4-5.
(12) Voir Harvey Grace et Peter Ward Jones: "Novello", Grove Music Online, consulté le 27 novembre 2010.
(13) La correspondance connue entre Dvořák et Littleton a commencé avec quelques échanges de part et d’autre en allemand, mais a continué par la suite en anglais. Malheureusement, les lettres des deux correspondants sont souvent peu lisibles. (On doit plaindre le compositeur d'avoir eu à faire aux pattes de mouches de Littleton, tout en s’efforçant de maîtriser la langue anglaise !) Beaucoup de mots sont difficiles à déchiffrer, et dans les lettres de Littleton il faut parfois imaginer des mots qui ont été omis par mégarde. Pour interpréter certains passages de la transcription donnée dans cet article, j'ai dû les comparer avec des passages d'autres lettres des mêmes auteurs détenues par la CMM, où les mêmes mots apparaissent dans des contextes qui ne laissent aucun doute sur leur interprétation.
J'ai aussi comparé, avec l'aide d'Elizabeth Shribman que je remercie chaleureusement, toute la correspondance de Dvořák en langue anglaise avec Littleton et la firme Novello détenue par la CMM (un total de 53 articles), avec sa transcription dans ADKD. Sans surprise, j’ai trouvé un certain nombre de divergences. Peut-être la plus importante d’entre elles se trouve dans la lettre de Littleton à Dvořák du 27 janvier 1886, où la deuxième phrase du deuxième alinéa doit se lire ainsi :
"I do not think Samson + Delilah is large enough for them and I am afraid John Hus would not do on account of the large number of Roman Catholics at Birmingham."
"Je ne pense pas que Samson + Dalila soit assez grand pour eux, et je crains que Jean Huss ne soit pas un succès en raison du grand nombre de catholiques romains à Birmingham."
A ma connaissance, c'est la seule preuve que Dvořák considérait Jean Huss (Jan Hus) comme le sujet d’une future œuvre pour le festival de Birmingham en 1888. La transcription dans ADKD omet la référence à Hus, sans mention même du moindre nom. Aussi, je crois que le "PS" placé dans ADKD à la fin de la lettre de Littleton du 26 novembre 1884 n’appartient en réalité pas à cette lettre, mais à une plus tardive, vraisemblablement dont le texte principal est manquant. Ce courrier est écrit au plus tôt le 19 janvier 1885, mais probablement après, et avant le départ pour l'Angleterre de Dvořák le 15 août de cette année. Le post-scriptum est sur une feuille volante de papier par ailleurs vide, déposée séparément dans le CMM sous la référence S76 1108, alors que la référence de la lettre du 26 novembre 1884 est S76 1102.
(14) Concernant la lettre du 16 février 1890, voir http://www.stargardt.de/de/kataloge/ (consulté le 10 février 2011), Katalog 694, No. 651, sous la rubrique « IV. Musik ». Consulté le 10 février 2011. La lettre du 20 octobre 1890 est déposée dans le CMM comme CMH / Acquisition MAD n ° 5 / 2008, n ° 8667 Inventaire. Pour avoir attiré mon attention sur ces deux lettres je remercie Eva Paulová et Markéta Kabelková.
(15) J'ai trouvé ces cinq lettres dans la collection Josef Hlávka, alors que je dirigeais des recherches soutenues par une bourse du Národohospodářský ústav Josefa Hlávky (Institut national d'économie Josef Hlávka) du Nadace Nadání Josefa, Marie a Zdeňky Hlávkových (Fondation pour la dotation de Josef, Marie, et Zdenka Hlávka). Voir Věra Dykova : Josef Hlávka (1831-1908). Soupis osobního Fondu (pracovní verze) (inventaire de ses papiers, version de travail) (Prague: Památník národního písemnictví, 2006), p. 41 (Novello à Hlávka) et p. 90 (Novello à Simrock). Les lettres de Littleton à Dvořák ne sont pas contenues dans cette « version de travail » de l'inventaire, parce que Mme Dyková ne savait pas où les placer : elle n’avait pas identifié la signature de Littleton, et le nom de Dvořák n'apparaît nulle part (la formule de politesse est simplement « Mon cher ami ») Cependant, elle avait deviné qu'elles pourraient se rapporter à Dvořák et, sachant que Dvořák faisait l'objet de mes recherches, elles me les a aimablement montrées ; l'identité de l'expéditeur et du destinataire ne fait aucun doute. La raison probable pour laquelle Hlávka les possédait est que Dvořák les lui a apportées pour avoir ses conseils en affaire.
(16) Dans mes transcriptions je n'ai fait aucune tentative pour corriger les erreurs d'orthographe, de grammaire, de syntaxe, de capitalisation, ou de ponctuation. Lorsque deux interprétations d’un passage difficile à lire sont également possibles, j'ai choisi celle qui est correcte et sensée, mais là où l'original est clairement incorrect, j'ai conservé l'erreur (sans insertion de « [sic] », parce que le nombre d'occurrences de cette mention serait trop grand). Entre crochets, j’ajoute des mots apparemment omis par accident, qui sont nécessaires à la compréhension, mais dans l'ensemble, les textes sont compréhensibles en l'état. Dans le cas de Dvořák en particulier, les erreurs ont un intérêt intrinsèque pour nous documenter sur son degré de maîtrise de la langue anglaise. Une série de petits x indique un mot illisible, ou une partie d'un mot ayant à peu près ce même nombre de lettres. L'insertion de [?] indique que je suis incertain au sujet du mot qui précède le signe.
(17) Je remercie Jan Kahuda pour son aide dans la transcription de ces lettres, écrites en ancienne écriture cursive allemande.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire