samedi 7 août 2010

Musicotherapie tchèque (1912)

Le 10 février 1912, les lecteurs du Ménestrel purent prendre connaissance de quelques conseils de "pharmacopée musicale", thème alors en vogue. L'on trouvera avec quelque étonnement dans cette liste deux œuvres de Dvořák et une de Smetana, ce que l'on s'expliquera mieux quand on saura que la note reproduit une dépêche d'Amérique, pays où la musique tchèque était plus connue qu'en France.
Il n'est peut-être pas inutile de noter que le Prélude carnavalesque cache évidemment l'ouverture Carnaval, et que la Moldavie de Smetana est en réalité la Moldau, ou Vltava, de ce même auteur.

Déjà certains médecins ont cherché à obtenir quelques effets curatifs de la musique. Mais personne, jusqu'à présent, n'a songé à rédiger une véritable pharmacopée musicale. Cette lacune est comblée maintenant, grâce à M. Robert Haven Schauffier. En voici les principales indications :

Pour la manie dépressive : le Roi des Gnomes, de Schubert, ou le Prélude carnavalesque, de Dvořák.

Pour l'épuisement nerveux du au surmenage ; la Lumière du Soleil, de Grieg, ou bien la Moldavie, de Smetana.

Pour les grandes douleurs morales : l'Étude en sol majeur, de Chopin, ou la Sonate pathétique, de Beethoven, pour violoncelle, ou encore le Concerto pour violoncelle, de Dvořák.

Pour les états mélancoliques dus aux graves désillusions : Hymne à la Joie, de Beethoven.

Ceux qui sont atteints d'une véritable torpeur intellectuelle résultant d'un effort cérébral trop prolongé feront bien d'écouter avec attention une fugue de Bach.

Pour apaiser la colère, des morceaux de rythme solennel, d'inspiration très élevée, mais d'un temps peu vif, sont particulièrement recommandés. A noter, parmi ces morceaux, le Chœur des Pèlerins du Tannhäuser.

Enfin, pour nos modernes Othello, ce qu'il y a de mieux, c'est l'ouverture des Maîtres Chanteurs.

Remerciements

L'article du Ménestrel m'a aimablement été fourni par Joseph Colomb.

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