mercredi 14 juillet 2010

ForgottenRecords réédite Mozart et Haydn


En 1953, la pianiste Hélène Boschi enregistre le concerto n° 22 K 482 de Mozart, avec la Philharmonie Tchèque et le chef Alois Klima. Le microsillon Supraphon LPV 205 vient d’être restauré par Forgotten Records. Interprétation épanouie et harmonieuse, remarquable par le legato de la pianiste (de quelle manière fait-elle sonner les redoutables courses en doubles-croches de l’Allegro !) mais également par l’attention permanente des musiciens. Le second mouvement d’une mélancolie ambiguë – cet art où Mozart excelle n’est pas sans rappeler ici la sérénade Gran Partita – révèle l’accord parfait entre la soliste franco-suisse et les musiciens pragois. Nous ignorions, avouons-le, les talents d’accompagnateur d’Alois Klima, chef alors titulaire de l’ensemble symphonique de Radio Prague.

Restauration quasi impeccable : le sillon accroche brièvement au tout début de l’œuvre, sans que rien ne vienne plus perturber la magie de l’écoute.

Les musiciens de Bohême chérissent depuis longtemps la 38e symphonie, cette œuvre que Mozart dédia au public tchèque qui sut si bien l’accueillir. L’on comprend à quel point les artistes du cru, d’Ančerl à Kubelik, eurent à cœur de cultiver une certaine tradition interprétative de l’œuvre.

Voici donc la Symphonie « Prague » K 504 sous la baguette de Karel Šejna. Le chef sollicite avec raison le meilleur de ses cordes : synchronisme parfait et dynamique soignée, finale Presto mené avec cet entrain typique aux artistes tchèques. Vision alerte et aérienne, d’une très grande musicalité. Nous comprendrons mieux le caractère de cette approche en comparant les quatre minutes du Presto de Šejna, avec les 6 minutes et 16 secondes de Karl Bohm à Berlin. Et que dire alors des philharmonistes de Vienne et Leonard Bernstein, avec une durée de… 8 minutes et 40 secondes ?

Quel rapport entre Constantin Silvestri et la 27e Symphonie de Joseph Haydn ? Tout simplement la Roumanie. La partition de Haydn fut retrouvée en 1946 près de la ville de Sibiu, dans la résidence du baron von Brukenthal, contemporain du compositeur. Aussi fut-elle sous-titrée Hermannstädter (d’après Hermannstadt, nom allemand de Sibiu), puis Brukenthal. On s’avisera un peu plus tard que l’œuvre était déjà connue et même éditée depuis 1907 par le grand musicologue Eusebius Mandyczewski, autre natif de Roumanie.

Le Bucarestois Constantin Silvestri et le Symphonique de Prague mènent rondement cette page vigoureuse, dans laquelle l’on note un lancinant mouvement médian confié aux seules cordes, annonçant déjà le Haydn de la maturité.

Cette courte œuvre (3 mouvements en moins de 12 minutes) complétait le vinyle du Concerto n° 22 et termine à point nommé un nouveau CD Forgotten Records des plus bienvenus.

Consulter l'article sur le site Forgotten Records : http://www.forgottenrecords.com/Boschi--Klima-Oejna-Silvestri--Mozart-Haydn--256.html

A lire


L'histoire de la 27e symphonie de Haydn, revisitée par le musicien de jazz autrichien Franz Koglmann qui eut l'idée d'allier à la musique un discours du philosophe Cioran - né près de Sibiu, ex-Hermannstadt. http://www.musicaustria.at/en/musicaustria/jazz-improvisierte-musik/spazierg%C3%A4nge-mit-cioran-kuriose-reisen-haydns-und-die-weltlage (en langue allemande).

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