La production de l'opéra Bastille sur DVD
| Origine | Historique | Argument | Symbolique | Création | Diffusion |
diffusion par supports techniques | diffusion sur les scènes d'opéra |
Lors de la production de La petite renarde rusée à l'opéra Bastille en octobre novembre 2008, une séance a été filmée sous la direction de Don Kent. L'Opéra Bastille, France 2, Medici-TV ont mis en ligne cette réalisation jusqu'à fin décembre 2008.
Toute œuvre riche et profonde admet plusieurs lectures, plusieurs interprétations, plusieurs traductions. Celle qui a été proposée sur la scène de l'opéra Bastille par André Engel n'est pas la seule possible. Mais l'émerveillement qu'elle suscite, l'adéquation avec la pièce de Janáček qu'elle présente, la sensibilité et la conviction que Elena Tsallagova (la renarde) met dans le chant et le jeu, ces qualités paraissaient si convaincantes qu'elles nous laissaient espérer un report de ce spectacle si réussi sur le support DVD pour laisser à la postérité un témoignage de cet art si raffiné et de la compréhension de l'œuvre si forte du metteur en scène. C'est maintenant chose faite depuis le 25 avril. (1) On ne peut que s'en réjouir !

Couverture du DVD
France 2, quelques jours avant la sortie de ce DVD, programma cet opéra. Combien d'entre nous l'ont-ils visionné ? Aucune publicité spécifique n'a été lancée pour signaler cet événement. Combien de fois France 2 et les autres chaînes françaises proposent-elles aux téléspectateurs un opéra et/ou un concert ? Est-ce trop ? Ou la place de la musique à la télévision ressemblerait-elle à la peau de chagrin ? Le 21 avril, il fallait éplucher soigneusement les programmes sur un hebdomadaire spécialisé pour repérer à 0 h 15 (quelle heure de grande écoute !) cette Petite renarde rusée.
Je viens de déplorer le peu d'empressement des responsables de la télévision envers la musique et l'opéra. Ces derniers mois, pourtant, Janáček a fourni à deux reprises un sujet à plusieurs chaînes télévisuelles. C'est ainsi qu'Arte (2), le 2 février, a monté une émission sur… la Petite renarde rusée, dans une réalisation berlinoise de 2000, sous la direction musicale de Jan Latham-Koenig. Autre metteur en scène, autre regard jété sur l'œuvre, autre illustration. L'émission d'Arte, justement intitulée "Découvrir un opéra", ne donnait pas l'intégralité de l'opéra, mais des scènes bien choisies et fort bien éclairées par les commentaires pointus, judicieux et sensibles d'Eva Drliková, excellente exégète du compositeur morave. La vision de la Berlinoise Khaterina Thalbach, d'excellente qualité elle aussi, n'entrait pas en concurrence avec celle d'André Engel. Leurs postes d'observations respectifs ne se situaient pas au même endroit ! Ces deux versions apportent aux spectateurs-auditeurs un accroissement de leur prise de connaissance de l'opéra et l'élargissement de leurs champs d'appréhension. Elles donnent des clés précieuses pour pénétrer plus intimement dans cet opéra foisonnant… L'un rejettera tel aspect de la réalisation berlinoise (une caricature trop marquée des humains, par exemple), l'autre pourra écarter tel aspect de la réalisation parisienne (le lieu de rencontre du renard et de la petite renarde rusée…) De même, l'on pourra souhaiter conserver absolument le magnifique décor de la forêt dans la réalisation berlinoise alors que, du côté de la production française, l'on aspirera à garder le trio formé par le garde-chasse, l'instituteur et le curé, chacun présentant les caractères humains de leur existence humble, mais solidaire, dans toute leur véracité, sans parler de la prestation de la jeune Elena Tsallagova, renarde on ne peut plus persuasive qui nous inviterait à aller vivre dans les bois !
Raison de plus d'apprécier la cohérence de la représentation parisienne. Raison de plus d'élargir le champ d'observation et d'émerveillement par rapport à la réalisation plus ancienne de Walter Felsenstein au Komisch Oper de Berlin à la fin des années 50.
Quatre vingt ans après sa création à Brno, cette Petite renarde rusée dont Janáček était si fier - et il avait bien raison - trouve le cœur et l'esprit des mélomanes. Ce DVD viendra consolider l'intérêt dont les opéras du compositeur morave jouissent enfin. Avec cette renarde, Janáček, l'un des plus grands compositeurs d'opéra du XXe siècle, affirme sa grandeur, son humanité, sa sensibilité à travers cet opéra atypique, mais si beau, si merveilleux, si riche d'humour, de poésie, d'altruisme, du sens authentique de la vie.
Profitons de cette version, véritable aubaine pour les mélomanes, en attendant d'autres réalisations qui éclaireront peut-être d'une autre lumière ce chef-d'œuvre pour le faire resplendir d'une clarté encore plus belle et plus profonde !
Joseph Colomb - mai 2009
Notes :
Je viens de déplorer le peu d'empressement des responsables de la télévision envers la musique et l'opéra. Ces derniers mois, pourtant, Janáček a fourni à deux reprises un sujet à plusieurs chaînes télévisuelles. C'est ainsi qu'Arte (2), le 2 février, a monté une émission sur… la Petite renarde rusée, dans une réalisation berlinoise de 2000, sous la direction musicale de Jan Latham-Koenig. Autre metteur en scène, autre regard jété sur l'œuvre, autre illustration. L'émission d'Arte, justement intitulée "Découvrir un opéra", ne donnait pas l'intégralité de l'opéra, mais des scènes bien choisies et fort bien éclairées par les commentaires pointus, judicieux et sensibles d'Eva Drliková, excellente exégète du compositeur morave. La vision de la Berlinoise Khaterina Thalbach, d'excellente qualité elle aussi, n'entrait pas en concurrence avec celle d'André Engel. Leurs postes d'observations respectifs ne se situaient pas au même endroit ! Ces deux versions apportent aux spectateurs-auditeurs un accroissement de leur prise de connaissance de l'opéra et l'élargissement de leurs champs d'appréhension. Elles donnent des clés précieuses pour pénétrer plus intimement dans cet opéra foisonnant… L'un rejettera tel aspect de la réalisation berlinoise (une caricature trop marquée des humains, par exemple), l'autre pourra écarter tel aspect de la réalisation parisienne (le lieu de rencontre du renard et de la petite renarde rusée…) De même, l'on pourra souhaiter conserver absolument le magnifique décor de la forêt dans la réalisation berlinoise alors que, du côté de la production française, l'on aspirera à garder le trio formé par le garde-chasse, l'instituteur et le curé, chacun présentant les caractères humains de leur existence humble, mais solidaire, dans toute leur véracité, sans parler de la prestation de la jeune Elena Tsallagova, renarde on ne peut plus persuasive qui nous inviterait à aller vivre dans les bois !
Raison de plus d'apprécier la cohérence de la représentation parisienne. Raison de plus d'élargir le champ d'observation et d'émerveillement par rapport à la réalisation plus ancienne de Walter Felsenstein au Komisch Oper de Berlin à la fin des années 50.
Quatre vingt ans après sa création à Brno, cette Petite renarde rusée dont Janáček était si fier - et il avait bien raison - trouve le cœur et l'esprit des mélomanes. Ce DVD viendra consolider l'intérêt dont les opéras du compositeur morave jouissent enfin. Avec cette renarde, Janáček, l'un des plus grands compositeurs d'opéra du XXe siècle, affirme sa grandeur, son humanité, sa sensibilité à travers cet opéra atypique, mais si beau, si merveilleux, si riche d'humour, de poésie, d'altruisme, du sens authentique de la vie.
Profitons de cette version, véritable aubaine pour les mélomanes, en attendant d'autres réalisations qui éclaireront peut-être d'une autre lumière ce chef-d'œuvre pour le faire resplendir d'une clarté encore plus belle et plus profonde !
Joseph Colomb - mai 2009
Notes :
1. Voici la distribution musicale et technique de cette réalisation :
| rôles | distribution |
| la Renarde | Elena Tsallagova |
| le Renard | Hannah Esther Minutillo |
| le garde-chasse | Jukka Rasilainen |
| sa femme | Michèle Lagrange |
| l'instituteur | David Kuebler |
| le curé | Roland Bracht |
| Harašta | Paul Gay |
| Orchestre, Chœurs et Atelier lyrique de l'Opéra National de Paris, Maîtrise des Hauts-de-Seine, Chœur d'enfants de l'Opéra National de Paris, | Dennis Russel Davies |
| Mise en scène | André Engel |
| Réalisation : Don Kent | |
2. N'oublions pas la retransmission, sur Arte, au cours de l'été 2008 du dernier opéra de Janáček, De la Maison des Morts, dans la réalisation aixoise de Patrice Chéreau et sous la direction musicale de Pierre Boulez ! Si la musique n'est pas souvent à l'honneur à la télévision, le compositeur morave (et nous avec !) a été gâté cette dernière année… Nous n'allons pas nous en plaindre ! D'autant plus que, dans la foulée, un DVD de cette réalisation mémorable nous a été offert par Deutsche Grammophon !
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