Le jeune label Forgotten Records réhabilite des enregistrements historiques souvent tombés dans l'oubli. Grâce à lui, nous avons eu le plaisir d'écouter trois raretés du catalogue Supraphon : les Symphonies 6 et 7 de Beethoven et la Symphonie n° 4 de Mahler par l'Orchestre Philharmonique Tchèque et deux invités de renom, Karel Šejna et George Georgescu.
Resté dans l'ombre des grands chefs de son époque, Karel Šejna (1896-1982) n'a pas moins assuré le poste de Directeur Adjoint d'une Philharmonie Tchèque dirigée par le prestigieux Karel Ancerl. C'est à ce titre qu'il a laissé de nombreux témoignages au disque. Son répertoire embrassait aussi bien les artistes de son pays que le grand répertoire international. Le témoignage proposé par Forgotten Records, une Pastorale captée en 1954, est un bel exemple de son art lumineux. Šejna laisse admirablement respirer ses musiciens, joue avec les délicates couleurs de la Scène au bord du ruisseau, jamais ne verse dans le spectaculaire. Son art de contrebassiste (son pupitre d'origine) s'entend dans la séquence de l'Orage, servie par un orchestre aux tutti savoureux.
Une année plus tard - 1955 - et c'est au tour de George Georgescu (1887-1964) de diriger Beethoven à Prague. L'"Otto Klemperer" roumain, connu pour sa manière d'aborder le grand répertoire germanique - outre Beethoven, ses Brahms et R. Strauss étaient réputés - était l'un des derniers élèves d'Arthur Nikisch. Sa vision très monumentale du corpus beethovenien trouvera un aboutissement dans l'intégrale réalisée au début de la décennie 1960 à Bucarest. Avec les musiciens tchèques, Georgescu ne précipite jamais le tempo, travaille la dynamique, valorise les timbres (écoutez l'harmonie crier à 5'30 dans le mouvement initial !), soutire le meilleur son d'un orchestre dont il ne possédait pas - ou plus - l'équivalent dans son pays.
Quant au troisième enregistrement, on retrouve Karel Šejna à la tête de la Philharmonie tchèque au service d'un compositeur dont on oublie souvent qu'il est né en Bohême, Gustav Mahler et sa 4ème symphonie. Difficile de croire que cet ouvrage a été capté en 1950 tant le promoteur de ce jeune label a effectué un toilettage sonore irréprochable. Les plans sonores sont nets, les tuttis d'orchestre éclatent, les pianissimis s'entendent… Dommage que la soprano tchèque, par ailleurs excellente, n'ait pas la voix adéquate pour animer la vie céleste célébrée dans le lied terminal de cette symphonie, une vie céleste avec des accents naïfs, nimbés d'innocence, de candeur et de douce ironie alors que Karel Šejna traduit bien les humeurs changeantes qui se succèdent tout au long des quatre mouvements de cette œuvre…
De belles découvertes, à conseiller aux amoureux de la Philharmonie Tchèque et d'une certaine tradition de la direction d'orchestre.
Une année plus tard - 1955 - et c'est au tour de George Georgescu (1887-1964) de diriger Beethoven à Prague. L'"Otto Klemperer" roumain, connu pour sa manière d'aborder le grand répertoire germanique - outre Beethoven, ses Brahms et R. Strauss étaient réputés - était l'un des derniers élèves d'Arthur Nikisch. Sa vision très monumentale du corpus beethovenien trouvera un aboutissement dans l'intégrale réalisée au début de la décennie 1960 à Bucarest. Avec les musiciens tchèques, Georgescu ne précipite jamais le tempo, travaille la dynamique, valorise les timbres (écoutez l'harmonie crier à 5'30 dans le mouvement initial !), soutire le meilleur son d'un orchestre dont il ne possédait pas - ou plus - l'équivalent dans son pays.
Quant au troisième enregistrement, on retrouve Karel Šejna à la tête de la Philharmonie tchèque au service d'un compositeur dont on oublie souvent qu'il est né en Bohême, Gustav Mahler et sa 4ème symphonie. Difficile de croire que cet ouvrage a été capté en 1950 tant le promoteur de ce jeune label a effectué un toilettage sonore irréprochable. Les plans sonores sont nets, les tuttis d'orchestre éclatent, les pianissimis s'entendent… Dommage que la soprano tchèque, par ailleurs excellente, n'ait pas la voix adéquate pour animer la vie céleste célébrée dans le lied terminal de cette symphonie, une vie céleste avec des accents naïfs, nimbés d'innocence, de candeur et de douce ironie alors que Karel Šejna traduit bien les humeurs changeantes qui se succèdent tout au long des quatre mouvements de cette œuvre…
De belles découvertes, à conseiller aux amoureux de la Philharmonie Tchèque et d'une certaine tradition de la direction d'orchestre.
Alain Chotil-Fani (Beethoven) + Joseph Colomb (Mahler)
Références initiales
Supraphon LPV 138
Supraphon LPV 249
Liens
Forgotten Record : forgottenrecords.com/index.php
Karel Šejna : musicabohemica.blogspot.com/2009/03/karel-sejna.html
George Georgescu : souvenirsdescarpates.blogspot.com/2007/12/george-georgescu.html
Références initiales
Supraphon LPV 138
Supraphon LPV 249
Liens
Forgotten Record : forgottenrecords.com/index.php
Karel Šejna : musicabohemica.blogspot.com/2009/03/karel-sejna.html
George Georgescu : souvenirsdescarpates.blogspot.com/2007/12/george-georgescu.html
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