Dvořák, Novello, Alfred Littleton, et les festivals de musique britanniques :
Correspondance récemment découverte, nouvelles observations
David R. Beveridge
Requiem, B. 165
Le premier passage de la correspondance qui évoque à notre connaissance la composition d'une œuvre pour le Festival de Birmingham de 1891 reste une lettre citée dans ADKD. Au sujet de cette œuvre, qui devait s’avérer être le
Requiem, Littleton demande le 16 mai 1889 au compositeur :
Envisageriez-vous d’écrire quelque chose d’autre pour l'Angleterre ? Peut-être
voudriez-vous écrire une Messe (Requiem) comme le Stabat Mater - ou une nouvelle
cantate, à la façon de „la Fiancée du Spectre“, mais plus facile à jouer pour
l'orchestre. (18)
Il faut attendre plus de trois mois après cette date, avec la lettre de Littleton du 19 août 1889, pour trouver dans ADKD une nouvelle allusion au
Requiem. Cet extrait démontre que certains échanges sur le sujet sont encore manquants :
Je viens de recevoir une lettre du Comité de Birmingham disant qu'ils n'ont pas eu
de vos nouvelles, en réponse à la lettre que je vous ai transmise il y a 2 mois. (19)
La lettre en question, envoyée de Birmingham – à l’évidence, le premier contact des organisateurs du festival avec Dvořák au sujet du futur festival de 1891 – est détenue depuis longtemps par la CMM (20), mais est omise dans ADKD, certainement à cause d’un simple oubli. (21) À ma connaissance elle n'a jamais été publiée. (22) Voici donc une transcription diplomatique de son texte complet :
[31 mai 1889, Charles Beale à Dvořák]
[En-tête imprimé :]
FESTIVAL DE MUSIQUE DE BIRMINGHAM.
SOUS-COMITÉ MUSIQUE.
3, Newhall Street,
BIRMINGHAM.
[A partir de là, tout est manuscrit :]
31 mai 1889
Cher Monsieur,
Je suis chargé par le Comité orchestral du Festival de Musique de Birmingham de
vous exprimer la satisfaction qui serait la leur, si vous acceptiez les honorer d’une
nouvelle œuvre dont la première audition aurait lieu pendant le Festival de 1891 –
Par-delà le fait de répondre à leur attente d’une œuvre de première importance,
dont la nature exacte ne vous sera pas suggérée, ils apprécieraient néanmoins que
vous vous décidiez pour un oratorio, une cantate sacrée ou une messe, auquel cas
l’exécution aura lieu le matin, ou une cantate profane, pour un spectacle en soirée.
Je ne connais pas votre point de vue en ce qui concerne les droits d’auteur, mais
je suis sûr qu'un arrangement satisfaisant pourra être établi grâce à MM Novello and
Co, qui sont assez aimables pour vous transmettre cette lettre ¬ ¬ -
Je dois ajouter que le Comité désire sincèrement que cette œuvre soit dirigée
par le compositeur, et je peux vous assurer d'un accueil chaleureux à Birmingham,
où la réussite splendide de la "Fiancée du Spectre" est si fraîche dans nos mémoires –
Je suis convaincu que votre expérience du Festival de 1885 vous offre la garantie
que tous les efforts possibles seront faits pour assurer une exécution convenable –
Veuillez agréer, cher Monsieur,
l'expression de ma haute considération
Charles G. Beale
Président du Sous-comité Musical
Herr Antonin Dvořák
Heureusement, nous pouvons désormais également fournir la lettre d'accompagnement avec laquelle, comme dit Beale, la firme Novello a transmis sa propre lettre à Dvořák. Elle fait partie des trois courriers mentionnés ci-dessus, parmi les lettres d'Alfred Littleton trouvées dans les documents de Josef Hlávka :
[4 juin 1889, Alfred Littleton à Dvořák]
[En-tête imprimé en rouge :] I [ou 1 ?], BERNERS STREET, W: (23)
[Manuscrit :]
4 juin 1889
Mon cher ami
Merci beaucoup pour votre lettre du 23 [malheureusement toujours manquante,
certainement une réponse à la lettre de Littleton du 16 mai]. Je vous envoie
aujourd’hui une lettre du Comité du Festival de Birmingham et j'espère que cela vous
[donnera] la possibilité et l'occasion que vous attendiez pour vous mettre à écrire.
Vous savez naturellement combien le Festival de Birmingham est important : c’est le
premier.
Je pense toujours qu’une cantate ou une messe serait le meilleur choix.
S'il vous plait, donnez-moi une réponse favorable. Si vous décidez d'écrire
quelque chose, que je suis sûr que nous trouverons un terrain d’entente satisfaisant
pour faire affaire.
Je pense qu'il serait bon de m'envoyer votre réponse à Birmingham.
Très sincèrement vôtre
Alfred W Littleton
Ces deux lettres pourraient difficilement mieux éclairer la relation de travail étroite entre Littleton et les organisateurs du festival de Birmingham, et le service de Littleton comme agent officieux de Dvořák : il semble probable que lui-même ait sollicité l'invitation de Birmingham, peut-être en réponse à une demande de Dvořák dans sa lettre manquante du 23 mai.
Assez étonnamment, il apparaît que Dvořák a laissé ses amis anglais attendre sa décision plus d'un an et demi. Littleton lui a reposé la question dans ses lettres des 19 août et 1er septembre 1889 (les deux courriers sont dans ADKD). Une des lettres de Simrock à Dvořák, que j'ai récemment trouvée parmi les documents Hlávka, datée du 3 novembre 1889, indique qu’entre-temps le compositeur avait dit à son éditeur allemand qu‘il composerait une nouvelle grande œuvre vocale pour l'Angleterre - probablement celle pour Birmingham. Cependant, il semble que les Anglais eux-mêmes soient restés dans l'obscurité ! Le 7 janvier 1890, Littleton a encore écrit à Dvořák pour lui demander s'il composerait une œuvre pour Birmingham ou pas (lettre dans ADKD). Mais sa lettre suivante au compositeur, écrite seulement deux jours plus tard (également dans ADKD), montre qu'il a finalement reçu une réponse positive (via une communication qui est toujours manquante) avec l’explication de ce que serait cette oeuvre : (24)
Je suis ravi d'apprendre que vous avez décidé d'écrire un "Requiem" pour
Birmingham : J'ai aussitôt écrit au Comité et je sais qu'ils seront très heureux
d'apprendre cette bonne nouvelle.
Dès que vous aurez commencé la composition de cette grande œuvre j'espère
que vous m'enverrez des nouvelles de temps en temps, pour quelles voix en solo
vous écrivez, etc.
Puis le lendemain, 10 janvier, Beale a écrit à Dvořák depuis Birmingham (lettre présente dans ADKD) pour lui exprimer sa satisfaction d’avoir appris cette nouvelle, grâce à Littleton.
En fait, Dvořák n’avait pas seulement pris la décision de composer un
Requiem : il avait déjà commencé à l'écrire, le jour du Nouvel An 1890. Nous pouvons suivre ses progrès dans ses croquis, ses partitions de piano et voix et sa partition complète, tous conservés dans le fonds de la CMM. (25) Et nous avons de nombreuses correspondances de la main de Dvořák à des amis tchèques et allemands sur la genèse de l'œuvre. (26)
Jusqu'à présent, cependant, la correspondance écrite connue de Dvořák sur le
Requiem avec les Anglais mettait en évidence un vide virtuel qui s'étend entre le 10 janvier 1890, avec la lettre de Beale citée plus haut, et le 24 octobre de cette même année, date à laquelle Littleton écrivit à Dvořák - où nous comprenons que les négociations compliquées concernant la publication de l’œuvre par Novello sont en bonne voie. Dans cet intervalle, nous ne possédions qu’une lettre de Littleton du 15 juillet ainsi que la réponse de Dvořák du 27 juillet, sur laquelle nous reviendrons ci-dessous. Heureusement, ces dernières années ont réapparu quatre éléments pertinents de la correspondance entre Dvořák et Littleton en 1890. Ces quatre lettres (deux de part et d’autre) comblent partiellement cette lacune et nous aident à mieux comprendre les relations du compositeur avec l'éditeur, sur le
Requiem parmi d’autres œuvres.
Le premier de ces articles est une lettre de Dvořák à Littleton, en réponse à la demande de celui-ci (lettre du 9 janvier citée plus haut), dans laquelle l’éditeur demandait des précisions sur la forme que prenait le
Requiem. Cette lettre nouvellement découverte de Dvořák, datée du 16 février 1890, a été cédée en juin 2010 par l’antiquaire J. A. Stargardt de Berlin à un collectionneur privé. Je n'ai pas réussi à établir le contact avec l'acheteur, mais le catalogue de vente aux enchères de la firme propose une transcription de la majeure partie du texte de la lettre. (27) La plupart des informations qu'on y trouve confirme ce que nous savons déjà par d'autres sources. (28) En outre, elle nous renseigne sur la coopération amicale que Dvořák entretenait avec Littleton. (29) Notons que l’estimation par le compositeur de la durée totale du
Requiem – c’est la première fois que cette question est évoquée dans l’ensemble de la correspondance et des documents connus - était d'une précision remarquable en regard de ce que serait le résultat final, en dépit du stade encore précoce de la composition.
[16 février 1890, Dvořák à Alfred Littleton]
[texte transcrit exactement à partir du catalogue de Stargardt avec des ellipses pour indiquer les passages omis :]
Mon cher ami
[...]
Le numéro un (Requiem) est écrit pour chœur (avec des voix solos). Le nr. 2., le
plus grand de toute l'œuvre, “Dies irae dies illa”, est pour chœur (30)
vient ensuite "Tuba mirum" Alto et Basse Solo (31) avec Refrain Liber s[c]riptus ténor
solo.
Nr. 3. Quid sum miser jusqu'au Rex tremendae Soli et Chorus (32)
Nr. 4. Quatuor solo Recordare Pie Jesu (33)
Tout cela est prêt, maintenant je m’occupe du Confutatis maledictis et du
Lacrymosa.
Quand je viendrai en avril en Angleterre, je l'espère, je serai en mesure de jouer des
passages de mon Requiem. (34) Le président du Comité de Birmingham m'a écrit il y a
quelque temps. Il était très heureux d'apprendre que j'ai décidé d'écrire une grande
œuvre pour le Festival. (35) Je pense que l’exécution de l’œuvre complète prendra 1
1/2 heure. Bientôt (le 7 mars) je vais en Russie / Moscou où je donnerai un grand
concert à la compagnie impériale rus[se] de Concerts... (36)
[...]
Antonín Dvořák
Prague 18 16/2 90.
Voici maintenant l'autre des lettres nouvellement découvertes dans les documents de Hlávka, écrite par Littleton à Dvořák. Elle est en date du 20 juin 1890 et commence par un paragraphe très intéressant au sujet de la
Messe (en ré majeur, et non le
Requiem) dont nous parlerons plus tard, dans le cadre de ce travail. Comme c’était le cas pour le
Requiem, cette lettre fournit la première preuve que nous ayons des négociations pour sa publication.
[20 juin 1890, Alfred Littleton Dvořák]
[En-tête imprimé en rouge:] I [ou 1?], Berners Street, W:
[Manuscrit:]
Le 20 juin 1890
Mon cher ami
Je joins avec grand plaisir le chèque pour la messe. Nous n'avons encore rien
fait au sujet de sa publication. Je reste impatient de savoir si vous ne pourriez pas
réduire sa partition pour petit orchestre : s'il vous plaît pensez-y. Naturellement,
nous vous réglerions votre dû si vous réalisiez ce travail.
Parlons à présent du Requiem. Je pense que l’heure de la décision est arrivée :
bien sûr je pense que nous [avons le] droit de le publier ici - vous vous souvenez
que vous avez promis que nous aurions toutes les œuvres chorales que vous
écririez, et que Simrock aurait toutes les œuvres pour orchestre et les autres. Même
si vous désiriez laisser le Requiem à Simrock pour le continent, nous devons l'avoir
pour l'Angleterre. Nous avons tout fait pour asseoir le succès de votre musique en
Angleterre et nous voulons continuer à le faire. Je vous en prie, veuillez examiner
cette question avec la plus grande attention et me faire savoir ce que vous en
pensez.
Très cordialement à vous et à Mme
Votre dévoué
Alfred H Littleton
Un grand merci pour les timbres.
A ma connaissance, seule cette lettre récemment découverte présente l'information que Dvořák avait promis toutes ses nouvelles œuvres chorales à Novello. S'il a réellement fait une telle promesse, elle constituait une violation de l'engagement que le compositeur avait fait onze ans plus tôt à son éditeur principal Simrock, qui lui octroyait le droit refuser avant quiconque toutes ses œuvres nouvelles. Simrock menaça plus tard de faire respecter cette « convention » (Verabredung, comme il l'appelait), dans le cas du
Requiem par les voies légales. (37) L'idée que Novello pourrait avoir des droits au
Requiem pour l'Angleterre et Simrock pour le continent venait probablement de Simrock lui-même : l'éditeur allemand avait déjà proposé un arrangement semblable (pour l'Angleterre et l'Allemagne) dans sa lettre précitée à Dvořák du 3 novembre 1889 (des documents Hlávka), concernant dix grandes œuvres vocales non spécifiées que Dvořák projetait d’écrire pour l'Angleterre. Mais apparemment aucun arrangement de ce genre n’a été fait, et Simrock a estimé que Dvořák l’avait circonvenu dans sa négociation avec Novello.
Dvořák avait depuis longtemps appris à ne pas faire de promesses hâtives à des éditeurs, et le 15 juillet 1890, Littleton a dû lui faire remarquer (lettre ADKD) que sa correspondance la plus récente (aujourd'hui disparue, évidemment écrite après la réception du 20 juin chez Littleton) n’abordait pas le sujet de la publication du
Requiem. Dvořák a répondu avec réticence le 27 juillet (lettre ADKD) :(38)
Au sujet du Requiem, il m’est difficile (tant que je n'ai pas fini la composition) [càd « aussi
longtemps que je n'aurai pas terminé l'œuvre »] de décider ou promettre quelque¬chose que je ne
pourrai pas garantir plus tard - mais vous pouvez être sûr que je vous le donne mieux [càd
« je préférerais de beaucoup vous le donner plutôt »] qu’à n'importe quel autre édi¬teur.
Dans la lettre récemment découverte qui suit, datée du 27 août 1890 (la troisième et dernière des lettres de Littleton à Dvořák issues des documents Hlávka), l'éditeur britannique devait insister encore une fois, avec considérable urgence et sur un ton presque menaçant. En outre, il répondait négativement à la volonté du compositeur (également exprimée dans la lettre du 27 juillet) de voir le
Requiem présenté à Prague avant Birmingham. Mais il continuait le reste de la lettre sur un ton de bavardage en abordant des nouvelles familiales, ce qui nous renseigne sur la chaleureuse relation personnelle entre les deux hommes. (Détail touchant, il semble que Dvořák ait utilisé les espaces vides sur la lettre de Littleton pour pratiquer son orthographe et son vocabulaire anglais. Cela peut aussi être vu sur les originaux de quelques autres lettres qu'il a reçues de Littleton, qui sont publiées dans ADKD mais avec omission des annotations de Dvořák.)
[27 août 1890, Alfred Littleton à Dvořák]
[Au-dessus de l'en-tête, écrit très joliment d’une main différente, probablement celle de Dvořák] :
friend freind
[En-tête imprimé :]
Westwood House,
Sydenham.
[La suite est manuscrite :]
Le 27 août 1890
Mon cher ami
Je suis toujours dans l’attente d’informations précises de votre part au sujet du
Requiem. Si vous voulez bien vous souvenir que je suis la première personne à vous
avoir demandé d’écrire cette œuvre [en référence sans doute à sa lettre citée du 16
mai 1889 citée plus haut], vous admettrez j’en suis sûr qu’il ne vous est pas possible
de la donner à un autre éditeur. Il est maintenant temps de régler les choses si l’on
veut que l’œuvre soit éditée convenablement et sans précipitation. Je ne pense pas
que le public de Birmingham apprécierait que le Requiem soit d’abord exécuté
ailleurs.
Vous serez certainement intéressé d'apprendre que, pendant nos vacances à la
mer, notre fille Cissie s’est fiancée à M. Frank Pearson, le fils de l'architecte qui a
conçu Westwood House. Nous sommes tous très heureux de cet événement.
Très cordialement, et en espérant avoir de vos nouvelles très bientôt
je reste
Votre dévoué
Alfred H Littleton
Je vous écris à Prague car je ne sais pas si vous êtes encore à Vysoka.
[avec la même écriture qu’en haut de la page, probablement de la main de Dvořák:]
du orace
temps
oration
oration
occean
designed
rough
Lieutenant
brother the
brater [?] [‘brater’ = ‘frère’ en tchèque]
broder [?]
sister
sestra the [‘sestra’ = ‘sœur’ en tchèque]
father xxx
xxxx
Notes
[NDT : l'ensemble des notes est de l'auteur.]
(18) Lettre détenue par CMM, S76 1121. Comme avec toutes les lettres citées dans cette étude (même celles incluses dans ADKD), je présente ma propre transcription diplomatique à partir de l'original. Pour les lettres trouvées dans ADKD, je note les différences les plus significatives avec le texte qui s'y trouve. Ma procédure de préparation des transcriptions est décrite dans la note 16.
(19) Dans CMM, S76 1122. ADKD indique « Brimingham », mais dans le manuscrit original l'orthographe est correcte : Birmingham.
(20) S76 1193.
(21) ADKD se réfère à cette lettre dans les notes d’autres correspondances, comme si elle était incluse dans l'édition.
(22) Cela n'est mentionné nulle part par Otakar Šourek, le plus important biographe de Dvořák, qui ne savait même pas que le
Requiem avait été composé pour l'Angleterre. Un peu plus surprenante est l'absence de toute référence à cette lettre dans les deux livres sur Dvořák par le chercheur britannique John Clapham :
Antonín Dvořák: Musician and Craftsman (New York: St. Martin’s Press, 1966) (pour le
Requiem voir les pages 244-55), et Dvořák (New York et Londres: Norton, 1979) (pp. 102-03 sur le
Requiem). Jitka Slavíková cite une partie d'une phrase de la lettre dans Kontakty [...] (op. cit., Note 6) p. 232, note 46 et (dans une traduction en tchèque) dans
Dvořák a Anglie, p. 123 (voir de nouveau la note 6).
(23) Adresse de Novello à Londres.
(24) Manuscrit original dans CMM, S76 1125
(25) Esquisses pour le
Requiem, B. 165 (S76 1457, 1482, 1550) commencé le 1er janvier 1890, achevé le 7 juillet. Partitions pour piano et voix, B. 517 (S76 1456) également commencé le 1er janvier 1890, achevé le 18 juillet. Partition autographe (S76 1455) commence le 2 août, achevée le 31 octobre.
(26) Voir dans ADKD les lettres de Dvořák des 15 janvier, 25 avril, 19 mai, 14 juin, 18 juin, 12 août, 20 août et 18 septembre 1890. Et aussi, ailleurs que dans ADKD, une lettre récemment découverte du 19 juin 1890 qu’il écrivit à Alois Göbl, publiée dans l’article de Tereza Kibicová ‘Antonín Dvořák nejbližšímu příteli II’, Hudební věda XVIV (2007) / 3-4, pp. 391-402.
(27) Voir la note 14 ci-dessus. La firme Geschäftsführer Wolfgang Mecklembourg a aimablement transmis mon e-mail demandant des informations à l’acheteur, mais je n'ai reçu aucune réponse. La description dans le catalogue ne contient pas le nom de Littleton, pas plus qu’il n’identifie le destinataire de la lettre, mais à partir de la formule de politesse « Mon cher ami », que Dvořák utilisait habituellement en écrivant à Littleton, et principalement à partir du contenu de la lettre et du contexte, nous pouvons affirmer sans risque que Littleton était le destinataire. La date et la signature de Dvořák à la fin sont indiquées dans le catalogue en fac-similé.
(28) De la main de Dvořák, les manuscrits musicaux du
Requiem mentionnés plus haut (voir note 25) et, concernant son voyage en Russie, la correspondance avec Vasily Safonoff dans ADKD.
(29) Comme mentionné plus haut, cela permet de combler un petit peu le vide très important dans les messages connus écrits par Dvořák à Littleton, du 22 août 1886 au 27 juillet 1890. Dans cette période il est évident que le compositeur a dû envoyer de nombreuses lettres à Littleton, maintenant disparues.
(30) Dans l’œuvre définitive, le Dies irae est en réalité le n ° 3, pour chœur et orchestre sans solistes comme mentionné ici. Il succède au n° 2, Graduale relativement bref, qui commence par répéter les mots d'ouverture du n ° 1.
(31) Dans l’œuvre complète, il s’agit du n ° 4, pour alto et solos de basse, avec chœur et orchestre.
(32) Dans l’œuvre définitive, c’est le n ° 5, écrit pour les quatre solistes vocaux, le chœur et l’orchestre.
(33) Dans l’œuvre définitive, le n ° 6, pour les quatre solistes vocaux, sans chœur.
(34) C’est ce qu’il fit : le 25 avril 1890, il écrivit à V. J. Novotný depuis Londres - où il s’était rendu pour diriger sa Huitième Symphonie - en disant qu'il allait jouer le Kyrie et le Dies irae pour les critiques de musique invités l’après-midi-même (probablement à Westwood House). Lettre dans ADKD.
(35) Sans doute la lettre de Charles G. Beale du 10 janvier 1890 citée plus haut.
(36) Le 7 mars (calendrier grégorien) était la date prévue du concert de Dvořák à Moscou, comme l'a confirmé Vassili Safanoff le 10 février dans un télégramme envoyé de Moscou au compositeur (courrier dans ADKD). Les négociations sur ce concert étaient en cours depuis l'été précédent. Voir la lettre de Safonoff à Dvořák de 17 juillet 1889 (dans ADKD), au sujet de ‘Konzerte von der Direktion der Kaiserl[ichen] russ[ischen] Musikgesellschaft in Moskau’. Le concert a finalement été reporté, pour avoir lieu le 11 mars (calendrier grégorien).
(37) Voir la lettre de Dvořák à Alois Göbl du 17 novembre 1890 dans ADKD. Concernant le Verabredung original, voir (également dans ADKD) les lettres Simrock à Dvořák des 8 et 22 janvier 1879, Dvořák à Simrock du 11 janvier 1879.
On peut difficilement imaginer que le Verabredung soit défendable devant un tribunal - il était trop vague et n’impliquait des obligations que de la part de Dvořák, en contrepartie desquelles il ne gagnait aucun avantage concret de Simrock. Néanmoins, il a joué un rôle majeur dans les relations de Dvořák avec l'éditeur allemand. J'ai l'intention d'explorer cette question bientôt dans une étude distincte sur les relations de Dvořák avec Simrock à la lumière des quatorze lettres qu'il écrivit à Dvořák, que j'ai récemment trouvées dans les documents de Josef Hlávka, provenant essentiellement de la période que nous étudions maintenant (1889-1890).
(38) Manuscrit original dans CMM, S226 54.